Matin Première

Quand les robots se mettent à composer de la musique

Les intelligences artificielles n’en finissent pas de nous surprendre… Amazon vient de créer un programme capable de composer de la musique : DeepComposer, le premier clavier musical équipé d’un système de machine learning. La machine va-t-elle dépasser l’homme ? Pourra-t-elle intéresser les musiciens ? Gilles Quoistiaux fait le point sur cette nouvelle technologie.

La machine ne dépasse pas toujours l’homme

Dans le film "Glenn, le robot volant", Glenn apprend à jouer du piano et devient un véritable virtuose.

Le film pose une question très actuelle : une machine peut-elle avoir du talent ? Est-elle capable de créer, de concurrencer les artistes ? Le nouveau programme DeepComposer d’Amazon compose de la musique grâce au système de machine learning, une branche de l’intelligence artificielle qui permet aux ordinateurs d’apprendre de nouvelles techniques. Souvent, la machine finit par dépasser l’homme. C’est ce qui est arrivé aux champions d’échec ou du jeu de go et plus récemment à certains experts du jeu vidéo Starcraft. Que les musiciens se rassurent, DeepComposer n’est pas encore aussi doué que Mozart ou Schubert. Pour preuve, écoutez sa première création, une version remixée et hésitante de l’Hymne à la Joie de Beethoven (à 8min36).

Pour créer ce segment, Amazon a demandé à DeepComposer de s’inspirer de la version originale et d’y ajouter des éléments plus "rock" comme de la basse et de la guitare électrique. "C’est pas terrible", a affirmé un expert de la Kingston University qui travaille sur des projets d’intelligence artificielle appliquée à la musique, interrogé par la BBC sur cette première création du DeepComposer.

L’intelligence artificielle pour les nuls

Amazon va prochainement commercialiser ce robot compositeur pour la modique somme de 99 dollars. Il existe aussi un clavier virtuel gratuit à utiliser sur smartphone ou tablette pour lequel il faudra payer un peu plus de 2 dollars de l’heure. Ce clavier intelligent n’intéressera néanmoins sans doute pas vraiment les musiciens. L’outil est davantage destiné aux développeurs d’applications. Le véritable objectif d’Amazon est en effet de leur fournir une plateforme d’expérimentation ludique pour découvrir les rouages de l’intelligence artificielle. Amazon a déjà sorti d’autres produits du même type, comme le DeepRacer, une voiture téléguidée qui permet d’expérimenter la conduite autonome ou encore DeepLens, une caméra qui permet de tester la reconnaissance d’images.

Les machines créatives

Cette intelligence artificielle repose sur la technologie particulière des réseaux adverses génératifs. Un terme très savant qui cache un fonctionnement assez simple. On fournit au logiciel une donnée de base, comme par exemple la mélodie originale de l’Hymne à la Joie de Beethoven. Ensuite, on lui demande de faire des variations sur le même thème avec des éléments de rock, de hip-hop, de métal, de Roméo Elvis, de Dalida… Avec ces réseaux adverses génératifs, une intelligence artificielle a créé de faux tableaux qui ressemblent à des Rembrandt, mais qui n’ont jamais été peints par Rembrandt. C’est la même technologie qui est utilisée pour les photographies dans le style des tableaux de Van Gogh grâce à une sorte de filtre Instagram qui imite le peintre hollandais. Un autre programme a été capable de créer automatiquement des niveaux supplémentaires dans des jeux vidéo comme Doom ou Super Mario Bros. La création n’est donc plus réservée à l’être humain, même si ce sont toujours eux qui engendrent ces machines créatives.

Réécoutez la chronique de Gilles Quoistiaux dans Matin Première !

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