Matin Première

Relation Europe et Etats-Unis : on s’aime ou on se déteste selon les circonstances

L’histoire de la relation entre la Belgique et les Etats-Unis a varié au cours de l’Histoire. Et un constat s’impose : l’accueil d’un président américain à Bruxelles varie sensiblement en fonction de la personnalité du locataire de la Maison blanche.

 

Le contact plus facile avec l’administration démocrate

 

Il y a 4 ans la visite de Donald Trump à l’OTAN avait été marquée par un discours en forme de rappel à l’ordre financier du président américain envers les Européens : "vous devez contribuer plus au budget de l’OTAN."

Signaler d’emblée à ses partenaires qu’ils ne paient pas assez, même si l’accusation n’est pas sans fondement, on a déjà vu des manières plus courtoises. Et à propos de manières, on reste ébahi par ces images prises après ce discours, je vous les conseille si vous ne les avez jamais vues : Donald Trump écarte sans ménagement le Premier ministre monténégrin pour se retrouver au premier plan avant la photo de famille. Anecdotique mais révélateur d’un état d’esprit.

Et cela tranchait, c’est le moins que l’on puisse dire, avec la visite de Barack Obama trois ans plus tôt.

Lui avait choisi d’inviter 2000 jeunes au Bozar pour un discours centré sur l’importance de la défense de la démocratie, avec le style décontracté typique de Barack Obama.

Une chose est sûre : depuis au moins vingt ans, le contact passe mieux avec une administration démocrate plutôt que républicaine : d’un côté Biden et Obama paraissent heureux d’être en Europe alors qu’avec Donald Trump comme avec George W Bush, c’était moins cool.

 

2003 : tension diplomatique entre Bush et l’OTAN sur l’Irak

 

George W Bush déclenchait en 2003 une guerre en Irak qui divisait profondément les Européens ; ce fut un moment très tendu dans la relation belgo-américaine.

A l’époque le président américain voulait lancer ses alliés dans la guerre contre Saddam Hussein accusé de détenir des armes de destruction massive. Il est suivi par le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie et les pays de l’est. Mais la France l’Allemagne et la Belgique, seuls contre tous, s’y opposent. Conséquence : l’OTAN ne pourra pas soutenir cette action militaire contre l’Irak à la grande fureur de l’administration Bush : c’est l’époque où les "French fries" sont débaptisées "patrior fries" et pour punir la Belgique l’administration Bush menace de déplacer le siège de l’OTAN plus à l’Est. Cette tension diplomatique brève mais intense entre la Belgique et les Etats-Unis fut d’autant plus saisissante que c’était une première.

 

Deux siècles d’amitié et de solidarité

 

Dans notre histoire l’Amérique fait figure d’ami on pense à la Libération bien sûr, à Bastogne et à la bataille des Ardennes mais les relations amicales ont débuté il y a très longtemps.

  • Dès la Révolution belge de 1830, l’Amérique se prend de sympathie pour la cause belge et sera parmi les premières nations à établir des relations diplomatiques avec Bruxelles. Avec aussi l’établissement d’un traité commercial, et oui déjà le sens des affaires, on ne se refait pas.
  • Deuxième temps fort : la guerre 14-18 où l’Allemagne occupe la Belgique et réquisitionne les denrées à tour de bras. Si les Belges ne meurent pas de faim, ils le doivent à l’Amérique, neutre jusqu’en 1917 et qui met en place la commission for relief in Belgium, une aide généreuse organisée par Herbert Hoover et l’ambassadeur américain en Belgique Brand Whitlock.
  • Troisième moment on l’a évoqué : la Libération bien sûr qui va déclencher une vague d’américanolâtrie, le début d’une fascination pour l’american way of life qui va marquer profondément la société belge et européenne.
  • Enfin quatrième moment le fameux plan Marshall, un investissement financier massif pour reconstruire l’Europe détruite ce qui va donner un coup de fouet salvateur à l’économie belge. Si l’Amérique intervient c’est face au danger soviétique, le début de la guerre froide qui est à l’origine de l’organisation du traité de l’atlantique nord, l’OTAN dont le siège est à Bruxelles au même titre que l’union européenne ce qui fait de la capitale belge un passage obligé pour tout président américain.

Conclusion : l’Amérique suscite souvent chez nous des passions diverses, on l’aime ou on la déteste selon les circonstances

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