Prix Première

Prix Première 2019 : les 10 finalistes

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Ils sont 10 ! 10 premiers romans francophones à lire absolument. 

Le Prix Première 2019 a été décerné à Alexandre Lenot pour "Écorces vives" (Actes Sud/Actes Noirs).  

Adeline DIEUDONNÉ : "La vraie vie" (L'Iconoclaste)

Chez eux, il y a quatre chambres. Celle du frère, la sienne, celle des parents. Et celle des cadavres. Le père est chasseur de gros gibier. Un prédateur en puissance. La mère est transparente, amibe craintive, soumise à ses humeurs. Avec son frère, Gilles, elle tente de déjouer ce quotidien saumâtre. Ils jouent dans les carcasses des voitures de la casse en attendant la petite musique qui annoncera l’arrivée du marchand de glaces. Mais un jour, un violent accident vient faire bégayer le présent. Et rien ne sera plus jamais comme avant.

 

Adeline Dieudonné est née en 1982. Elle habite Bruxelles. Dramaturge et nouvelliste, elle a remporté grâce à sa première nouvelle, Amarula, le Grand Prix du concours de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Elle a publié une nouvelle, Seule dans le noir aux éditions Lamiroy, et une pièce de théâtre, Bonobo Moussaka, en 2017. La Vraie Vie est son premier roman.

 

Présentation du livre le 31 janvier dans Jour Première.

 Ludovic-Hermann WANDA : "Prisons" (L'Antilope)

Frédéric, " Black " des banlieues, est un dealer à succès. Arrêté, il découvre en prison le pouvoir des mots et de la belle langue. Comment partager sa passion ? Il commence avec son compagnon de cellule, un " feuj " à qui il enseigne le français sans wesh, blédard ou bâtard. Frédéric y croit : sa libération passera par les mots et la connaissance. Il lutte, s’appuie sur la confiance en son Dieu, résiste à Satan qui veut le ramener à la vie passée, agit sous le regard médusé de la République.

 

Ludovic-Hermann Wanda, né en 1981 à Paris, a grandi en région parisienne, dans la violence et la brutalité. À 20 ans, il est incarcéré à Fleury-Mérogis pour trafic de drogue. Il y entame des études. Il est à présent diplômé en maths et en philosophie. Il est aussi bilingue : français des banlieues et français littéraire n’ont aucun secret pour lui. Prisons est son premier roman.

 

Présentation du livre le 1er février dans Jour Première.

Pauline DELABROY-ALLARD : "Ça raconte Sarah" (Minuit)

Ça raconte Sarah, sa beauté mystérieuse, son nez cassant de doux rapace, ses yeux comme des cailloux, verts, mais non, pas verts, ses yeux d’une couleur insolite, ses yeux de serpent aux paupières tombantes. Ça raconte Sarah la fougue, Sarah la passion, Sarah le soufre, ça raconte le moment précis où l’allumette craque, le moment précis où le bout de bois devient feu, où l’étincelle illumine la nuit, où du néant jaillit la brûlure. Ce moment précis et minuscule, un basculement d’une seconde à peine. Ça raconte Sarah, de symbole : S.


Pauline Delabroy-Allard est née en 1988. Ça raconte Sarah est son premier roman.

 

Présentation du livre le 4 février dans Jour Première.

Aliénor DEBROCQ : "Le tiers sauvage" (Luce Wilquin)

Pour Clara Clossant, trente ans, née le jour de la catastrophe de Tchernobyl, la vie est trouée de toutes parts. Croyant fermement au pouvoir des histoires, elle est persuadée que si l’on tombe dans le bon trou, celui de la fiction, du lapin blanc, il se peut qu’on ait une seconde chance, qu’on puisse battre les cartes une nouvelle fois. C’est ce qui lui arrive lorsqu’elle croise la route de Marcus Klein, auteur à succès récemment débarqué de Paris à Bruxelles. Agacée par sa popularité, elle décide de mener son enquête pour en faire un roman. Mais les livres qu’on imagine sont rarement ceux que l’on écrit et, bientôt, l’intrigue se déforme sous ses yeux sans qu’elle puisse contrôler ce qui se glisse dans les interstices entre le réel et la fiction.

 

Née à Mons (Belgique) en 1983, docteure en Art et Histoire, Aliénor Debrocq vit à Bruxelles où elle est journaliste, professeure de littérature et maman de deux petites filles. Elle est immergée depuis toujours dans les livres et les histoires, et l’écriture de fiction donne sens à sa vie dès l’adolescence. Depuis 2013, elle a bénéficié de plusieurs bourses et résidences, publié deux recueils de nouvelles aux Éditions Quadrature et reçu le Prix Franz De Wever 2017 de l’Académie royale de langue et littérature françaises de Belgique. Elle travaille actuellement à un nouveau livre grâce à l’aide de la Fondation de mécénat privé Spes et anime ponctuellement des ateliers d’écriture. "Le tiers sauvage" est son premier roman publié.

 

Présentation du livre le 5 février dans Jour Première.

Estelle-Sarah BULLE : "Là où les chiens aboient par la queue" (Liana Levi)

Une jeune femme née en banlieue parisienne, que seuls sa couleur de peau et des souvenirs de vacances relient à la Guadeloupe d’où est originaire son père, s’interroge sur son identité métisse. À sa demande, Antoine, une vieille tante baroque et indomptable, déroule l’histoire de leur famille, les Ezechiel, qui épouse celle de l’île dans la seconde moitié du xxe siècle. Dans un récit bouillonnant, entrecoupé par les commentaires des autres membres de la famille, Antoine raconte : l’enfance dans la campagne profonde entre un père un peu brigand et une mère à la peau claire prématurément disparue, les splendeurs et les taudis de Pointe-à-Pitre, le commerce dans la mer des Caraïbes, les traditions et les croyances, l’irruption de la modernité, les rapports hommes-femmes, les clivages d’une société très hiérarchisée… Au fil des échanges se dessine aussi l’état d’esprit de cette génération d’Antillais, " immigrés de l’intérieur ", qui choisiront de s’installer en métropole. Porté par des personnages inoubliables et une langue bluffante d’inventivité, Là où les chiens aboient par la queue restitue toutes les nuances de la culture guadeloupéenne, ses richesses et ses blessures secrètes.

 

Estelle-Sarah Bulle est née en 1974 à Créteil, d’un père antillais et d’une mère belge. Après des études à Paris et Lyon, elle travaille dans des cabinets de conseil, puis dans plusieurs institutions culturelles. Elle vit dans le Val-d’Oise. "Là où les chiens aboient par la queue" est son premier roman.

 

Présentation du livre le 6 février dans Jour Première.

Stéphane MALANDRIN : "Le mangeur de livres" (Seuil)

Adar Cardoso et Faustino da Silva, deux petits garnements des rues pauvres de Lisbonne, rois de la bêtise, spécialistes ès-rapine de pâtés, tripailles et saucisses, sont attrapés par un curé qui les enferme dans la crypte de son église et se promet de les éduquer à coups de claques. Nous sommes en 1488, juste avant la diffusion de l’imprimerie dans la péninsule ibérique. Se voyant mourir de faim, Adar trouve un vieux codex écrit sur le plus fin vélin et le mange en entier. Le livre était empoisonné, voilà l’enfant condamné à hanter les bibliothèques de Lisbonne à la recherche d’autres précieux codex. Il n’aura de cesse de les mettre en charpie et de les dévorer, devenant ainsi le " Mangeur de Livres ", celui dont tout le monde veut la mort.

Un premier roman hautement rabelaisien, entre la violence et le rire, qui par une diabolique métaphore, nous entraîne dans l’aventure du livre.

 

Stéphane Malandrin est scénariste et réalisateur français. Il vit depuis 20 ans à Bruxelles. Il est aussi auteur de livres jeunesse. Le mangeur de livres est son premier roman.

 

Présentation du livre le 7 février dans Jour Première.

Philippe BEYVIN : "Les photos d'un père" (Grasset)

À 14 ans, en 1984, le narrateur, Thomas Bentley, apprend de sa mère que son père selon l'état-civil n'est pas son père naturel. Quant à l'identité de celui-ci, elle prétend ne pas s'en souvenir: étreinte fugitive prétend-elle, erreur ou plaisir de jeunesse... Du coup, bien sûr, le garçon secoué par cette révélation va se lancer d'abord dans des rêveries et des questionnements longtemps stériles. Puis, à compter de l'apparition de quelques photos et indices, et surtout d'un aveu de sa mère à l'occasion d'une exposition de photos d'un certain Grégoire Tollian, il va se lancer dans une véritable enquête qui le conduira jusqu'en Asie. Son père Grégoire (Krikor) Tollian, Français d'origine arménienne, fils d'un résistant victime des nazis, photographe de guerre durant la guerre du Vitenam, a disparu en 1970 au Cambodge.


De relais en relais, d'une vieille dame qui reconnaît en lui les traits de son fils disparu à un ancien reporter au Vietnam, en passant par le directeur de l'agence pour laquelle il travaillait, le narrateur remonte dans le temps et découvre la personnalité complexe de ce père, témoin fasciné des convulsions de la seconde moitié du vingtième siècle. En fait, la plupart des pièces du puzzle se trouvaient en France. Cependant la dernière, énigmatique, lui est livrée en Chine, en 1996, par un Vietnamien, Phuc Doan, qui lui laisse entendre que Grégoire Tollian a peut-être choisi une autre vie - alors même qu'il savait la mère de Thomas enceinte. Celui-ci accepte cette hypothèse, et se tourne vers la jeune femme, enceinte de lui, qui attend son retour en France.


Philippe Beyvin est né en 1968 dans la région lyonnaise. Conseiller en stratégie, passionné de littérature américaine, il rejoint en 2008 les Editions Gallmeister qui débutent et y devient directeur de collection. Il est l'éditeur de Tom Robbins, Bob Shacochis, James McBride, Ayana Mathis, Phil Klay, Jennifer Haigh, Lea Carpenter, Katharine Dion parmi les auteurs qu'il a publiés. Les photos d'un père est son premier roman.

