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Coronavirus - Les lampes UV sont-elles efficaces pour désinfecter les espaces publics ?

Les lampes UV sont-elles efficaces pour désinfecter les espaces publics ?
Les lampes UV sont-elles efficaces pour désinfecter les espaces publics ? - © RTBF

Récemment, le patron de Brussels Expo, qui organise les grandes expositions sur le plateau du Heysel à Bruxelles, a déboursé plus d’un million d’euros pour équiper les salons, bureaux et sanitaires de lampes UV. Ces purificateurs UVC traqueraient et détruiraient le coronavirus par l’action des rayons pour en venir à bout. Ce système dernier cri est-il dès lors réellement efficace pour désinfecter les différents espaces publics ?  

Des propriétés décontaminantes prouvées

Il faut savoir que les propriétés décontaminantes des rayons UV sur les micro-organismes sont bien connues des scientifiques. La technologie est généralement utilisée dans les laboratoires : le soir, après manipulations, les techniciens désinfectent les surfaces et les lampes UV accrochées au plafond terminent ensuite le travail de purification pendant la nuit. Le dispositif est également installé dans les blocs opératoires ou les salles d’attente très confinées. Pour renforcer son efficacité, un système de ventilation est ajouté afin d’envoyer les particules potentiellement infectées vers les lampes et de diriger vers les patients un flux constant d’air traité. Les études démontrent par exemple que les rayonnements ultra-violets réduisent de 70% la transmission de la tuberculose qui a été longuement analysée. En définitive, si l’efficacité de telles lampes a déjà été prouvée dans les milieux restreints, aucun essai scientifique n’a encore garanti la pertinence de la technologie dans de grands espaces publics.

Une technologie miracle ?

Les fabricants de ces lampes UV clament qu’elles ont fait leurs preuves, notamment dans les hôpitaux de campagne à Wuhan. Rappelons cependant une nouvelle fois qu’aucune étude scientifique n’a encore démontré leur efficacité dans de vastes espaces. L’idée serait donc d’installer ces machines à grande échelle un peu partout. Anne Simon, médecin spécialisé en prévention et contrôle des infections aux Cliniques universitaires Saint-Luc, confirme que la méthode est intéressante, mais qu’elle doit être combinée avec des mesures de protection additionnelles. En d’autres termes, les rayons UV ne sont pas une technologie miracle. L’administrateur délégué de Brussels Expo précise d’ailleurs que le système ne représentera qu’un plus parmi les autres directives ayant déjà prouvé leur efficacité :  port du masque, lavage des mains, distance sociale imposée et régulation drastique du nombre de personnes dans les mêmes espaces.

Mesures qui rassurent

Lorsque le port du masque est imposé, la contamination de l’environnement diminue fortement. Par conséquent, selon Anne Simon, les lampes à UV ne seraient plus forcément nécessaires. Finalement, cette technologie équipant les grands espaces comme les aéroports ou les halls de salles de concert aurait aussi et surtout une fonction rassurante non négligeable. En effet, l’angoisse de la contamination, la crainte du monde extérieur, la méfiance de l’autre saisissent la plupart des citoyens. Les questions se bousculent : comment allons-nous nous comporter dans le monde post-coronavirus, un monde rempli de risques ? Il faudra donc mettre en place différentes sortes de manœuvres rassurantes, d’une efficacité parfois relative, pour apaiser la population.

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