Matin Première

La cybercriminalité n'épargne pas l'industrie du porno

Au commencement étaient les peep shows. Des spectacles érotiques personnalisés proposant aux clients pour quelques euros une conversation intime, un effeuillage et plus si affinités, mais sans le moindre contact physique. Aujourd’hui, la vitre sans tain a été remplacée par un écran d’ordinateur ou de smartphone et les cam-girls se sont massivement déplacées sur Internet. Mais ce nouveau phénomène en ligne n’est pas sans risques et se retrouve aussi exposé à la cybercriminalité.

Une faille de sécurité

Cette semaine, un des plus grands sites de cam-girls a été exposé à une faille de sécurité. Les données de 4.000 cam-girls ont ainsi fuité sur Internet, dévoile la société spécialisée VPN Mentor. Près de 900.000 fichiers de la plateforme PussyCash se sont retrouvés en ligne. PussyCash, c’est une entreprise basée à Andorre qui gère toute une galaxie de sites pour adultes, dont le site I’mlive qui rassemble déjà à lui seul 66 millions d’utilisateurs.

Des données sensibles

Les données qui se sont retrouvées dans la nature sont des données très sensibles : le nom des cam-girls, leur date de naissance, nationalité, numéro de carte de crédit, numéro de passeport, bref, tout ce qui permet de les identifier. Ce sont également des données très intimes : des photos, des vidéos, des détails sur leur anatomie, sur leurs éventuels piercings, sur leurs tatouages, sur leurs préférences sexuelles… Cette fuite de données concerne des cam-girls qui travaillent sur ces sites à l’heure actuelle, mais aussi des cam-girls qui ont raccroché. Dans certains pays, elles risquent même des poursuites judiciaires pour l’exercice de cette activité. Les cam-girls pourraient aussi être victimes de campagnes de harcèlement ou de dénigrement en ligne. Depuis lors, le site PussyCash a réglé le problème et la faille de sécurité a été comblée, mais parfois, il est déjà trop tard.

Les utilisateurs encore protégés pour le moment

Dans ce cas-ci, les utilisateurs ne sont pas concernés par la faille informatique, mais ce n’est pas la première fuite du genre. En novembre dernier, c’est un site espagnol qui avait laissé des données s’échapper sur le web : les données personnelles des cam-girls, mais aussi celles de millions d’utilisateurs du site : leur nom, leur adresse mail, leur mot de passe… Sur Internet, personne n’est totalement à l’abri d’une faille de sécurité. Que les amateurs de ces sites se rassurent néanmoins, leurs cas tombent sous l’application du RGPD, le règlement européen pour la protection des données. Théoriquement, les plateformes en question risquent de grosses amendes en cas de souci, jusqu’à 4 % de leur chiffre d’affaires si elles ne prennent pas les mesures adéquates pour protéger ces données personnelles. Jusqu’à présent, aucune procédure n’a encore été engagée contre ce type de sites, mais cela pourrait arriver.

(Ré)écoutez la chronique de Gilles Quoistiaux dans Matin Première !

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