Prix Première

Prix Première 2020 : les 10 finalistes

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Le Prix Première 2020 est décerné à Abel Quentin pour son premier roman "Soeur" (L'Observatoire).

Gil BARTHOLEYNS : "Deux kilos deux" (JC Lattès)

" Deux kilos deux c’est le poids d’abattage des poulets. Au-delà, l’état du poulet devient lamentable et finit en filets. C’est une quantité, et c’est bien de cette façon que le monde productiviste procède, par chiffres, normes et procédures. "
Dans une région isolée de Belgique, les Hautes Fagnes, une tempête de neige s’abat les bois, les landes et les villages. Elle recouvre tout et maintient les hommes dans le silence et dans l’attente.
Sully, un jeune inspecteur vétérinaire, débarque là pour mener un contrôle dans une exploitation avicole. Il y a eu des plaintes, des soupçons. Sully cherche des réponses auprès des habitants et des exploitants agricoles. Pendant son enquête, il trouve souvent refuge dans un dîner où travaille Molly, belle et bouleversante, et Paul, le patron qui lit Walt Whitman, cuisine le poulet comme personne et semble toujours attendre que quelque chose arrive. Chaque rencontre compte, conjure le temps, promet un autre avenir.
L’auteur


Gil Bartholeyns est né en 1975. Il vit à Bruxelles et enseigne à l’université de Lille l’histoire et l’anthropologie. Deux kilos deux est son premier roman.

 

Le livre sera présenté sur antenne le 20 février dans Le Mug.

Joffrine DONNADIEU : "Une histoire de France" (Gallimard)

" France adore laisser ses doigts entortiller les boucles blondes. Elle sait apaiser Romy en caressant ainsi son crâne pour l’entraîner dans un semi-coma où le corps gringalet sera à sa merci. "

Toul, 1999. À neuf ans, Romy est abusée pour la première fois par France, une voisine.

Son enfance soudain se déchire comme une robe de princesse. Romy entre en guerre. De neuf à dix-neuf ans, nous la voyons se battre contre le chaos qui grandit, contre l’attachement invivable qu’elle ressent pour France, contre un ordre social dont elle ne comprend pas les règles, contre ce corps féminin qui va devenir son principal ennemi.

La romancière s’attache à peindre, avec un sens exceptionnel de l’observation, un milieu social et géographique que la littérature fréquente rarement : tous les personnages sont des militaires de la base de Toul, des ouvriers de chez Kleber, des zonards du canal, toujours décrits avec une empathie discrète. Un premier roman implacable, radical.

 

Joffrine Donnadieu est née en 1990. Elle vit à Paris. Une histoire de France est son premier roman.

 

Le livre sera présenté sur antenne le 21 février dans Le Mug.

Guillaume SøRENSEN : "Le planisphère Libski" (L’Olivier)

À 26 ans, après avoir terminé de brillantes études de philosophie, Théodore-James Libski ne sait plus quoi faire de sa vie. Par dépit – ou est-ce par obéissance ? – il accepte le marché que lui propose son père, haut fonctionnaire des Nations-Unies : prendre part à une expédition qui va parcourir le monde à la rencontre des espèces animales migratrices. Il s’embarque donc sur l’Izoard, un bateau à l’équipage haut en couleur : les scientifiques y côtoient des artistes et divers originaux. Ensemble, ils visiteront les côtes flamandes, l’Alaska, le Japon… Ils apercevront des phoques suicidaires, des petits poissons parasites, le dernier pigeon migrateur. Ils essuieront une mutinerie causée par le végétarisme d’une partie de l’équipe, croiseront une star réfugiée sur les glaciers, et suivront la trace de la plus solitaire des baleines.

Ce voyage aidera-t-il Théodore-James à trouver une place dans le monde, et à guérir de son ennui existentiel ou bien cette entreprise était-elle dès l’origine vouée à l’échec ? L’observation de l’espèce animale menacée lui apportera-t-elle l’enseignement de la sagesse ?

Avec Le Planisphère Libski, Guillaume Sørensen nous offre un roman rocambolesque et cocasse à l’humour irrésistible.

Guillaume Sørensen est diplômé du Master de Création Littéraire du Havre. Le Planisphère Libski est son premier roman. Il vit et travaille en Belgique.

 

Le livre sera présenté sur antenne le 24 février dans Le Mug.

Sofia AOUINE : "Rhapsodie des oubliés" (La Martinière)

Un premier roman qui fait l’effet d’un coup de poing. Un diamant brut. Aussi puissant et bouleversant que le destin de son auteure, Sofia Aouine, dont la célèbre Françoise Dolto affirma, lorsqu’elle était petite fille, qu’elle " écrirait des livres. "


Tout commence dans les rues de la Goutte-d’Or, de nos jours. Influencée par L’Assommoir de Zola, qui narre le quotidien de ce quartier populaire et ouvrier, Sofia Aouine dévoile la vie d’Abad, un jeune garçon de treize ans malicieux et turbulent. Comme Antoine Doinel dans les Quatre cents coups de Truffaut, Abad rêve d’un avenir meilleur. Mais dans cette jungle urbaine où une population démunie et bigarrée tente tant bien que mal de cohabiter, ses aspirations sont vite reclassées au rang des illusions perdues. Pourtant, des échappées pour s’extirper de ce monde étouffant se dessinent et parmi elles, la découverte du désir et de la sexualité. Quitte à outrepasser les règles, quitte à en imposer d’autres pour faire son propre apprentissage de la vie. La " rhapsodie " vient du grec ancien et signifie littéralement " couture de chants ". À la manière d’un rhapsode, Sofia Aouine suture les mots, coud ensemble les vies de ses différents personnages et fait ainsi chanter la langue. Avec ce premier roman, elle révèle un talent de conteur grandiose, un style singulier, carnassier et prodigieux.

Née en 1978, Sofia Aouine est autodidacte. Elle publie aujourd’hui son premier roman, Rhapsodie des oubliés.

 

Le livre sera présenté sur antenne le 25 février dans Le Mug.

Anne PAULY : "Avant que j’oublie" (Verdier)

Il y a d’un côté le colosse unijambiste et alcoolique, et tout ce qui va avec : violence conjugale, comportement irrationnel, tragicomédie du quotidien, un " gros déglingo ", dit sa fille, un vrai punk avant l’heure. Il y a de l’autre le lecteur autodidacte de spiritualité orientale, à la sensibilité artistique empêchée, déposant chaque soir un tendre baiser sur le portrait pixélisé de feue son épouse ; mon père, dit sa fille, qu’elle seule semble voir sous les apparences du premier. Il y a enfin une maison, à Carrières-sous-Poissy et un monde anciennement rural et ouvrier.


De cette maison, il va bien falloir faire quelque chose à la mort de ce père Janus, colosse fragile à double face. Capharnaüm invraisemblable, caverne d’Ali-Baba, la maison délabrée devient un réseau infini de signes et de souvenirs pour sa fille qui décide de trier méthodiquement ses affaires. Que disent d’un père ces recueils de haïkus, auxquels des feuilles d’érable ou de papier hygiénique font office de marque-page ? Même elle, sa fille, la narratrice, peine à déceler une cohérence dans ce chaos. Et puis, un jour, comme venue du passé, et parlant d’outre-tombe, une lettre arrive, qui dit toute la vérité sur ce père aimé auquel, malgré la distance sociale, sa fille ressemble tant.

Née en 1974 en banlieue parisienne, Anne Pauly vit et travaille à Paris. Avant que j’oublie est son premier roman.

 

Le livre sera présenté sur antenne le 26 février dans Le Mug.

Caroline VALENTINY : "Il fait bleu sous les tombes" (Albin Michel)

Jusqu’il y a peu, Alexis était vivant. A présent, il ne sait plus. Il perçoit encore la vie alentour, le bruissement des feuilles, le pas des visiteurs, et celui, sautillant, de sa petite sœur qui vient le visiter en cachette.

Il se sent plutôt bien, mais que fait-il là ? Il ne sait plus. Ses proches n’y comprennent rien non plus. Quel est le mystère d’Alexis ? Qu’a-t-il voulu cacher à en mourir ?

 

Caroline Valentiny explore le clair-obscur de l’existence dans un premier roman d’une subtilité et d’une douceur impressionnantes.

 

Caroline Valentiny est psychologue au sein de l’Université catholique de Louvain en Belgique. Il fait bleu sous les tombes est son premier roman.

 

Le livre sera présenté sur antenne le 27 février dans Le Mug.

Matthieu POUX : "Gaule-Orient-Express" (Actes Sud)

Dans une bourgade de Gaule romaine, des moissonneurs butent sur un corps décapité aux doigts brûlés, gisant dans un fossé. Sur sa poitrine repose une poupée en ivoire, enroulée dans une feuille de plomb, sans tête elle aussi. L’édile du bourg, Caius Julius Sénovir, se rend sur place pour procéder aux premières constatations. Deux mille ans plus tard,
dans la banlieue de Lyon, un squelette sans tête est retrouvé sous un futur parking. L’archéologue Karin Olafson est appelée sur le chantier. Un étrange hasard de l’Histoire fait de Caius et de Karin les coenquêteurs d’un même crime, commis dans un monde dévasté par la guerre, où les affairistes, les militaires et les coupeurs de têtes dictent leur loi ; un monde en pleine mutation, où les derniers Gaulois n’ont d’autre choix que de se frotter aux bienfaits de la civilisation ou de se terrer dans les collines. Le récit d’une conquête de l’Ouest avant la lettre, qui entraîne le lecteur dans les coulisses de l’Histoire.

