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La saison 4 de The Crown : "un chef-d’œuvre absolu"

Parce qu’elle était très attendue, mais surtout parce qu’elle est absolument merveilleuse, il était impossible de passer sous silence la 4e saison de The Crown.

The Crown, fin, fluide et captivant

Petit rappel d’abord sur ce qu’est The Crown : c’est une série Netflix qui s’attache à nous raconter la vie de la famille royale britannique sous le règne de l’actuelle reine Elisabeth II. La série est créée par l’Anglais Peter Morgan, qui avait écrit le scénario du film The Queen avec Helen Mirren, c’était en 2006. 10 ans plus tard, Peter Morgan proposait l’œuvre d’une vie : raconter les petites et les grandes histoires contemporaines de la famille régnante en Grande-Bretagne.

Et, je ne vois pas comment le dire autrement, mais c’est un chef-d’œuvre absolu. Depuis le début, l’écriture de Peter Morgan est d’une finesse assez ahurissante : il passe, sans problème d’un drame humain à une opposition politique, d’une discussion feutrée à un spectacle éclatant, le tout avec une fluidité incroyable.

 

 

La dame de fer débarque dans la famille royale

Cette 4e saison débute à la fin des années 70. La Grande-Bretagne est en crise profonde, comme on pouvait le voir pendant la saison 3. Et Margaret Thatcher déboule dans le jeu politique pour devenir la première femme Première ministre du Royaume-Uni. Cette arrivée de la Dame de fer était très attendue. C’est Gillian Anderson qui a été choisie pour interpréter la femme politique. Souvenez-vous, c’était Dana Scully dans X-Files. Et ça marche. Ça marche même parfaitement.

La voix, le look, et surtout la volonté dans les yeux : Gillian Anderson est peut-être l’ultime Margaret Thatcher. La série profite de cette présence pour nous parler politique, mais pas seulement. Dans un épisode assez exceptionnel, la Première ministre est invitée à Balmoral, en Ecosse, là où la famille royale passe ses vacances. Et l’accueil n’est guère affectueux pour cette Première ministre fille d’épicier. Mais rien qui ne déstabilise réellement Thatcher.

L’arrivée de Lady Di

C’est l’autre personnage marquant qu’on attendait. Le prince Charles est malheureux et il se résout à tenter d’oublier Camilla, son véritable amour. Diana est d’une beauté troublante, d’une fraîcheur étonnante. Elle est craquante. Et c’est après un drame familial que Charles décide de l’épouser, mais, vous le savez, ça ne se passera pas très bien. C’est Emma Corrin, une toute jeune actrice inconnue, qui prête ses traits à Lady Di, et comme pour Gillian Anderson, c’est un coup dans le mille. Corrin incarne magnifiquement cette Lady Di dépeinte comme aimant la lumière, trop pour son mari taciturne. Le couple n’a aucun atome crochu et cette triste histoire d’amour, comme la présence de Margaret Thatcher au 10 downing street, sont les deux fils rouges de cette 4e saison, qui est, vous l’imaginez, sombre et triste, entre attentat de l’IRA, apartheid en Afrique du Sud, tromperies et mensonges.


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The Crown : entre reconstitution et fiction

Un rappel, tout de même : malgré la minutie dans la reconstitution des détails, des décors, jusqu’aux jouets des enfants de Charles et Diana, The Crown reste une fiction. Ainsi, les dialogues sont le fruit de l’imagination de Peter Morgan, qui le dit d’ailleurs dans le podcast officiel de la série : il écrit les dialogues comme il pense qu’ils se sont déroulés, et pas beaucoup plus. Il n’y a aucune trace écrite des colloques singuliers entre la reine et la première ministre. Il n’empêche, ces scènes figurent parmi les meilleures de cette saison magistrale en tous points.

The Crown, c’est désormais 4 saisons de 10 épisodes à voir sur Netflix. C’est totalement incontournable.

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