Par Ouï-dire

La vie rêvée des embryons : une expérience de PMA

C’est l’histoire d’un couple qui a décidé d’avoir un enfant. Mais la nature en a décidé autrement. La médecine vient alors à leur rescousse, leur ouvrant un monde scientifique nouveau, à la pointe du progrès et dans lequel il est possible de tout voir, ou presque. Mais comment remettre du mystère dans ces parcours ultramédicalisés ? Comment se reconstruire un imaginaire à mi-chemin entre la science et ses rêves les plus intimes ? Elodie Lélu nous livre son histoire.

"Quel drôle d’imaginaire, quelle étonnante représentation de la procréation : un bidon bleu en plastique au fond d’une pièce minuscule. Et pourtant, c’est de là que tu viens mon enfant."

 


Réalisation Elodie Lélu
Montage : Elodie Lélu et Matthias Morard
Mixage : Nils Fauth
Production : Cineke asbl, avec le soutien de l'acsr et du FACR


 

Quelques phrases-clés

"Nous avons rêvé longtemps. Bien plus longtemps que la plupart des couples. Assez longtemps pour se dire que quelque chose n'allait pas."

"Aujourd'hui, on n'en parle pas trop, mais les services de PMA qui ont augmenté, ça va devenir quelque chose d'assez courant. On peut assez vite se rendre compte que ça fait partie du quotidien de beaucoup de gens autour de soi. C'est assez rassurant, on se dit que ça fait partie de l'époque actuelle."

"On dit : les spermatozoïdes ne sont pas assez nombreux, ils n'avancent pas, ils sont trop lents, ils ne vont pas dans la bonne direction. Ce sont tous des termes qui dévaluent le sperme et probablement aussi l'homme, qui se sent aussi dévalorisé par rapport à son diagnostic."

"Nul, dysfonctionnel, anormal, mal formé. Tous ces mots ont commencé à prendre beaucoup de place dans nos têtes. Quand on a diagnostiqué à mon mari le syndrome des spermatozoïdes paresseux, d'un coup je l'ai trouvé plus mou. Et quand on m'a annoncé que ma réserve ovarienne était altérée, d'un coup, je me suis sentie vieille, presque périmée."

"Moi, je voulais faire les piqûres. Je voulais les faire parce que c'était finalement le seul acte que l'homme peut faire pour participer à la PMA. Outre donner son sperme, l'homme ne peut rien faire d'autre. C'est triste à dire, mais les piqûres remplaçaient l'acte physique. Et puis, ca donnait lieu aussi à des choses un peu marrantes, puisqu'on a même fait des piqûres en parallèle d'un mariage, dans une voiture, dans le noir. C'est quelque chose qui aurait pu se faire en acte sexuel. Ben voilà, nous, on a fait des piqûres, ça nous fait un petit souvenir de cette époque."

"Le premier échec de FIV, ça a vraiment été très, très dur. En fait, je l'ai vécu comme une trahison de la médecine, qui m'avait fait rêver et qui me lâchait comme ça, du jour au lendemain."

"J'ai repris les traitements comme une marathonienne. Et c'est vrai que la répétition des échographies, ces images qui étaient censées tout montrer et qui finissaient par ne plus rien montrer du tout, ça a commencé à me peser. J'avais l'impression d'être réduite à l'image de mon utérus, en noir et blanc et en deux dimensions."

"Je ne sais pas trop comment je lui parlerai de tout ça. Je n'ai pas envie que mon enfant ait l'impression d'avoir été issu d'un processus difficile. J'aimerais bien qu'il ait l'impression d'avoir été attendu et chéri, en tout cas qu'il a été fait dans le bonheur."
 

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