Matin Première

Qui sont les " femmes du président" ?

La grenade de Laurence Rosier : Les femmes du président
La grenade de Laurence Rosier : Les femmes du président - © BRENDAN SMIALOWSKI - AFP

Jour J pour les élections américaines, l'occasion de parler des femmes et du président, mais de quel président ? De quelle femme ? D'où vient l'expression ? 

L’expression Les femmes du président peut évidemment être comprise de diverses manières. Outre l’appel à la mémoire, Les hommes du président, fameux film de Alan Pakula sorti en 1976, relatant le scandale du Watergate.

All the President's Men était le titre original et il y a quelque mois un livre est sorti intitulé All the President’s women et qui reprenait toutes les accusations envers Donald Trump de harcèlements et violences sexistes.

D’abord en effet, de quel président s’agit-il ? Hors de tout contexte ça pourrait être Hillary, Chelsea et Monica les femmes autour de Bill Clinton,ou bien Ivana Zelnickova, Marla Maples, Mélania Knauss Ivanka et Tiffany respectivement les épouses et filles de Trump, on est là dans le priori ou bien, plus largement, il pourrait s’agir de toutes les premières dames,  le titre existe au Etats-Unis, ces femmes dites de l’ombre, " intrigantes et manipulatrices, mères,  épouses ou favorites ".

 

Donald Trump et les femmes

 

L’influence comme pouvoir politique à défaut d’avoir les rennes et Mélania comme La plus décolletée des first ladies que l’Amérique ait portée ? " dixit un quotidien belge juste après l’élection de Donald Trump.

 

Personne n’a plus de respect pour les femmes que Donald Trump.

Donald Trump a encore récemment twitté qu’il avait fait "plus pour les femmes que n'importe quel autre président dans l'Histoire."

Mais c’est vrai qu’il avait bénéficié d’un large soutien des femmes lors de l’élection de 2016.

Sam Abrams, professeur en sciences politiques résumait la situation :

 Non seulement Hillary n’a pas bénéficié d’une vague féministe, mais Trump n’a pas été handicapé par sa misogynie. Les femmes ne l’ont pas abandonné en masse

 

Comme quoi on peut être femme et sexiste.

Les Women for Trump, les analyses des votes aux Etats-Unis montrent avec des données sexospécifiques des divisions genrées du vote, et les trumpettes, les trumpkins, les trump trolls comme on les a nommées se recrutent dans une catégorie particulière  : les femmes de banlieue (suburban women)

 

Qui sont ces femmes de banlieue ?

 

Dans l’imaginaire, c’est "a white blonde sighing over a martini while gazing over a white picket fence as her two children and their dog play in the garden"

" Une blonde blanche soupirant avec un martini tout en regardant au-dessus d’une clôture blanche pendant que ses deux enfants et leur chien jouent dans le jardin."

Une image stéréotypée des femmes que l’on voit d’ailleurs souvent en télévision, blonde, mince, souriante.

Les séries américaines ont regorgé de cette vision mais déjà en l’écorgnant, par exemple cher François, Ma sorcière bien aimée, vous vous souvenez ? dans la série, les haies bien taillées dissimulent des personnages étranges,  comme Samantha qui s’efforce de réfréner ses pouvoirs pour se conformer à l’image de la parfaite femme au foyer des années 1960.

On a eu aussi les desesperate housewives-années 2000 bref la banlieue est vue comme un lieu de domination et d’aliénation. Pourtant ces banlieues sont plus diverses culturellement et plus pauvres que dans le portrait qu’en font les républicains. Ce qui explique qu’aujourd’hui les femmes de banlieue appauvries regrettent leur vote de 2016, en particulier aussi depuis la gestion désastreuse de la crise pandémique par le président, qui leur a adressé un message d’amour, signe de son désarroi face à ces électrices en colère.

Où est encore l’espoir ?

Il faut penser aux teen activists ayant atteint l’âge du vote, comme Jamie Margolin qui a organisé la marche des jeunes pour le climat à Washington et qui vient de publier Le pouvoir aux jeunes ou Emma Gonzales, lycéenne en colère et activiste anti arme qui a publié un texte incitant les jeunes à aller voter pour ne pas voir Trump réélu :  et je terminerai par le slogan de la jeune femme :

Voting is powerful

 

 

 

 

 

 

 

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