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Trois raisons qui poussent à dire que l'accord sur le Brexit est imminent

 Trois raisons qui poussent à dire que l'accord sur le Brexit est imminent
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Trois raisons qui poussent à dire que l'accord sur le Brexit est imminent - © ktsimage - Getty Images/iStockphoto

Dans 33 jours, les Britanniques quitteront définitivement l’Union européenne. C’est la seule certitude que nous ayons pour l’instant. Pour le reste, c’est-à-dire quelles seront les relations entre l’Union européenne et le Royaume Uni, c’est toujours le flou, les négociations n’ont toujours pas abouti… Mais le bruit court qu’un accord serait imminent.

Le suspens n’a que trop duré, les semaines de la toute toute dernière chance succèdent aux semaines de la toute dernière chance, elle-même précédées par les semaines de la dernière chance… Oui, il y en aura un accord dans les prochaines heures. Pourquoi ? Pour 3 raisons majeures : un petit virus, une élection et l'inébranlable pragmatisme britannique.

1. L'influence du coronavirus sur le Brexit

Le Royaume Uni est le pays européen le plus touché par le covid19.

Au début de la pandémie, le premier ministre Boris Johnson a voulu jouer la carte de l’immunité collective… avant de rétropédaler quelques semaines plus tard.

Trop tard sans doute. Aujourd’hui, le bilan humain est très lourd : 56.000 morts.

Et le bilan économique est tout aussi sombre. Le Royaume Uni doit faire face à la pire récession de son histoire depuis 300 ans. Le gouvernement a promis cette semaine qu’il allait injecter 280 milliards de livres pour relancer l’économie (en euro le chiffre est encore plus impressionnant… 314 milliards, juste un peu moins de la moitié du plan de relance européen).

De l’argent qu’il faudra aller chercher sur les marchés financiers. Bref, ce n’est peut-être pas le moment d’effrayer les investisseurs en rajoutant un Brexit sans accord dans la balance. D’autant que le gouverneur de la banque d’Angleterre a prévenu tout le monde il y a quelques jours :

 le coût d’un Brexit sans accord serait deux à trois fois pire que les conséquences du Covid.

 

2. L'influence de Biden à la Maison blanche

A Londres, la rumeur courait que Boris Johnson attendait le résultat des élections américaines pour choisir entre un deal avec les Européens ou un Brexit sans accord.

La victoire de Joe Biden devrait lui faciliter la tâche. Le futur président américain rappelle régulièrement que ses racines sont irlandaises. Et il rappelle aussi souvent qu’il veut garder une frontière ouverte entre la République d’Irlande et la province britannique d’Irlande du Nord.

Une perspective qu’un Brexit sans accord rendrait sans doute improbable. Et comme Boris Johnson rêve d’un futur accord commercial entre le Royaume Uni et les Etats Unis, il a tout intérêt à montrer sa bonne volonté au futur locataire de la Maison Blanche… en signant un deal avec les Européens.

 

3. Le légendaire pragmatisme anglais

C’est vrai que le Brexit l’a tout de même sérieusement bousculé mais il reste ce qui caractérise le mieux les Britanniques. 

Avec peut-être leur passion pour une tasse de thé à toute heure de la journée. Et être pragmatique, c’est savoir s’adapter à votre environnement.

L’environnement britannique, c’est le même que le nôtre. Nous faisons face aux mêmes défis : le climat, la migration, la montée en puissance de la Chine ou la lutte contre le terrorisme. Des sujets qui nécessitent une coopération entre Britanniques et Européens. Mieux vaut ne pas hypothéquer le futur et se quitter en bon terme… en signant cet accord

 

La preuve par trois

C’est la preuve par trois que, logiquement, un accord devrait être trouvé dans les prochaines heures. C’est logique, c’est imparable… et en même temps, c’est toute la faiblesse de ce raisonnement.

Ce divorce à l’anglaise n’a jamais vraiment été logique.

Les Anglais l’ont choisi avec leurs tripes plus qu’avec leur tête. C’est aussi pour ça que les négociations patinent aujourd’hui. Elles touchent aux symboles de la souveraineté. Elles parlent aux émotions plus qu’à la raison. Mais ce n’est pas insurmontable.

Il suffit d’une petite dose de créativité européenne. Quelques gouttes de pragmatisme britannique... et l’affaire est pliée.

 

Réécoutez la chronique d'Olivier Hanrion dans Matin Première !

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