Matin Première

Omar Sy s’amuse à revisiter le mythe Arsène Lupin à la télévision

Le mythe Arsène Lupin a 115 ans. La première aventure du gentleman cambrioleur est publiée dans le mensuel "Je Sais tout", en juillet 1905. Si vous avez un certain âge, voire un âge certain, vous vous souviendrez certainement de Robert Lamoureux qui a interprété deux fois au cinéma le rôle du gentleman cambrioleur. On peut citer Jean-Claude Brialy, ou plus récemment Romain Duris. La série Lupin, disponible sur Netflix à partir de ce vendredi, fait le pari de ne pas mettre en scène Lupin, mais plutôt un fan, qui suit ses traces, un fan du nom d’Assane (et non Arsène) Diop.

Nous sommes aux XXIe siècle, et plus à la "Belle époque" et notre héros fait usage d’ordinateurs portables, d’assistants vocaux ou de Wikipédia pour ses méfaits.

C’est Omar Sy qui prête ses traits à Assane. Ramener à la télé Omar Sy est un évènement. Ça aurait pu se résumer à ça, juste un bon coup pour Netflix, mais, la série arrive à être assez recommandable. Un petit mot sur l’histoire : Assane Diop est un jeune homme qu’on découvre travailleur discret au Louvre. Il est en galère d’argent, séparé de cette femme et de son fils. Et il monte ce vol du fameux collier de la Reine Marie-Antoinette. Un vol qui n’est pas dû au hasard, ce collier ayant un lien direct avec son passé et sa famille. Je n’en dis pas plus, le premier épisode est très efficace. Et de façon générale, les trois épisodes mis à disposition de la presse m’ont fait passer un très bon moment. D’abord, parce que malgré le fait que l’action se déroule de nos jours, l’esprit Arsène Lupin est plutôt bien respecté. Comme dans les livres, pour apprécier la série, on doit accepter les diverses qualités surhumaines du cambrioleur et quelques grosses ficelles. Omar Sy est très bon, on voit qu’il s’amuse à jouer à Arsène Lupin. La série respecte les poncifs du genre, avec des membres de forces de l’ordre complètement à l’ouest, sauf un inspecteur, connaisseur de l’œuvre de Maurice Leblanc (ça aide). Jusqu’ici, on est dans des choses plutôt attendues. Mais là où j’ai été très surpris, mais vraiment particulièrement étonné, c’est la façon dont la série gère les questions raciales. En mettant un héros noir, soit on oublie sa couleur, soit on en fait un élément central du récit. Netflix a opté pour l’option 2. La série n’est pas aveugle quant à la couleur de la peau de ses personnages, et donc le racisme et le classisme font partie de l’histoire. Et ça, dans une série très grand public, tête de pont d’une stratégie d’une grande boîte américaine, je ne l’avais pas vu venir. Ça aurait été plus simple de s’en passer, mais si vous êtes sensible sur ses questions, c’est un vrai bon point.

Par ailleurs, on reste sur un produit calibré : on prend un personnage mythique, une grande star, une ville connue dans le monde entier, et ça vous fait toute de suite un truc qui va marcher pour un public international. Mais voilà, Lupin propose aussi autre chose : une histoire globale qui semble tenir la route, des petits moments très agréables pour le public, une mise en scène pas trop mauvaise. On passe donc un assez bon moment. Précisons que cinq épisodes seront disponibles demain, 3 seulement ont été présentés à la presse. Et la deuxième partie de cette série Netflix doit débarquer plus tard dans l’année.

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK