Matin Première

"Pendant longtemps j’ai cru qu’il y avait un complot autour de l’assassinat de Kennedy"

Cet épisode de "Faut pas croire " vous raconte une histoire qui hante encore l’Amérique, celle de l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy en 1963. Y a-t-il une conspiration derrière le meurtre de JFK ? Sophie Léonard explore les théories de ceux qui croient que la mort du célèbre président était en fait le résultat d’un complot à large échelle.

 

 

Le 22 novembre 1963, sur le coup de midi 30, dans le centre-ville de Dallas, des coups de feu retentissent sur la Dealey Plaza, à bord de sa Lincoln décapotable, le président américain John Fitzgerald Kennedy se tient la gorge, il vient d’être touché.

Quelques secondes plus tard, il reçoit une seconde balle en pleine tête. Très rapidement, l’assassin présumé, est arrêté. Il s’agit de Lee Harvey Oswald, un ancien marine, sympathisant communiste qui a voyagé en URSS, et connu pour ses opinions procastristes. Deux jours après l’attentat, coup de théâtre. Il est à son tour abattu lors d’un transfert de prévenus par Jack Ruby proche des milieux mafieux. Pour beaucoup déjà, si le suspect principal est réduit au silence, c’est qu’il a des secrets à cacher.

 

 

Et si Lee Harvey Oswald n’était que le bras armé d’une conspiration politique ?

Gorian Delpature, journaliste à la RTBF a longtemps cru à la théorie du complot.

"Moi pendant longtemps j’ai cru qu’il y avait un complot autour de l’assassinat de Kennedy et puis il y a quelques années, l’émission " Question à la une " m’avait demandé de réaliser un reportage sur l’assassinat de Kennedy, donc je devais partir à Dallas."

Pour réaliser ce reportage Gorian Delpature s’est alors documenté, et a étudié notamment le rapport de la commission Warren, de la fin des années 70 et le doute a alors commencé à s’installer.

"Je me suis rendu compte que ces commissions avaient plutôt bien travaillé, surtout la commission Warren, qui était d’ailleurs assez critique, notamment sur le FBI, qui n’avait pas assez surveillé Oswald qui était sur le parcours de Kennedy, elle a aussi critiqué les mesures de sécurité qui entourait le président, et surtout je me suis rendu compte que la plupart des théoriciens du complot allaient chercher leurs arguments dans les documents mis en avant par la commission Warren.

Pour Gorian Delpature, la commission Warren n’avait donc pas si mal travaillé, et puis surtout en arrivant sur place, l’épreuve du terrain a eu raison de ses arguments.

"Je me suis tenu à la fenêtre où Oswald a tiré les coups de feu, et on voit à quel point la scène du crime est proche parce que sur la route il y a deux croix à l’endroit où Kennedy a été touché. Quand on se tient à la fenêtre on se rend compte que c’est tout près, et que donc c’était "facile". La place où il y a eu les coups de feu est minuscule, et il y avait plein de gens sur place, qui prenaient des photos, plein de gens qui filmaient, s’il y avait eu 5 ou 6 tireurs, on les aurait forcément vus. "

Un enregistrement audio semait le doute

La Commission Warren, chargée de faire la lumière sur l’assassinat de Kennedy, établira en effet que Lee Harvey Oswald a agi seul. Mais cela ne suffit pas, car JFK, à l’époque a de nombreux ennemis. La liste est longue et les mobiles ne manquent pas. Il s’était attiré les foudres aussi bien des Soviétiques, du régime cubain que d’une partie des ultraconservateurs américains. La mafia aussi ainsi que des responsables de la CIA.

 

"Alors évidemment les services secrets sont toujours un peu les coupables idéaux dans les théories du complot, parce que définition ces services sont secrets, et donc ils peuvent manipuler plein de choses dans l’ombre, mener des opérations noires un peu partout dans le monde. C’est vrai qu’aux Etats Unis à la fin des années 70 on s’est rendu compte que la CIA avait effectivement mené des opérations noires dans d’autres pays et qu’il y avait peut-être une possibilité, de faire un lien avec l’assassinat de Kennedy.

Il y a eu une deuxième commission d’enquête en 1979 qui s’est voulue très scientifique qui a mené plein d’enquêtes balistiques autour de l’assassinat, et qui a révélé que la commission Warren avait raison, que c’était Oswald qui avait tué Kennedy avec ses 3 coups de feu, mais elle dit aussi, qu’en se basant sur un enregistrement qu’elle a reçu tout à la fin de ses travaux, d’une radio d'une moto du cortège on entend deux coups de feu supplémentaires. Sur cet enregistrement-là on entend 5 coups de feu, ce qui a donné lieu à des idées de complot. On sait aujourd’hui, que l’enregistrement sonore de cette moto a été enregistré par une moto qui n’était pas sur Dealey Plaza et surtout à un autre moment. Cette détonation qu’on entend ce ne sont pas du tout des coups de feu, mais autour chose donc 5 bruits qui n’ont rien à voir."

"L’assassinat de Kennedy a sa part d’ombre "

Si Gorian Delpature ne doute plus. Plus de la moitié des Américains sont convaincus que Lee Harvey Oswald n’a pas agi seul. Le manque d’informations précises, les documents disparus, les témoins qui n’ont pas été écoutés au bon moment, des images qui prêtent à interprétations. Et cette vérité judiciaire que l’on ne connaîtra jamais puisque le principal suspect est mort. Voilà qui laisse la porte ouverte à de multiples théories. Et ce sont ces gigantesques points d’interrogations qui ouvrent la voie à l’imaginaire.
 

 

"C’est vrai que pour la première fois dans l’histoire on a la mort d’un président qui est abattu par un moins que rien, qui lui est même est abattu, on a des images de l’assassinat donc on peut greffer notre imaginaire sur ces images qu’on voit.

Comme dans toute enquête criminelle il y a évidemment des zones d’ombre, tout n’est pas expliqué et dans ces zones d’ombre on peut placer des points d’interrogations, et souvent les réponses qu’on accorde à ces points d’interrogations relève du mystère.

C’est vrai que nous en tant qu’êtres humains on adore les histoires qui font peur, on aime bien imaginer des choses derrière les rideaux fermés de la fenêtre de nos voisins, et c’est vrai que l’assassinat de Kennedy a sa part d’ombre."

58 ans plus tard, la mort du plus jeune président des États unis n’a pas fini de passionner les foules. Films et ouvrages d’investigations continuent d’alimenter les débats. C’est l’histoire d’un assassinat qui ne sera, sans doute pour certains, jamais totalement élucidé.

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