NOIR Jaune ROUGE - Belgian Crime Story

Faits Divers - gloire, désamour et déchéance : L’affaire Briquet

Il n’avait jamais autant plu en Belgique qu’en ce mois de mars 1988. Un siècle au moins que l’on n’avait pas vu de telles précipitations*. C’est sous ce ciel bas et ces trombes d’eau qu’était jugé et condamné Corneil Briquet, pour l’assassinat de sa femme. 

 

Né en 1928, étudiant en droit à l’ULB, Corneil Briquet deviendra substitut du procureur du roi de Charleroi puis avocat général à la cour d’assises de Mons. Cet homme de loi finira pourtant ses jours dans sa cellule de la prison de Nivelles, cinq mois seulement après son incarcération pour avoir tué son épouse, Francine, de deux coups de fusil. 

Une femme dépeinte comme autoritaire, fille de lieutenant général dans l’armée belge et mondaine comme on pouvait l’être dans les années70 et 80 lorsque l’on appartenait à la bourgeoisie Carolo-Montoise. Un milieu de notables où l’on adoubait et répudiait les siens selon qu’ils répondent ou non à l’apparente hauteur que l’on semble attendre d’eux.  

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Le décor : Charleroi à la fin de l’âge d’or  

 

Les " golden sixties " (1963-1973), période économique florissante, ne sont pas loin. Pourtant, le Hainaut souffre. L’industrie charbonnière est en déclin, la démographie aussi. 1975 marque la rupture avec les années fastes**. L’écart entre les " classes sociales " - comme l’on dit alors - augmente. Le taux de criminalité en hausse et le gangstérisme florissant creusent les fondations de la mauvaise réputation que portera ensuite la région. C’est dans ce contexte économique, social et judiciaire que Corneil Briquet mène son ascension. Une ascension forçant le respect, mais pas celui de tous. À l’époque, certains de ses pairs et supérieurs hiérarchiques le conchient, tandis qu’à la maison, l’atmosphère est tendue. Corneil Briquet semble, selon les témoignages, aussi faible dans sa vie privée que féroce dans sa vie professionnelle. Ses envolées lyriques et plaidoiries clouent au pilori des accusés accablés. Il est considéré comme sans pitié. Mais malgré les apparences, le sort de celles et ceux  victimes ou accusés  qu’il croise ne le laisse pas indifférent. Il vit un pied dans la bourgeoisie, l’autre dans le malheur et les réalités de l’époque. Un grand écart qui expliquerait sa forte consommation d’alcool. C’est en tout cas une des hypothèses évoquées lors de son procès : Corneil Briquet noierait les images violentes qui lui sont imposées par son métier. Au début des années 80, le verre de bière coûte 25 francs belges (0,62€) et les tournées s’enchainent.  

Trois grammes d’alcool dans le sang 

En 1982, avec plus de trois grammes d’alcool dans le sang, il manque de renverser deux piétons au volant de sa voiture et prend la fuite. Quelques mois plus tard, il est prouvé qu’il pique régulièrement de petites sommes dans la caisse de la cafétéria du palais de justice de Mons. 

Les dérapages judiciaires de Corneil Briquet servent  d’arme de destruction publique à ses détracteurs, Monsieur le procureur général émérite Jules Leclercq en tête. Car les deux hommes se détestent 

On lui impose une retraite anticipée, à l’âge de 55ans seulement. Il n’est plus personne et il n’aura bientôt plus rien.  

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Le drame 

Le 9août 1986, Philippe, son fils découvre le corps de sa mère Le procès, en mars 1988, condamnait Corneil Briquet à une incarcération pour 20ans 

Cette affaire a inspiré à Christophe Bourdon l’histoire " Le training délavé ", publiée dans le cadre de la collection de podcasts " Noir Jaune Rouge – Belgian Crime Story " : une collection de cinq fictions sonores inspirées par des histoires criminelles qui ont émaillé le vingtième siècle belge.  

 

*Source : IRM. 
** Source : Conseil économique et social de la Région wallonne. 

 

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