Matin Première

Séries : le charme fou de "Only murders in the building" et la fin de "Line of duty"

La diffusion de la sixième et a priori dernière saison de "Line of duty" a débuté, jeudi dernier, sur Warner TV, une chaîne disponible chez l’opérateur VOO et chez Orange.

Ce n’est pas la première fois que je vous en parle, de "Line of duty". Je vous rappelle brièvement que cette série suit une cellule anti-corruption de la police britannique, AC-12. Chaque saison suit plus ou moins la même structure : un policier ou une policière est dans le collimateur d’AC-12, parce que ses méthodes sont discutables, parce qu’il ou elle pourrait être un ripou, un flic corrompu, un "bent copper".

Comme toute bonne série policière, il y a des poursuites, des coups de feu, un peu d’action. Mais les vrais climax, ce sont les scènes d’interrogatoires, dans une petite salle : face à face le "bent copper" et l’unité anti-corruption. Qui fera craquer l’autre ? C’est absolument fascinant à regarder.

15 millions de téléspectateurs

Line of duty, c’est aussi une histoire plus vaste, et qui a tenu en haleine les Britanniques. Il est rapidement question de corruption endémique au sein de la police, avec à la tête des ripoux un certain "H". Qui est ce "H" ? On ne dirait pas comme ça, mais cette question est révolutionnaire. "Line of duty" a débuté comme une petite série de genre sans grande ambition, sur BBC two, la petite sœur de BBC one, l’équivalent de La Une chez nous. Mais vu le succès chaque année croissant, BBC one a rapatrié Line of Duty sur son antenne. Résultat : l’épisode final, diffusé au printemps, a été le plus regardé de la télévision britannique au XXIe siècle, avec plus de 15 millions de téléspectateurs. Bon casting, bonnes histoires, excellente écriture et, puis, enfin, un rythme hebdomadaire, ont fait de cette série un véritable phénomène de société outre-Manche, seulement comparable à "Game of thrones". Grand succès n’est pas systématiquement synonyme de qualité, mais ici, c’est bien le cas. Avec une conclusion toute en nuance très appréciable. "Line of duty", c’est donc 6 saisons de 6 épisodes, sauf la dernière qui en comporte 7. C’est à suivre, le jeudi soir, sur Warner TV.

Quand deux papys et une milléniale lancent un podcast de faits divers

"Only murders in the building" est une série Hulu, diffusée chez nous sur Disney +. Et c’est une très bonne surprise, malgré un titre bizarre, c’est vrai, mais qui fait sens. Nous sommes dans un immeuble new-yorkais typique du Upper East side, majestueux, luxueux, une façade magnifique, son petit jardin, bref. Par le plus grand des hasards, trois personnes qui ne se connaissent pas prennent l’ascenseur : il y a Charles, un ancien acteur de série télé plutôt solitaire, il y a Oliver, un ancien de Broadway dont il a été chassé et Mabel, une jeune femme plutôt taciturne. Une quatrième personne entre dans cet ascenseur : il est au téléphone, la conversation n’est pas très agréable.

Quelques minutes plus tard, l’immeuble est évacué. Et les trois personnages que nous apprenons à connaître se recroisent à nouveau. Ils n’ont rien en commun, n’ont rien à se dire, mais il se trouve qu’ils écoutent le même podcast, qui raconte un faits divers sordide. Ce sont, tous les trois, des fans du genre. On aurait pu en rester là, chacun rentrer à la maison. Sauf que le 4e personnage de l’ascenseur, celui du téléphone, meurt. Nos trois fans de faits divers sentent qu’il y a quelque chose de louche, et les voilà qu’ils et elle lancent leur podcast, qui a pour nom "Only murders in the building".

Lancée par pure curiosité, la série se révèle être d’un charme fou. Plus que l’histoire, qui est très sympathique, c’est le casting qui fait la force de la série. Il y a d’abord l’immense Steve Martin, qui est aussi co-créateur de la série. Il y a aussi Martin Short. Ces deux acteurs ont déjà souvent travaillé ensemble et ça se voit tant l’alchimie fonctionne entre eux. Et puis, il y a Selena Gomez, que j’avoue n’avoir jamais vu à l’écran. Et c’est une révélation, elle est excellente dans ce rôle de membre de la génération Y, blasée de tout, face à ces deux papys. La qualité de la série s’explique aussi par le temps passé pour le développement des personnages, tous bien caractérisés. C’est d’autant plus simple, dès lors, d’entrer dans l’histoire. Et comme dans tout bon podcast de faits divers, il y a plein de retournements de situation, qui vous donne envie de voir la suite, mais des sauts dans le temps très aguicheurs, vous verrez. Il y a, enfin, un épisode proprement exceptionnel, sans aucun dialogue. Ça dure 30 minutes, et si ce n’est le dernier plan, il n’y a aucun dialogue parlé et il y a la partie de Scrabble la plus sexy qui soit. Voilà, je n’en dis pas plus pour ne rien gâcher, mais c’est de l’excellente télé. "Only murders in the building", c’est 10 épisodes à voir sur Disney +. Et vu le succès, une saison deux a déjà été commandée.

 

 

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