 

Présentation du livre le 8 février dans Jour Première.

Alexandre LENOT : "Écorces vives" (Actes Sud/Actes Noirs)

C’est une région de montagnes et de forêts, dans un massif qu’on dit Central mais que les routes nationales semblent éviter. L’hiver y est glacial, les gens sont aussi frustes que taiseux, les jeunes fuient ou ont déjà renoncé au départ avec amertume, les vieux règnent en attendant la fin. Les citadins, les étrangers qui ont choisi de venir et sont restés aiment cette terre dure et belle. Mais ils ne sont pas les bienvenus : qui n’est pas né ici est un intrus ; qui respecte la nature pour ce qu’elle est, sans songer à la posséder ou à l’asservir, est un danger. Éli fait partie de ces indésirables. Il vient d’incendier la ferme dans laquelle il espérait un jour voir jouer ses enfants puis il a disparu dans les bois, comme pour abrutir un chagrin indicible. Le bruit court désormais avec une hostilité croissante : un rôdeur hante les lieux et constituerait une menace à l’ordre ancien du pays. La jeune fille qui le recueille est elle aussi venue là pour oublier, et elle a trouvé dans ces paysages et les chevaux dont elle s’occupe une raison de vivre. Ensemble, ils veulent réveiller la terre, la rendre à sa sauvagerie originelle qui les contamine et les libère.

 

Roman noir, fable sociale et western rural, Écorces vives est construit sur une tension sourde qui va crescendo, un entrelacs de non-dits définitifs, de préjugés irréconciliables et de rancoeurs séculaires. Porté par une écriture âpre et contemplative, ce premier roman est un hommage fervent aux âmes mélancoliques et indomptables. Car il faut se méfier de la terre qui dort…

 

Alexandre Lenot est né en 1976. Il vit à Paris et écrit également pour le cinéma, la radio et la télévision. Écorces vives est son premier roman.

 

Présentation du livre le 11 février dans Jour Première.

Abnousse SHALMANI : "Les exilés meurent aussi d'amour" (Grasset)

" Ma mère était une créature féerique qui possédait le don de rendre beau le laid. Par la grâce de la langue française, je l’avais métamorphosée en alchimiste. C’était à ça que servaient les mots dans l’exil : combattre le réel et sauver ce qui restait de l’enchantement de l’enfance. "

 

Shirin a neuf ans quand elle s’installe à Paris avec ses parents, au lendemain de la révolution islamique en Iran, pour y retrouver sa famille maternelle. Dans cette tribu de réfugiés communistes, le quotidien n’a plus grand-chose à voir avec les fastes de Téhéran. Shirin découvre que les idéaux mentent et tuent ; elle tombe amoureuse d’un homme cynique ; s’inquiète de l’arrivée d’un petit frère oedipien et empoisonneur ; admire sa mère magicienne autant qu’elle la méprise de se laisser humilier par ses redoutables soeurs ; tente de comprendre l’effacement de son père… et se lie d’amitié avec une survivante de la Shoah pour qui seul le rire sauve de la folie des hommes.

 

Ce premier roman teinté de réalisme magique nous plonge au coeur d’une communauté fantasque, sous l’oeil drôle, tendre, insolent et cocasse d’une Zazie persane qui, au lieu de céder aux passions nostalgiques, préfère suivre la voie que son désir lui dicte. L’exil oserait-il être heureux ?
 

Née à Téhéran en 1977, Abnousse Shalmani s’exile avec sa famille à Paris, en 1985, suite à la révolution islamique. Après un début de carrière dans le journalisme et le cinéma, elle revient à sa vraie passion, la littérature, et signe un premier livre très remarqué : Khomeiny, Sade et moi (Grasset, 2014).

 

Présentation du livre le 12 février dans Jour Première.

Valérie NIMAL : "Nous ne sommes pas de mauvaises filles" (Anne Carrière)

Alors que sa mère est à l’hôpital, Maud plonge dans son passé pour retracer – et retenir – le fil de cette existence qui s’échappe. Souvenir après souvenir se dessine le portrait sans concession d’une mère aimante, mais impitoyable pour ses filles ; d’une amante sentimentalement instable ; d’une exploratrice moderne,
professeure d’archéologie, égyptologue et pilleuse de pyramides ; d’une femme cyclothymique qui lutte contre des crises de dépression.

 

Dans ce roman émouvant, tendre et éclatant, Valérie Nimal plonge le lecteur au coeur d’une relation mère-fille ravageuse à travers le regard de Maud qui va chercher un moyen de s’émanciper au point de perdre pied avec la réalité…

 

Valérie Nimal vit et travaille en Belgique. Nous ne sommes pas de mauvaises filles est son premier roman. Elle a par ailleurs publié deux recueils de nouvelles.

 

Présentation du livre le 13 février dans Jour Première.

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