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Alimentation : tout le monde n'a pas la chance d'être vegan

Laurence Pieau publie 'Tout le monde n'a pas la chance d'être vegan'
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Laurence Pieau publie 'Tout le monde n'a pas la chance d'être vegan' - © Pixabay

Convertie au véganisme sur le tard et fervente défenseuse d’une version mesurée, Laurence Pieau, journaliste et fondatrice d’Alternatives-vegan.com, est aujourd’hui attachée à faire connaître les principes du véganisme. Envie de franchir le pas ?

Dans Tout le monde n’a pas la chance d’être vegan (Ed. Harper Collins), Laurence Pieau mêle le récit de sa propre transition à un manuel complet, émaillé d’interviews de médecins, de chercheurs et de diététiciens, loin des discours moralisateurs.

En France, pays à forte culture viandarde, 5% des Français seraient végétariens ou vegan (sondage Harris Interactive 2017). Mais depuis peu, le régime carné vacille. Études scientifiques à l’appui, on sait désormais que ne plus manger de viande, ne plus boire de lait est un bienfait pour la santé individuelle. Un bienfait pour l’environnement. Une démarche éthique.

Après un long cheminement, Laurence Pieau a changé de vie, elle a tout quitté pour créer le site Alternatives vegan.com, où elle cherche entre autres à faire connaître toutes ces études de santé injustement passées sous silence.


Un manque d’information

Les clichés liés au végétarisme, au végétalisme et au véganisme sont nombreux. On entend tout et son contraire, on est souvent perdu.

Les médecins sont très peu formés dans le domaine de la nutrition. On leur enseigne par exemple que le véganisme serait dangereux, notamment pour les enfants. Ils n’ont d’autre choix que soit se former eux-mêmes, soit répéter des contre-vérités. Et les gens qui ont envie d’adopter une alimentation végétale de façon équilibrée ne reçoivent pas de réponse adéquate de la part de leur généraliste.

"C’est assez dangereux car cela crée une espèce de défiance vis-à-vis de la médecine, avec cette idée que tous les médecins sont aux mains des lobbyistes, ce qui est faux. Et cela crée aussi le fait qu’on se débrouille un peu tout seul et qu’on ne veut pas aller voir son médecin", déplore Laurence Pieau.


Des bienfaits pour la santé

Or, il existe une multitude d’études médicales, émanant d’universités très reconnues, qui expliquent les bienfaits de cette alimentation et en quoi elle peut réduire le risque de contracter certaines maladies :

  • Si vous avez une alimentation végétale, vous avez 32% de risques en moins de contracter une maladie cardiovasculaire.
  • Adopter cette alimentation, c’est aussi lutter contre l’obésité. L’IMC des végétaliens est de 5 points inférieur à celui des omnivores.
  • On a dit que boire du lait aidait à lutter contre l’ostéoporose. On se rend compte aujourd’hui que ceux qui en souffrent le moins sont ceux qui consomment le moins de lait, la Chine et le Japon, au contraire de la Suède qui en consomme le plus. Le calcium, on le trouve en fait dans les végétaux.

Si vous n’allez pas au véganisme pour les animaux, allez-y au moins pour votre santé, parce que les bénéfices pour votre santé sont juste dingues.


Parcours V

Face au manque d’information généralisée sur une alimentation végétale équilibrée, Laurence Pieau a mis en place, sur Alternatives vegan.com, le Parcours V, un programme d’accompagnement à l’alimentation végétale, qui propose, entre autres informations, de télécharger des recettes végétales faciles.

Le Parcours V a bénéficié des conseils d’une experte en nutrition, pour la composition de plats faciles et pour l’enseignement des notions de nutrition.

Les 2-3 trucs importants à connaître, par exemple, sont l’association céréales/légumineuses, les végétaux riches en calcium, la supplémentation en vitamine B12.


Des habitudes culturelles

Laurence Pieau ne cherche pas à faire la promotion du véganisme ni à jeter l’anathème sur qui que soit, elle se contente de donner des faits et d’informer.

"Passer au véganisme, c’est rompre avec une façon de s’alimenter qu’on nous a toujours enseignée, souligne-t-elle. On mange de la viande par goût certes, mais aussi par habitude. On a été élevé avec l’idée que la viande est l’aliment principal d’un plat. Il faut déconstruire tout cela.
La nourriture est quelque chose de culturel, c’est la dernière chose que l’on abandonne quand on s’installe dans un pays étranger.
On reproduit chez nous les plats de l’enfance, parce que c’est de la culture, c’est de l’amour, c’est un héritage familial."

On mange aujourd’hui 4 à 5 fois plus de viande que nos grands-parents. Il faut revenir à une alimentation que l’on nous a désappris, après la seconde guerre mondiale, quand l’agro-alimentaire est monté en puissance et quand on nous a fait croire que l’alimentation carnée était totalement indispensable à une bonne santé.


Une prise de conscience

Mais la prise de conscience se répand de plus en plus. Beaucoup se demandent comment diminuer, voire arrêter leur consommation de viande. Le manque d’informations est un élément bloquant.

Les alternatives existent et il est important de se faire accompagner au début pour trouver les équilibres, pour découvrir les multiples possibilités de cette nourriture.

"C’est pour ça que je me suis dit que, sur le livre et sur le site, la clé c’est de donner des recettes avec des produits simples, avec des produits du fond du placard, des haricots blancs, des lentilles, des basiques qui étaient l’alimentation de nos grands-parents. "

Les vegan, en termes de communication, sont passés à côté d’un truc, constate Laurence Pieau : "Ils ont été beaucoup dans la révolte par rapport à la barbarie de la souffrance animale. Mais je pense qu’on n’a rien à gagner à culpabiliser les gens, à les accuser. […] Cet extrémisme-là ne sert à personne. Il faut y aller d’une façon éducative, expliquer qu’on fait super bien au niveau des protéines, parce que les protéines végétales valent largement les protéines animales."

Il faut en effet savoir que le problème en Occident, ce n’est pas la carence en protéines, c’est plutôt l’excès de protéines, qui peut entraîner une insuffisance rénale à long terme.

Je me suis rendu compte qu’en changeant une seule chose, mon alimentation, je pouvais changer plein de choses : la souffrance animale, la santé, l’impact environnemental comme la déforestation pratiquée pour l’élevage…
C’est l’impact que j’ai trouvé à faire, moi personnellement, en boycottant un certain nombre de produits, en achetant des choses fabriquées en France et de saison.

L’industrie de la viande est liée à celle du lait, elle-même liée à celle de la mode, le cuir, la laine…
Ecoutez ici ce que pense Laurence Pieau de l’utilisation de la laine, du cuir, de tous ces produits qui viennent de l’exploitation animale.

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