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Un Européen sur deux prêt à donner les clés du pouvoir à une intelligence artificielle

D’après une enquête, un européen sur deux serait prêt à donner les clés du pouvoir à une intelligence artificielle. C’est la conclusion d’une enquête internationale menée par le département de recherche de l’Instituto de Empresa, une université madrilène.

 

C’est une enquête sur la perception , le degré d’acceptation des nouvelles technologies dans la population. On y apprend qu’un Européen sur trois est prêt à se faire livrer un colis par un robot. Plus étonnant : 42 % des Européens sont favorables à l’utilisation de la reconnaissance faciale dans le cadre de contrôles d’identités. Encore plus étonnant : 30 % des Européens accepteraient qu’un algorithme décide de l’attribution des permis de travail, pour travailler dans un pays étranger. Et le plus incroyable, 51 % des Européens sont prêts à remplacer une partie des parlementaires par une intelligence artificielle. Donc à confier les clés du pouvoir à un robot.

Comment expliquer ces résultats étonnants ?

Sans doute par une certaine défiance envers le personnel politique. La façon dont la question est posée dans l’enquête est aussi un peu tendancieuse. L’idée qui s’en dégage, c’est que cette virtualisation du Parlement permettra de faire des économies substantielles en supprimant des postes de députés. Mais quand même, ça démontre que la population est plus ouverte qu’on ne l’imagine à l’usage des nouvelles technologies. Et ça ne se limite pas à des usages relativement basiques, comme la livraison de colis. On parle aussi de confier à des machines une partie du processus décisionnel, une parcelle de pouvoir.

Peut-on vraiment demander à une machine de prendre des décisions ?

C’est tout à fait possible. Ça existe dans plein de domaines. Dans la finance par exemple. Une proportion très importante des ordres de bourse sont aujourd’hui automatisées. Ce sont des machines extrêmement rapides et puissantes qui prennent ces décisions d’achat ou de vente. C’est ce qu’on appelle le trading à haute fréquence. C’est très perfectionné au niveau technologique mais les décisions restent basiques : acheter ou vendre.

Le processus parlementaire pas encore adapté 

Une intelligence artificielle serait probablement incapable de gérer tous les paramètres sociétaux, économiques, environnementaux, politiques et autres qui amènent des parlementaires à voter des textes de loi. Par contre, on pourrait créer une intelligence artificielle qui ingurgiterait des tonnes de données et qui serait utilisée comme aide à la décision, en soutien aux parlementaires. Mais évidemment dans ce cas, on retombe sur le problème classique dont on a déjà parlé dans cette émission. Comment faire en sorte que cette intelligence artificielle ne prenne pas de décision de manière biaisée ? Et surtout qui va la paramétrer ? Il faudra du coup d’abord réunir une commission parlementaire pour en discuter.

 

 

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