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Déconfinement : masques dans les grandes surfaces : une arnaque ?

Masques dans les grandes surfaces : une arnaque ?
Masques dans les grandes surfaces : une arnaque ? - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Ces derniers jours, les masques vendus en grande surface provoquent colère, exaspération et coups de gueule sur les réseaux sociaux. À l’image d’une Liégeoise dont la vidéo de démonstration a été vue plus d’un million de fois et largement partagée. Elle y exprime son mécontentement, après avoir acheté une boîte de 50 masques pour 31,5€ et constaté qu’ils avaient l’épaisseur de papier à cigarettes. Elle se sent flouée et exige un remboursement qu’elle obtiendra finalement de l’enseigne, mais elle ne décolère pas. Alors, que penser de la qualité de ces protections désormais disponibles dans les supermarchés ?

Une certification nébuleuse

Il existe un certificat censé garantir la valeur de ces masques arrivés de Chine par avion, mais la question de sa fiabilité mérite d’être posée. D’après l’infectiologue Jean-Luc Gala, ils sont de piètre qualité et n’ont sans doute pas les mêmes critères d’authentification qu’ici, d’autant plus que ces derniers ne sont pas toujours faciles à décrypter. Quoi qu’il en soit, ces masques chirurgicaux en papier n’ont pas vocation à nous protéger d’une contamination par le virus. Ils limitent la projection de nos propres postillons, mais n’empêchent pas d’être atteints par ceux d’une personne infectée. De plus, ils ne peuvent être utilisés que sur une courte période de quelques heures avant de perdre leur efficacité, il s’agit donc de veiller à les changer régulièrement.

Un budget qui compte

En grande surface, les masques sont vendus à 63 centimes l’unité. Les magasins ont souhaité les délivrer à prix coutant, la TVA est passée de 21 à 6% et un petit supplément est reversé à une bonne œuvre, précise Comeos. Reste que le coût du produit a été multiplié par six au cours des derniers mois. Cela s’explique par la forte demande mondiale, mais aussi par le transport en avion, 100 fois plus cher que l’acheminement traditionnel par bateau. En définitive, l’achat de ce type de masques pour une famille de quatre personnes pourrait revenir à 200€ par mois, un budget conséquent. À côté de cela, certains pharmaciens de Verviers ont voulu dénoncer la récente autorisation de vente des supermarchés, affirmant qu’ils n’ont pas été concertés et parlant de concurrence déloyale (en pharmacie, un masque coûte 2€ pièce). Pour protester, ils organisent donc une braderie à l’extérieur de leur officine pour rivaliser avec les grands magasins en cassant les prix et offrant 50 masques à 25€.

La loi de l’offre et de la demande persiste

Malgré tout, les masques restent une ressource rare et la demande augmente bien entendu en temps de crise sanitaire. La vente est d’ailleurs limitée pour l’instant à une boîte par client dans les supermarchés. Ce jeudi, en séance plénière à la Chambre, Sophie Wilmès a affirmé sans ambiguïté que faire semblant que la loi de l’offre et de la demande n’existe pas serait mentir à la population. Selon la Première ministre, la pénurie sur le marché est terminée, le stock stratégique fédéral dispose maintenant de 40 millions de masques disponibles et la grande distribution en fournit 5 millions par semaine au bénéfice de ce stock fédéral. En tous les cas, pour se protéger, les infectiologues s’accordent à préconiser les masques en tissu, plus chers à l’achat, mais plus durables.

(Ré)écoutez la capsule anti fake news de Françoise Baré