Par Ouï-dire

[FEUILLETON] Frédéric Chopin et George Sand, Correspondances

Un feuilleton qui suit Frédéric Chopin et George Sand depuis leur arrivée à Paris en 1831, où tous deux luttent pour faire reconnaître leur art. Rapidement, Chopin devient l’âme des salons, avant de voir son talent éclater au grand jour lors d’un concert à la Salle Pleyel. Et George publie des romans qui rencontrent le succès auprès du public et de la critique. L’un et l’autre assistent à la misère du choléra, à la terreur des émeutes de juin 1832, au passage de Niccolò Paganini, qui traverse le ciel parisien comme une comète.

Au fil des épisodes, nous croisons aussi Franz Liszt, Marie d’Agoult, Felix Mendelssohn, Honoré de Balzac, Victor Hugo, Henri Heine, Eugène Delacroix,… Paris est un tel rassemblement de talents !

Et nous suivons les amours de Frédéric Chopin et George Sand, depuis leur rencontre surprenante jusqu’à leur installation dans le quartier de la Nouvelles Athènes, en passant par leur voyage à Majorque, les étés ensoleillés à Nohant, les séjours à Paris, où l’automne les ramène. Chopin s’y rend presque tous les jours chez George, qui aime tant l’écouter :
La note bleue résonne et nous voilà dans l’azur de la nuit transparente. "


Frédéric Chopin et George Sand, Correspondances
Un feuilleton écrit par Axelle Thiry et réalisé par Thierry Lequeux

Avec la participation exceptionnelle de :

Alexandre Tharaud dans le rôle de Frédéric Chopin,

Dominique Blanc, de la Comédie-française, dans celui de George Sand,

Thierry Hellin dans celui du narrateur.

La narration de l’histoire de George Sand et Frédéric Chopin est enrichie de nombreux extraits de leurs lettres, surtout adressées à d’autres : George Sand a brûlé l’essentiel de sa correspondance avec Frédéric Chopin.
 

1er épisode

Paris, 1831. George Sand et Frédéric Chopin arrivent dans la capitale française à quelques mois d’intervalle.

Leurs destins sont parallèles. Tous deux sont en rupture avec le passé. Tous deux cultivent l’espoir de se faire connaître dans le monde artistique de Paris. Frédéric Chopin a quitté la Pologne pour faire connaître sa musique dans le monde. Les nouvelles de l’insurrection polonaise l’ont plongé dans l’angoisse. Aurore Dudevant a fui un mari qui avait la triste habitude, quand elle lui faisait la lecture ou qu’elle jouait du piano, de sombrer dans un profond sommeil. Elle rejoint la Ville lumière pour conquérir son autonomie.

Tant Frédéric qu’Aurore connaissent des débuts difficiles mais ils se donnent corps et âme à leur art. Ils fréquentent des milieux très proches l’un de l’autre. L’heure viendra, de la rencontre de ces deux génies.

Au début de son séjour à Paris, Frédéric Chopin est dans une situation matérielle éprouvante. Il déplore ce qu’il appelle la phtisie du porte-monnaie. Mais il bouleverse ceux qui le rencontrent et il devient l’âme des salons parisiens.

Le 26 février 1832, quand il donne son premier concert à Paris, son talent éclate au grand jour. Frédéric rencontre Franz Liszt, Felix Mendelssohn, Ferdinand Hiller. Ils adorent discuter en prenant du café ou des liqueurs au café Feydeau.

Pendant ce temps, Aurore fait ses premiers pas dans le monde des lettres. Elle noue des relations. Elle travaille et multiplie les tentatives pour arriver à vivre de sa plume. Et quand on lui dit : "Ne faites pas de livres, faites des enfants", elle éclate de rire et tourne les talons. Aurore devient rédactrice pour un journal et rencontre Balzac, "un enfant au rêve d’or".

Ecoutez ici le 1er épisode

2e épisode

Printemps 1832. Paris est envahi par un visiteur bien indésirable. George Sand et Frédéric Chopin figurent chacun parmi les témoins horrifiés de la misère du choléra.

Peu après, le passage de Paganini laisse un souvenir aussi étrange qu’éblouissant. Aurore publie un premier roman, Indiana, sous un pseudonyme. Les critiques sont élogieuses et les lecteurs sont conquis ! Une question taraude les Parisiens… qui est ce George Sand ?

Quelques mois plus tard, la ville est secouée par un autre drame : la dure répression d’émeutes populaires. Dans la rue, c’est la terreur… Le 9 décembre, Hector Berlioz dirige sa Symphonie fantastique à Paris. Dans le public, on distingue le visage de Frédéric Chopin, Franz Liszt, Niccolo Paganini, Victor Hugo, Alfred de Vigny, Théophile Gautier, George Sand…

Aurore et Frédéric sont très proches l’un de l’autre, mais leur rencontre ne se produira que quelques années plus tard. Aurore vit une passion avec Alfred de Musset, et Chopin a laissé son cœur en Pologne.

La rencontre entre Frédéric Chopin et George Sand n’a rien d’un coup de foudre. D’un côté : "Quelle femme antipathique que cette Sand ! Est-ce vraiment une femme ? Je suis prêt à en douter." Et de l’autre : "Ce monsieur Chopin, est-ce une jeune fille ?".

Mais quand Chopin l’invite, George délaisse ses pantalons au profit d’une robe blanche à ceinture écarlate. Pendant l’hiver 1837, Chopin est à nouveau gravement malade. C’est la rupture progressive de ses fiançailles avec Marie Wodzinski. Pour le sauver de son désarroi, Camille Pleyel, le grand facteur de piano, l’emmène à Londres. Chopin dépeint son séjour dans des lettres hilarantes. Au printemps suivant, dans le salon de Charlotte Marliani, Frédéric se met au piano. Aurore est là. Elle n’a d’yeux que pour lui.

Illustration : George Sand et Alfred de Musset par Célestin Nanteuil 

Ecoutez ici le 2e épisode

3e épisode

George a 34 ans. Frédéric Chopin, 6 de moins. Qu’importe ! Elle écrit : "Nous nous sommes livrés au vent qui passait et qui nous a emportés tous deux dans une autre région pour quelques instants. Mais il n’en faut pas moins que nous redescendions ici-bas, après cet embrasement céleste".

Leur ami Eugène Delacroix réalise leur portrait et les réunit sur la même toile. Après avoir passé la plus grande partie de l’été à Paris, les amants partent en voyage. La traversée vers Majorque se fait par une nuit phosphorescente et tiède. Le matin, les amants, accompagnés des enfants de George, Maurice et Solange, découvrent les côtes escarpées de Majorque, inondées de soleil.

Le séjour à Palma commence comme la plus belle des idylles… mais il s’assombrit bientôt.

Au cours d’une de leurs promenades dans l’île, ils sont surpris par l’orage. Et Frédéric prend froid. La fièvre monte. Les médecins qui l’examinent déclarent qu’il est tuberculeux. A cette époque, on craint cette maladie comme la peste en Espagne et le propriétaire de leur logement les jette dehors ! Le consul de France les aide à s’installer dans la superbe Chartreuse de Valldemosa. Frédéric décrit l’endroit comme "L’un des plus beaux du monde" et George Sand confie : "Tout ce dont le poète et le peintre peuvent rêver, la nature l’a créé en cet endroit."

Illustration : Peinture à l’huile sur toile de 1838 inachevée par leur ami Eugène Delacroix. Double portrait, à l’origine, il a ensuite été coupé en deux et vendu séparément.

Ecoutez ici le 3e épisode

4e épisode

La Chartreuse de Valldemosa est, pour Frédéric et George, un lieu enchanté. Et que la vie pourrait y être idéale !

Mais Chopin est au plus mal. George lui procure des soins infinis. Par contre, les habitants de Majorque traitent Frédéric comme un pestiféré et George et ses enfants comme des malades en puissance. Il paraît qu’ils ne sont pas mariés, qu’il passe ses journées à jouer du piano et qu’elle passe ses nuits à écrire et à fumer ! On s’amuse alors à leur compliquer la vie. Frédéric déteste rester seul pendant les longues promenades de George avec ses enfants. Il broie du noir. Il traduit ses visions fiévreuses dans ses Préludes, auxquels il travaille sans relâche.

Le couple finit par quitter l’île, avec Maurice et Solange, sur un bateau transportant une cargaison de porcs. Et on donne à Chopin la plus mauvaise couchette en disant qu’il faudra la brûler à cause de sa maladie.

A Marseille, Frédéric Chopin reprend des forces. Et dans la douce chaleur du mois de juin 1839, Frédéric Chopin et George Sand arrivent à Nohant, un village à une trentaine de kilomètres de Châteauroux. Ils s’installent dans une grande maison à la façade 18e et au charme incomparable, celle de George. Ils vont passer plusieurs étés à Nohant.

Chopin y trouve les conditions idéales pour se plonger dans la composition et donner le meilleur de son art. Non seulement il vit avec une femme qu’il aime mais en plus, il jouit d’une liberté totale. Et George travaille avec une ardeur sans cesse renouvelée. Ils accueillent leurs amis, l’ancien diplomate Woyciech Grzymala, la grande chanteuse Pauline Viardot, et Eugène Delacroix qui confie : "J’ai des tête-à-tête à perte de vue avec Chopin que j’aime beaucoup et qui est un homme d’une distinction rare. C’est le plus vrai artiste que j’ai rencontré."

Ecoutez ici le 4e épisode

5e épisode

A Nohant, Frédéric se lance dans la composition avec une énergie et une concentration formidables. Et chaque nuit, George, sous la dictée de l’inspiration, noircit plusieurs pages de papier. Avec Maurice, ils créent un théâtre de marionnettes. On commence par des charades, puis des saynètes, des comédies et même de véritables drames…

Chopin excelle dans la peinture des caractères. L’automne ramène Frédéric et George à Paris. Chopin revoit ses éditeurs. Il recommence à donner des leçons. Et il se rend presque tous les jours en voiture chez George, qui adore l’écouter jouer : "La note bleue résonne et nous voilà dans l’azur de la nuit transparente."

George écrit une pièce de théâtre, Cosima. La première a lieu en avril 1840. Et on annonce un grand concert de Frédéric, salle Pleyel. Selon George, un cauchemar pour l’irrésolu Chip Chip, mais une soirée inoubliable pour tous ceux qui sont présents dans la salle.

À la fin de l’année 1842, Frédéric Chopin s’installe avec George Sand et ses enfants au square d’Orléans. Ils sont entourés d’amis.

C’est un rêve de George qui tend à se réaliser, celui du phalanstère, selon le modèle utopique de Charles Fourier. On écoute de la musique chez Chopin. Chez George, on discute, on se divertit et on joue au billard. Quand vient le printemps, toute la tribu est invitée à Nohant.

Les relations entre Frédéric et George deviennent de plus en plus tendues. George Sand écrit Lucrezia Floriani, le portrait d’un couple mal assorti. Le mariage de Solange, la fille de George, avec Auguste Clésinger introduit des dissensions dans la famille.

George et Frédéric se séparent. A la fin du printemps 1849, l’état de santé de Frédéric Chopin devient dramatique. Dans l’une de ses dernières lettres, il écrit à Solange, la fille de George : "Soyez heureux tous."

Ecoutez ici le 5e épisode

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