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Modération des débats : Twitter cherche à apaiser, mais comment ?

Modération des débats : Twitter cherche à apaiser, mais comment ?
Modération des débats : Twitter cherche à apaiser, mais comment ? - © Peter Dazeley - Getty Images

Pour être un utilisateur assidu, pour ne pas dire compulsif, de Twitter, je peux vous confirmer que ce n’est pas l’endroit le plus peace and love. Bon je vous avoue que j’essaye de m’éloigner de tout ça, mais c’est vrai que les conversations tournent très souvent au vinaigre et à la confrontation. Twitter va cependant tenter de remédier au problème, en mettant en place des sortes de groupe de paroles, mais est-ce que ce sera vraiment suffisant ? La confrontation n'est-elle pas le fond de business de ce réseau ?

 

Que fait Twitter pour essayer de résoudre ce problème ?

Après des années d’attentisme, les réseaux sociaux et surtout leurs dirigeants, ont pris conscience de la problématique. Ils tentent de mettre en place des dispositifs pour éviter ou au moins pour signaler le cyberharcèlement et pour tenter de modérer certaines discussions qui dérapent. Le dernier outil en date, il a été dévoilé cette semaine et il est assez étonnant. C’est une sorte d’espace de discussion où les utilisateurs de Twitter vont pouvoir se retrouver pour discuter des sujets qui fâchent. 

 

Comment se matérialise cet espace de discussion proposé pour calmer les clashs?

Ce n’est pas un chat, comme on aurait pu le penser. C’est un appel audio sur lequel on va pouvoir inviter des membres du réseau social qui souhaiteraient réagir à certains tweets polémiques. Donc c’est une discussion de groupe, une sorte de réunion des twittos anonymes où on va pouvoir enfin tout se dire. Mais tout se dire calmement, sereinement, avec beaucoup d’empathie.
 


Le clash fait-il partie ADN de Twitter ?

J’ai un peu du mal à comprendre comment ce genre d’espace de discussion peut devenir un lieu apaisé. On est sur Twitter, c’est le réseau social où on retrouve les positions les plus tranchées, où les clans s’affrontent. On y retrouve tous les spécialistes du clash et du bon mot. Il n’y a pas vraiment de place à la nuance.

 

Comment expliquer alors cette initiative ?

Peut-être qu’un des paris de Twitter, c’est de se dire que les twittos les plus agressifs pourraient se radoucir en face de leurs interlocuteurs. Ils devront leur parler et pas simplement leur envoyer une punchline. Alors c’est possible. Mais ce qui me paraît le plus probable, c’est que la foire d’empoigne se déplace tout simplement dans ces nouveaux lieux de discussion.

Ce serait dommage parce que l’initiative part d’un bon sentiment. Le but de Twitter est de faire baisser la pression, l’agressivité et de lutter contre le cyberharcèlement dont sont victimes certaines internautes. Twitter a annoncé que cette nouvelle fonctionnalité serait déployée en priorité pour les femmes, qui sont souvent des cibles privilégiées des harceleurs, et pour les minorités ethniques. 

 

L'option "Je n'aime pas" est-elle vraiment compatible avec la volonté d'apaiser ?

On a aussi appris cette semaine que Twitter resortait une vieille idée de ses cartons. Ce n’est pas encore fait, mais le projet est en discussion. Il s’agit du bouton dislike. Vous savez qu’on peut liker, aimer un tweet. A l’avenir on pourrait aussi dire que non, ce tweet là décidément, on ne l’aime pas du tout. Ça ressemble un peu aux choix qu’on a aujourd’hui sur Facebook, on peut toujours mettre un pouce levé, mais on peut aussi mettre un gros cœur, pleurer à chaudes larmes ou être en colère. Ici ce serait plus basique : on aime, on n’aime pas.

Et on revient à l’idée de la confrontation binaire, qui a fait le succès de Twitter.


 

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