Matin Première

Les scandales de mœurs actuels sont-ils l'horizon de l'humanité?

Les scandales sexuels n’en finissent pas de défrayer la chronique. Après la tempête immonde Epstein avec ses multiples ramifications internationales, place à l’affaire de la vidéo intime ayant mis fin aux velléités de pouvoir de l’un des hommes de confiance du président français. Ces scandales, en surgissant à l’improviste, sont finalement l’un des rares éléments en mesure de bouleverser radicalement le ronronnement de l’actualité occidentale et de mettre fin aux carrières les plus minutieusement calculées.

Ceci étant, on peut se demander si ces affaires sont réellement nouvelles : les noms, sans doute. Toutefois, sur le fond, c’est toujours la même histoire vieille comme le monde, d’une simplicité biblique, avec toujours les mêmes éléments, simplement accentuée par le progrès technique. L’espèce d’égalité par le bas entre les humains a de quoi faire frémir : riches et pauvres, vedettes et inconnus semblent avoir les mêmes vulnérabilités et mêmes basses tendances.

Mais tel est-il le cas ? A l’ère où les secrets les mieux gardés finissent par être rendus publics, l’humanité a-t-elle pour horizon indépassable les turpitudes de ses élites ?

Je me suis souvent demandé comment réagiraient les services secrets, si sûrs de leur contrôle de l’être humain, face à par exemple un autiste, qui ne serait tenté ni par l’appât du gain financier, ni ne serait troublé par quelque agent provocateur en quête de documents intimes compromettants.

La personne actuellement la plus concernée par ces questions pourrait être Greta Thunberg. Les pressions doivent être gigantesques sur elle pour tenter de trouver un angle d’attaque – on peut légitimement supposer que l’industrie pétrolière ou encore certains gouvernements déploient des moyens considérables pour trouver un document compromettant sur elle.

Pourtant, je ne pense pas qu’il y ait le moindre risque qu’un scandale financier de compte bancaire dissimulé ou un scandale de mœurs éclate à propos de Greta Thunberg. Chaque jour qui passe sans cela me redonne en quelque sorte espoir en l’humanité.

Plus concrètement, cela pose une question économique fondamentale. Nos entreprises occidentales misent de plus en plus sur les aptitudes sociales pour trouver leurs futurs collaborateurs : essayez de trouver un emploi où il ne soit pas demandé de vous d’avoir un "excellent relationnel" ou un "esprit de groupe" hors du commun. Ce pourrait être une grave erreur : ces profils sont sans doute les plus à même de prêter le flanc à la succession de scandales qui se déroule sous nos yeux et qui pourrait bien s’accentuer encore.

En somme, la ressource de l’humanité pour les défis de notre temps pourrait être sa biodiversité.

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK