Matin Première

Une rentrée scolaire, un 18 mai : une première

C'est une première, une rentrée scolaire un 18 mai ! Qu'en dit la presse ? Nicolas Vandenschrick a analysé la question dans les quotidiens belges.

La rentrée des élèves

C'est la rentrée, oui. C'est la une de la Dernière Heure, qui ne manque de reprendre les questions que se posent bons nombres d'enseignants.

 

"- A-t-on du matériel en suffisance ?

- Quel est le véritable intérêt pédagogique de tout cela ?

 - Et quel sera, ce matin, le nombre d’absent ?"

 

Autre titre, autre manière d'aborder les choses.

Pour la Libre, cette rentrée se fera entre passion et appréhension.

Le retour en classe est peut-être assez peu bénéfique d'un point de vue pédagogique, admet le quotidien, mais il est capital d'un point de vue humain et social affirme la Libre qui poursuit, en édito: en vrai, "ce n'est pas une rentrée scolaire."

 

Pour ceux qui retrouvent ce matin le chemin de l'école, le but est ailleurs: "Il ne s'agit pas de reprendre de vrais cours. D'avaler de la matière. De vérifier ou de sanctionner les acquis."

L'école est un également un lieu de vie, de rencontres, de défis et de conflits, d'amitié et d'amour. "On y apprend à savoir" oui, bien entendu, mais surtout, "on y apprend à être".  C'est là que naissent les projets et les audaces, là que se construisent les personnalités, que se forgent les caractères, que se confirment les talents. "

Alors la Libre plaide pour une chose, ce matin:

"Ne transmettons pas nos peurs à nos enfants et nos ados."

Offrons-leur notre confiance, confiance en eux, confiance en l'avenir, pour qu'ils apprennent à vivre", hors de la cellule familiale. Avec le virus.

Mais surtout, vivre entre eux. Pour eux.

De l'autre côté, la rentrée des enseignants...

Les profs, les instits, les directeurs et tout le reste du personnel enseignant, eux aussi rentrent à l’école ce lundi. A ceux-là, le Soir leur tire ce matin un coup de chapeau. A eux, comme à bons nombres de métiers qui paraissaient aller de soi...

Vous savez, ce genre de fonctions qui, en temps normal passent inaperçu... Et qui ont soudain pris une place essentielle...

Hier, " les éboueurs, les infirmiers, les caissiers ".

C'est confiné que nous nous sommes souvenus de leur importance.

"Le personnel d'entretien, les conducteurs de train, de bus, de métro, les boulangers et les livreurs..." "Puis il y a eu les pépiniéristes."

Aujourd'hui, c'est au tour des profs, des coiffeurs et des autres. Ce sera "une rentrée sous haute surveillance" prévient le quotidien, une reprise "en pointillé" écrit le Soir. Mais c'est un moment cardinal.

On ne peut qu’admirer l'implication des directions d'école et des enseignants eux qui, ces dernières semaines, ont remué ciel et terre, ont redoublé d'astuces, ont passé jour et nuit à réorganiser l'école.

Une école capable d'accueillir nos enfants...

Eux aussi sortent de confinement, de semaines difficiles et fatigantes. Eux non plus, comme vos enfants, n'ont pas envie de se rendre à l'école masqué, la bouche barrée par un bout de tissu.

Mais sur le pont, ce matin. En classe, ils seront là. Enjoués, rivalisant d'astuce, de volonté.

C'est une victoire. Victoire sur le destin qui nous est ici imposé, conclut le Soir, qui en titre, ajoute un mot. : CHAPEAU.

Jusqu'où fait-il dicter les comportements ?

L'Avenir s'interroge, lui, dans son édito sur les limites de l'action du gouvernement... Jusqu'où fait-il dicter les comportements ? Oui, c'est la question qui sous-tend cet édito.

Ce dimanche, le gouvernement fédéral a édicté que les grands-parents qui ne font pas partie d'un groupe à risque, grand parent de moins de 65 ans, donc, pourront garder leurs petits-enfants, mais sous condition... Pourquoi vouloir à tout prix décréter ce genre de chose ? Pourquoi s'immiscer à ce point au niveau de la sphère privée ? Pourquoi ne pas laisser le libre choix ?

Pour ces grands parents, il s'agit de leur propre vie. De leurs sphères privées ? A eux, leurs familles de décidé en âme et conscience. A ce niveau, même en Etat d'urgence sanitaire, même si la sécurité reste la première de nos libertés, un Etat démocratique n'a pas à intervenir.