Par Ouï-dire

Jacques De Decker s'en est allé, portrait en archives

Jacques De Decker s'en est allé - Hommage
Jacques De Decker s'en est allé - Hommage - © VIRGINIE LEFOUR - BELGA

Jacques De Decker est parti d’un coup ce dimanche 12 avril. Il était en train de relire La chartreuse de Parme, confie son ami François-Xavier Lavenne ; il s’y émerveillait de l’art de la digression. Par Ouï-dire lui rend un hommage entrelacé d’archives de la Sonuma : des entretiens de Jacques De Decker avec Dolorès Oscari, Georges Pradez, Lionelle Francard, et des archives privées de Jean Jauniaux et François-Xavier Lavenne.

"Jacques De Decker était solaire. J’avais le sentiment qu’il était partout chez lui, là où ses connaissances et sa capacité inventive de dialogues pouvaient se donner libre cours. Il aimait le débat, il y était souverain.

Journaliste, critique, auteur, traducteur, là où certains se sentent mal à l’aise, mal de n’être jamais au bon endroit, Jacques de Decker était toujours à la bonne place. Ce qu’il aimait, c’était défendre ses passions, défendre aussi la voix de celles, de ceux dont il fut le porte-parole. Il nous reste de lui ses écrits, la vivacité de sa voix, sa diction parfaite, son allégresse."

Pascale Tison

 

Paroles

"La vraie vie, il faut espérer qu’elle se rapproche. Elle est ailleurs, mais c’est un ailleurs accessible. C’est un ailleurs qui ne nous est pas refusé, mais qui demande à certaines personnes, je pense, mais à beaucoup plus qu’on ne le croit, un travail, des manoeuvres d’approche."
 

"Je crois que toute démarche artistique n’a à voir qu’avec une seule chose, c’est avec la mort. Je pense que si l’on y réfléchit bien, sans la mort, il n’y aurait pas de rite funéraire. S’il n’y a pas de rite funéraire, il n’y a pas de musique, il n’y a pas de monument, il n’y a pas de temple.
Presque toutes les formes d’art sont des manières, maintenant de plus en plus laïcisées, de moins en moins sacrées, mais il demeure toujours quelque chose dans la démarche artistique, qui consiste à penser que si l’on gratte quelque chose sur le papier, c’est pour qu’il y ait une trace."

 

"Je pense qu’un écrivain, au sens le plus banal du terme est avant tout, d’abord un traducteur. Il perçoit les choses, il capte les choses, il observe les choses, il essaie de les retenir, d’empêcher qu’elles ne se volatilisent.
Mais pour que cette trace puisse se faire, il faut quand même trouver les mots pour le dire. Et ces mots supposent un processus de traduction, parce que le monde, il n’est pas formulé. La chair, elle est là, elle n’est pas verbe ; il faut que ça devienne verbe, je crois."


"C’était très bruxellois, l’activité du Ballet du XXe siècle. Je pense qu’on a été terriblement marqué par la possibilité que donnait Béjart de faire de Bruxelles une très, très grande ville d’inventivité et d’art. Je crois qu’une ville, pour moi, c’est une source permanente de rêverie, de fiction, d’histoires."
 

"L’idée que je me fais du roman, c’est cette idée d’une somme. Et donc, il faut un peu d’expérience pour ça. Et cette expérience est chargée évidemment de choses que l’on a vécues et qu’irrésistiblement, on met dans le livre. Mais ce n’est pas ce qui m’a animé dans l’idée de me lancer là-dedans. Quant à ce projet d’embrasser Bruxelles, ça, oui sûrement. Cela fait très très longtemps, tout jeune déjà, que je me disais, ce n’est pas possible que Bruxelles n’ait pas eu droit à davantage de traitement romanesque."

Ecoutez Jacques De Decker dans Par Ouï-dire

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