 

Né en 1970 à Genève, Matthieu Poux est archéologue et professeur à l’université de Lyon. Spécialiste des processus de la romanisation en Gaule préromaine et romaine, il est l’auteur de nombreuses publications scientifiques ou de vulgarisation. Il dirige depuis 2012 les fouilles sur les sites des Buissières à Panossas en Isère. Gaule-Orient-Express est son premier roman.

 

Le livre sera présenté sur antenne le 28 février dans Le Mug.

Paul KAWCZAK : "Ténèbre" (La Peuplade)

Un matin de septembre 1890, un géomètre belge, mandaté par son Roi pour démanteler l’Afrique, quitte Léopoldville vers le Nord. Avec l’autorité des étoiles et quelques instruments savants, Pierre Claes a pour mission de matérialiser, à même les terres sauvages, le tracé exact de ce que l’Europe nomme alors le " progrès ". À bord du Fleur de Bruges, glissant sur le fleuve Congo, l’accompagnent des travailleurs bantous et Xi Xiao, un maître tatoueur chinois, bourreau spécialisé dans l’art de la découpe humaine. Celui-ci décèle
l’avenir en toute chose : Xi Xiao sait quelle œuvre d’abomination est la colonisation, et il sait qu’il aimera le géomètre d’amour.

 

"Ténèbre" est l’histoire d’une mutilation. Paul Kawczak présente un incroyable roman d’aventures traversé d’érotisme, un opéra de désir et de douleur tout empreint de réalisme magique,
qui du Nord de l’Europe au cœur de l’Afrique coule comme une larme de sang sur la face de l’Histoire.

 

Paul Kawczak est né le 12 novembre 1986 à Besançon, en France. Ses études doctorales en littérature l’ont mené en Suède puis au Québec. Avec le goût de l’exil lui est venu
celui de l’écriture, comme forme de retour. Paul Kawczak est éditeur. Ténèbre est son premier roman.

 

Le livre sera présenté sur antenne le 2 mars dans Le Mug.

Abel QUENTIN : "Soeur" (L’Observatoire)

Adolescente revêche, maladroite et introvertie, Jenny traîne sa détresse entre les allées blafardes de l’hypermarché local, sur les trottoirs fleuris des lotissements proprets, jusqu’aux couloirs étouffants du lycée. Reclue dans le secret de sa chambre du petit pavillon où elle est vit avec ses parents – les Marchand, honnêtes citoyens à l’existence et aux idées terriblement banales et ennuyeuses –, Jenny se mure dans le silence. Un silence où, dans le terreau de la fragilité de l’adolescence et l’oppression du vide, grandit l’amertume et la haine.


À quelques heures de train, une autre adolescente, Chafia s’apprête à semer ce fiel, décidée à mener à bien ce projet de destruction absolue. Habitée par une violence qu’elle a appris à faire sienne, elle brûle d’en transmettre la douleur aux martyrs qui lui ont été désignés et est prête à passer à l’acte en plein cœur de Paris, à deux pas des Champs-Élysées. "Sœur" est la trajectoire sidérante d’une jeune femme, depuis son adolescence fragile jusqu’à la violence inévitable. Un roman qui parle de notre époque, de sa brutalité et de sa fulgurance.

 

Abel Quentin est avocat, il vit et exerce à Paris. "Soeur" est son premier roman.

 

Le livre sera présenté sur antenne le 3 mars dans Le Mug.

Valérian GUILLAUME : "Nul si découvert" (L’Olivier)

Il salive devant les produits alignés sur les rayons du supermarché. Il prie pour être le gagnant d’un jeu-concours organisé par une marque de nourriture mexicaine. Il adore lorsque les vigiles le palpent à l’entrée du magasin. Il se jette sur les distributeurs de friandises, les buffets en libre-service et les stands de dégustation.

Qui est-il, ce garçon qui sue à grosses gouttes et qui rit même quand on se moque cruellement de lui ? Pourquoi cherche-t-il la chaleur humaine dans les allées du centre commercial ?

Depuis qu’il va à la piscine, sa vie a trouvé un sens : Leslie est à l’accueil. C’est un ange, une fée. Elle occupe ses pensées, le rend fou d’amour. Mais pour la conquérir, il lui faudra lutter contre le démon qui s’empare de lui dans les pires moments.

Servi par une écriture singulière et vertigineuse Nul si découvert nous entraîne dans le cerveau d’un personnage habité par une pulsion violente : il doit tout avaler, absorber jusqu’à l’excès, jusqu’au dégoût.

 

Valérian Guillaume est acteur, auteur et metteur en scène de théâtre. Nul si découvert est son premier roman.

 

Le livre sera présenté sur antenne le 4 mars dans Le Mug.

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