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Le masque met en péril l'efficacité des logiciels de reconnaissance faciale

Le masque met en péril l'efficacité des logiciels de reconnaissance faciale
Le masque met en péril l'efficacité des logiciels de reconnaissance faciale - © Ian Waldie - Getty Images

Aujourd’hui avec l’épidémie de Covid-19, nous sommes de plus en plus souvent invités à porter des masques, partout et tout le temps, pour des raisons sanitaires. Et ces masques, ce n’est pas une grande nouvelle, cachent une partie de notre visage. Du coup, la reconnaissance faciale est un peu perturbée. Gilles Quoistiaux a décodé l’impact du port du masque sur la reconnaissance faciale.

Un sacré coup dur

En raison du port du masque généralisé, les taux d’erreurs des logiciels de reconnaissance faciale peuvent être assez énormes. Suivant les logiciels, le pourcentage d’erreur peut varier entre 5% et 50%. Ces chiffres viennent d’une étude menée par le National Institute of Standards and Technology, c’est l’agence américaine chargée de tester l’efficacité des algorithmes, notamment dans le domaine de la reconnaissance faciale.

Il faut savoir qu’un très bon logiciel de reconnaissance faciale affichera un taux d’erreur de 0,3% seulement quand il doit reconnaître des visages non masqués.

Donc quand on parle de chiffres qui montent jusqu’à 50% d’erreurs pour des visages masqués, on peut dire que c’est un sacré coup dur pour cette technologie.

Le masque, véritable frein au bon fonctionnement des logiciels

La plupart des logiciels de reconnaissance faciale fonctionnent sur base d’un quadrillage du visage. Ils mesurent la distance entre certains points clés du visage. Par exemple, la distance entre votre œil droit et votre menton, entre le haut de votre front et le bas de votre nez.

Le logiciel combine toute une série de mesures pour parvenir à une combinaison unique qui correspond à votre visage. Quand on occulte la partie basse du visage, ces logiciels n’ont plus suffisamment de données à se mettre la dent. Et c’est là qu’ils connaissent des ratés.

Une reconnaissance faciale moins efficace, est-ce véritablement une mauvaise nouvelle ?

Tous les usages de la reconnaissance faciale ne sont pas problématiques. Elle peut être utile aux services de police dans le cadre de leurs enquêtes, elle peut aussi vous identifier à la frontière. Elle peut servir tout simplement à allumer votre smartphone et dans certains pays à procéder à des paiements mobiles.

Mais dans certains cas, cette technologie peut effectivement servir à la surveillance de masse d’une population. En Chine, particulièrement, c’est un outil très intrusif qui est à la disposition des autorités.

On a d’ailleurs vu qu’à Hong Kong, pendant la période de trouble, les manifestants portaient des masques précisément pour berner la reconnaissance faciale. Au point que les autorités ont décidé d’interdire le masque lors des rassemblements. Cette interdiction est restée en vigueur malgré l’épidémie de coronavirus.

Comment éviter le problème ?

Certains seraient très proches de créer un logiciel capable de vous reconnaître même quand vous portez un masque. La société russe NTechLab affirme que son système peut identifier une personne qui porte une balaclava. Vous savez ce que c’est ? Jusqu’à hier soir, moi non plus.

C’est une de ces cagoules de gangster qui laissent juste trois espaces, au niveau des yeux et de la bouche. C’est encore plus couvrant qu’un masque de protection. Dans le même style, la société britannique FaceWatch planche sur un système de détection qui se base uniquement sur le contour des yeux.

 

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