Matin Première

"Una vita difficile", le coup de cœur de Fabrizio Rongione

Ah ce que j'aimerais être vous...
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Ah ce que j'aimerais être vous... - © CC

Chaque matin pour la séquence « Ah ce que j’aimerais être vous », une personnalité partage un objet culturel (livre, musique, film) qui l’a marqué. Aujourd’hui, l’acteur et producteur Fabrizio Rongione se prête à l’exercice.

Ah ce que j’aimerais être vous qui allez découvrir " Una vita difficile " d'un des grands maîtres du cinéma italien : Dino Risi, à qui l'on doit aussi " Les monstres " ou " Le fanfaron " avec Jean-Louis Trintignant. Le film raconte le destin, ou plutôt l'ascension et la chute pathétique de Sylvio Magnozzi, interprété par le génial Alberto Sordi.

Résistant pendant la seconde guerre mondiale qui tente, à la fin de celle-ci, une carrière de journaliste, Sylvio Magnozzi essaye de rester fidèle à ses idéaux d'un monde meilleur et plus juste, tout en travaillant pour un petit journal qui ne le paye pas et en essayant de gérer une vie de famille insatisfaisante. Il va finir par quitter tout ce beau monde et, convaincu d'être un grand écrivain, écrit un roman que personne ne voudra publier. Il tente ensuite de reconquérir sa femme, qui entretemps a refait sa vie avec un riche homme d'affaire.

Ce film est un monument de la comédie à l'italienne : féroce, subversif et drôle à la fois, les dialogues ciselés, le génie de Dino Risi et surtout l'immense performance d'acteur d'Alberto Sordi. Son personnage a tous les défauts : il est lâche, vil, orgueilleux. Et pourtant on s'y attache, on le suit en espérant à chaque fois qu'il s'en sorte. C'est tout le génie des grands réalisateurs de la comédie italienne comme Risi, mais aussi De Sica, Monicelli ou Ettore Scola ; réussir à raconter de manière impitoyable les travers d'une société malade tout en restant drôle. De décrire avec ironie les méandres de l'âme humaine sans jamais tomber dans la morale. Regardez-le, parce que vous allez rire, beaucoup, et vous allez pleurer, parfois. Et vous allez surtout être attachés, à la trajectoire de ce personnage magnifique de Sylvio Magnozzi.  

Et si l'envie de voir d'autres classiques du cinéma italien vous saisit, quelques autres idées : "Una giornata particolare" d'Ettore Scola, "Le fanfaron" de Dino Risi ou, un peu plus récent "Il postino" de Michael Radford.