Par Ouï-dire

Lettre à un écrivain : et vous, qu’écririez-vous à un auteur qui vous a inspiré ?

Pascale Tison a proposé à des auteurs, amis, collègues, parfois tout cela à la fois, d’écrire, en ces temps de manque, une lettre à un écrivain qui leur a donné confiance et amitié, un écrivain d’ici ou d’ailleurs, un écrivain vivant ou qu’il ne croise plus que dans sa bibliothèque… Le résultat a dépassé ses attentes ! La moisson a été tellement vaste que quatre épisodes épistolaires se sont construits.

Priorité à Pascal Claude qui a inspiré cette demande féconde et qui a écrit une lettre magnifique à Christian Bobin. Pascale Tison écrit à George Sand et Axelle Thiry à Alessandro Baricco. Veronika Mabardi a écrit à Hajar Bali et Jean-Pol Hecq à Thomas Edward Lawrence. Laurent Georjin à Pasolini, Carl Norac à Marcel Moreau, Jean-Luc Outers à Henri Michaux, Jean-Marc Panis à Jeffrew Eugenides, Yannick Haenel écrit à Samuel Beckett et Myriam Wathée-Delmotte à Yannick Haenel, et bien d’autres encore…

Écrivain de leur choix, écrivain de leur coeur.

Réalisation Pascale Tison

Première partie

Pascal Claude, qui a inspiré cette demande féconde, a écrit une lettre magnifique à Christian Bobin.

"Vous faites rayonner la beauté du minuscule. Pas de barrière non plus entre les vivants et les morts, mais comme un flux continu. Les vivants que sont les morts, écrivez-vous. Vous m’avez dit un jour : Je ne crois pas que le temps existe. […] Vous nous accueillez. Avec vous, même confinés, nous n’étouffons pas. Et puis, vos mots brisent les solitudes. Vos mots sont des bras qui consolent et qui respectent les larmes qui coulent. […]"

Pascale Tison a écrit à George Sand et Veronika Mabardi à Hajar Bali, Axelle Thiry à Alessandro Baricco, Laurent Dehossay à José Maria Eça de Queiros, Myriam Watthée-Delmotte à Henri Bauchau.

Deuxième partie

Christine Van Acker a écrit à Pierre Autin-Grenier.

"Ecrire pour conjurer l’ennui ? Qu’ont les écrivains à ne jamais se contenter de ce que la vie leur offre sur un beau plateau de terre fleurie ? Qu’est-ce qui leur prend de creuser là où ça résiste, où c’est inculte, aride, caillouteux ? […]"

Laurent Georjin écrit à Pier Paolo Pasolini, Carl Norac à Marcel Moreau, Corentin Lahouste à Marcel Moreau également, Jean-Pol Hecq à TS Lawrence, et Vinciane Moeschler à Albert Camus.

Troisième partie

Gilles Aufray écrit à Hélène Bessette.

"[…] le futur dans lequel nous sommes a besoin de vous. Besoin de votre oeuvre si terriblement vivante, oeuvre insolente, impertinente, intempestive. Besoin de votre esprit, de votre poésie, de votre humour implacable auquel rien n’échappait. […] Rien n’était sacré, parce que tout l’était, sacré. La vie, surtout la vie, toute la vie, tout ce qui la compose, mort comprise. La vie, rien d’autre. La vie dans toute sa vie. Celle qui échappe aux mots d’ordre, celle qui échappe au contrôle, celle qui échappe à la mort. […]"

Dominique Massaut écrit à Hubert-Félix Thiéfaine, Paola Stévenne à Jean Hegland, Jean-Marc Panis à Jeffrew Eugenides et Jean-Luc Outers à Henri Michaux.

Quatrième partie

Pierre Mertens écrit une lettre à Franz Kafka.

"Pouvais-je seulement me douter que, plus jamais à la lecture d’aucune oeuvre, je ne connaîtrais pareille éblouissante déflagration ? Te lisant très tôt, j’aurais gagné beaucoup de temps. A l’heure où un fléau, une pandémie, un confinement se sont abattus sur nous, qui évoquent tellement ton univers, n’est-ce pas, mais aussi son contraire - l’espoir incandescent d’une ultime évasion-, tu apparais plus que jamais d’actualité, à l’ordre du jour et de la nuit. […]"

Pietro Pizzuti écrit à Pierre Mertens, Yannick Haenel à Samuel Beckett et Myriam Watthée-Delmotte à Yannick Haenel.

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