Matin Première

Pourquoi parle-t-on moins de Biden que de Trump ?

Parle-t-on autant des actes de Joe Biden que de ceux de son prédécesseur Donald Trump ? La couverture médiatique de la politique américaine depuis l’arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche a-t-elle changé ? La réponse à cette question est plutôt évidente, mais qu’est-ce qui explique cette différence ? Entre l’homme pochette-surprise et celui qui se veut normal, le fossé est gigantesque.

 

L’art de la provocation

Avec Donald Trump, nous étions face à un président complètement atypique. Au-delà de la surprise, de la sidération de voir ce personnage différent du sérail politique à la tête de la première puissance du monde, on avait face à nous un homme qui était dans la "provoc", un homme qui agitait le monde politique et le monde médiatique.

Deux mondes qui étaient fascinés pendant 4 ans par un président pochette-surprise, on ne savait jamais à quoi s’attendre avec lui. On ne savait jamais sur quel pied danser, lui qui dégainait parfois avant d’avoir même réfléchi aux conséquences de ses propos et de ses actes. Un homme qui dirigeait par des slogans et des raccourcis simplistes.

Les accords sur le climat : poubelle, les accords avec l’Iran, poubelle, les journalistes de CNN : fake news, grand show médiatique avec le leader nord-coréen, il l’a fait. Donald Trump maniait l’art du story telling à la perfection pour tenir en haleine les amateurs d’un film catastrophe dont le point d’orgue a été la prise du Capitol le 6 janvier dernier.

Bref comme la presse a comme mission d’évoquer en partie des éléments d’actualités énormes qui changent la donne, impossible de passer à côté.

 

Quelle différence aujourd’hui avec le nouveau locataire de la Maison blanche ?

 

François Hollande disait qu’il souhaitait être un président normal et bien depuis le 20 janvier, le président Biden tente d’être un président normal, un homme qui consulte, qui réfléchit avant de parler, qui s’entoure de gens qui semblent compétent et au fait des dossiers, qui ne fait pas le show comme son prédécesseur. Ni même comme Barack Obama qui jouait aussi de son charisme incroyable.

Donald Trump et Joe Biden ne se battent pas à armes égales, n’ont pas les mêmes objectifs du tout.

L’un semblant vouloir cliver son pays et le monde, l’autre tentant de réconcilier les Américains et renouer avec le monde.

 

Construire plutôt que déconstruire

 

Il est bien plus spectaculaire de détruire que de construire. Une phrase choc contre l’Iran ou contre les Européens marque directement les esprits, sortir des accords sur le climat en claquant la porte ça marque et puis après, que fait-on ? Les problèmes sont-ils réglés pour autant ? La réponse est non.

S’éloigner des Européens, c’est facile, tenter de renouer, c’est un chemin plus long et plus difficile parce que le retour de la confiance ne se décrète pas. La confiance est faite de preuves d’amour et de négociations secrètes à l’anti thèse des punchlines trumpiennes.

 

Moins de blabla et plus d’action

 

La liste des chantiers pour Joe Biden est longue, mais depuis son entrée à la maison blanche il a déjà beaucoup travaillé, comme par exemple sur l’immigration et rassemblement des familles séparés par les décrets Trump, sur le nucléaire iranien, la place de l’Arabie saoudite, le retour du multilatéralisme et regard vers l’Europe ou encore sur le retour des USA dans l’accord de paris sur le climat.

Des dossiers compliqués qui ne se gèrent pas à coups de slogan ou en buvant une dose d’eau de javel, mais en prenant le temps de faire de la politique, de débattre, d’avancer.

 

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