Matin Première

L'œil de Pierre Marlet : "Le discours d'Emmanuel Macron sonne comme un bulletin de victoire"

Emmanuel Macron s’est adressé aux Français pour la 4e fois depuis le début de la crise sanitaire. Pierre Marlet a analysé ce discours très attendu et qui a vite pris des airs de forme de bulletin de victoire…

Nous n’avons pas à rougir de notre bilan

a dit le président.

J’ai voulu le déconfinement progressif à partir du 11 mai, à l’époque cela ne faisait pas l’unanimité et bien c’était la bonne solution et aujourd’hui c’est une nouvelle phase avec l’ouverture des frontières et aussi l’ouverture complète des restaurants et cafés en région parisienne.

Car jusqu’ici à Paris on était seulement servi en terrasse, bref la France respire !

Belgique – France, des stratégies très similaires

En Belgique, nous avons globalement géré cette crise de manière analogue à la France : en gros nous sommes entrés en confinement à peu près en même temps et nous en sortons aussi à peu près en même temps que les Français.

Et des deux côtés de la frontière on a vécu les mêmes polémiques sur les masques, le manque de matériel, le respect ou non du confinement, l’envie de déconfiner, la peur de déconfiner…

A quelques différences près

D’abord le centralisme à la française qui s’oppose évidemment à notre modèle fédéral fait de compromis et de palabres compliquées. "Ah comme c’est plus simple en France" pense-t-on ici.

Sauf que : qu’a dit le président hier ? Que la crise sanitaire a montré que tout ne devait pas se décider à Paris. En clair le président nous annonce une réorganisation de l’Etat jugé trop centralisé. Comme quoi décidément l’herbe est toujours plus verte ailleurs…

Et puis deuxième différence très concrète : les petits Français sont rentrés à l’école dès la semaine du 11 mai. Progressivement et sur base volontaire. Mais le 22 juin, ils vont tous devoir retourner à l’école : c’est une obligation, elle ne sera que de 2 semaines puisque les vacances d’été commencent chez nos voisins le 4 juillet.

Des accents gaulliens dans son discours

Indépendance, souveraineté, le mot a été répété à plusieurs reprises : le général De Gaulle n’aurait pas dit les choses autrement. Et comme après la guerre, une fois l’indépendance retrouvée, il faudra reconstruire, et ce dans une situation économique dégradée. Et comme après la guerre on va demander aux Français de se retrousser les manches : il faudra travailler et produire davantage a-t-il dit soulignant au passage l’effort financier réalisé : 500 milliards d’euros ont été mobilisés, tous les pays n’en font pas autant a-t-il insisté, une manière peut-être de dire aux Français d’arrêter de râler, ce qui autant le dire, n’est évidemment pas gagné…

La question du racisme

Le président était également très attendu sur la question du racisme et sur la vague de manifestations venue d’Amérique. Le défi était de taille : hier, juste avant l’allocution du président, TF1 diffusait un quidam qui disait exactement ceci : on l’attend sur le racisme de la police mais aussi sur la défense de la police parce qu’elle n’est pas raciste.

Symbole peut-être des hésitations des Français qui rejettent majoritairement le racisme mais qui veulent en même temps croire en leur police et ont du mal face à certains contestataires…

Combattre le communautarisme

La République n’effacera aucun nom de son histoire […] elle ne déboulonnera pas nos statues !

Pour le coup c’est assez clair : même s’il exprime une volonté de vérité notamment dans notre rapport à l’Afrique dans notre histoire, Emmanuel Macron défend l’ordre républicain et derrière la défense des statues il y a surtout la volonté de combattre les communautarismes.

Quant à la police, le mot " violence policière " n’a pas été prononcé. Les policiers et gendarmes, exposés à des risques quotidiens, méritent la reconnaissance de la nation… Pour le reste, Emmanuel Macron se prépare au dernier cap de son quinquennat, la présidentielle c’est dans moins de deux ans et d’ici là il y aura l’an prochain les régionales et puis dans 15 jours le second tour des municipales et ça ne s’annonce pas brillant pour son parti.

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