NOIR Jaune ROUGE - Belgian Crime Story

Faits divers : l’affaire Vanderavero - le poison de la famille

Ligny, province de Namur. C’est ici que Napoléon a gagné sa dernière bataille. Ici aussi qu’une famille s’est trouvée décimée, à fin des années1800…  

Chez les Vanderavero, on compte sept enfants. Rien de rare en cette fin de 19esiècle. C’est ce que l’on appelle une "famille nombreuse". Le pays compte six millions d’habitants (presque deux fois moins qu’aujourd’hui), dont 30% de moins de 15ans. À la tête de ce ménage, Gustave, propriétaire d’un petit commerce, marié à Flore. Dans l’ordre de naissance espacées de deux à quatre années, on compte Gustave junior, Joseph, Marie-Octavie, Marie-Josèphe, Luc, Arthur et Ernest-Constant. Des enfants qui seront bientôt tour à tour empoisonnés…  

Le 25septembre 1889, Joseph et Marie-Octavie, présentant des symptômes d’indigestion, meurent à quelques heures d’intervalle. Un mois plus tard, le 29octobre, vient le tour de Luc. Mêmes coliques, même issue. Le 15février 1891, c’est Arthur qui décède quelques heures après le petit-déjeuner. Puis Ernest-Constant, le 11mars, qui sera sauvé in extrémis par un antidote contre l’arsenic administré par le docteur.  

2 images
© Tous droits réservés

L’arsenic, arme du crime parfait ? 

Longtemps, ce poison était partout pour sa couleur verte : dans les peintures, les papiers peints, les jouets des enfants. Nombre de peintres célèbres (Paul Cézanne, Claude Monet, Vincent Van Gogh) auraient été malades ou seraient décédés des suites d’un contact prolongé. On l’utilisait même, au 19esiècle, comme liqueur tonifiante (la liqueur de Fowler).

On l’employait un temps comme insecticide, comme traitement anti-infectieux et chimiothérapeutique, comme solution pour éclaircir la peau… et comme arme dans bon nombre d’affaires criminelles. Une fois ingéré, il s’accumule dans le foie, la peau, les poumons. Les effets sont immédiats : vomissements, douleurs abdominales, destruction des organes et enfin décès dans les heures qui suivent la prise.

Son point faible? Il reste détectable dans les tissus bien longtemps après que la victime ait succombé. À l’époque de l’affaire Vanderavero, la médecine était déjà tout à fait en mesure de procéder à ce genre d’analyse 

2 images
© Tous droits réservés

Le coupable ? 

La présence d’arsenic dans tous les corps des victimes, c’est ce que révèlent les autopsies pratiquées sur les quatre enfants décédés. Gustave Junior, l’ainé de la fratrie, interrogé par la police, prétend qu’un corbeau en veut à sa famille.

Un test graphologique révèle qu’il est à l’origine de la carte de menaces anonyme reçue plus tôt. Une perquisition permet de retrouver le poison caché dans ses affaires. Il nie, avoue, nie à nouveau, revient sur ses déclarations et finit en prison.

Condamné à mort et gracié, il décède à l’âge de 48ans, le 18avril 1914, à la prison de Tournai. Le mobile de ce long fratricide? Mystérieux, indéfini 

Jean-François Viot ouvre une piste d’explication dans l’histoire "À la campagne", publiée dans le cadre de la collection de podcasts "Noir Jaune Rouge  Belgian Crime Story": une collection de cinq fictions sonores inspirées par des histoires criminelles qui ont émaillé le vingtième siècle belge.  

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK