Matin Première

La Macédoine du nord rejoindra-t-elle un jour l'Union européenne?

La Macédoine du nord est officiellement candidat depuis près de 15 ans, mais sans succès jusqu'ici. Les négociations d'adhésion n'ont toujours pas commencé. A se demander si les Macédoniens sont face à une porte ou un mur infranchissable. Sandro Calderon s'est intéressé de plus près à cette candidature.

La Macédoine du Nord est un petit pays montagneux de 2 millions d’âmes ; une mosaïque multi-ethnique avec une majorité de Slaves, une forte communauté albanaise, mais aussi des Turcs et des Roms. A Skopje, la capitale, on entend  autant le chant du muezzin, que les cloches des églises orthodoxes, témoignages d’un passé riche et tumultueux. 

Le président du Parlement européen, David Sassoli, est en visite en ce moment sur place. Il vient dire aux responsables politiques, aux jeunes macédoniens que le Parlement européen est à leurs côtés, qu’il soutient l’ouverture de négociations d’adhésion à l’Union.

Un message qui aurait pu être accueilli en fanfare, mais ce ne fût pas le cas.

 
Macron a dit non et bloque tout

En effet les Macédoniens n’ont toujours pas encaissé la gifle, la gifle politique, qu’Emmanuel Macron leur a infligé il y a trois semaines. Le président français a refusé d’ouvrir les négociations d’adhésion avec la Macédoine du Nord. Tous les autres dirigeants européens étaient d’accord. La Commission européenne était d’accord. Seul contre tous, Emmanuel Macron a dit non, il dit vouloir réformer l’Union avant un nouvel élargissement. Au grand désespoir des Macédoniens qui attendent ça depuis 14 ans… 

Les Macédoniens attachés à l’Union européenne ?

Globalement, oui. Les uns avec enthousiasme, convaincus par l’idée européenne. Les autres par pragmatisme. La Macédoine est un pays pauvre. Le salaire moyen ne dépasse pas les 400 euros par mois. Entrer dans le club européen, c’est une promesse de prospérité.

Mais aujourd’hui, les uns comme les autres sont extrêmement déçus. Ils ont l’impression d’avoir été dupés. Car ils ont fait de gros efforts. Les problèmes de corruption, de népotisme gangrènent encore le pays. Mais ces dernières années, les relations avec la minorité albanaise ont été apaisées, tout comme les relations avec la Bulgarie voisine. 

Des sacrifices pour l'Europe

Les Macédoniens avaient même acceptés de changer le nom de leur pays. La question était au cœur d’une querelle avec la Grèce depuis des années… si pas depuis des siècles. La Grèce refusait que son voisin s’appelle " Macédoine " tout court parce que c’est le nom d’une de ses régions. Athènes reprochait aussi à Skopje d’accaparer la figure du roi antique Alexandre le Grand.

Mais l’année dernière, événement historique, les deux pays sont tombés d’accord. Fini la dénomination internationale officielle de " Ancienne République Yougoslave de Macédoine ". Dites désormais " République de Macédoine du Nord "

 

Un dernier espoir ? 

Les Macédoniens ne sont pas naïfs, et ne croient plus vraiment encore à l’adhésion de leur pays à l’Union. Ils savent que ce ne sera pas avant longtemps. Une photo circule sur les réseaux sociaux qui résume bien leur état d’esprit. On y voit, sur le tarmac d’un aéroport, des passagers agglutinés sur un escalier d’accès à un avion. Sauf qu’il n’y a pas d’avion. Et ces passagers risquent de l’attendre encore très longtemps. 

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