Matin Première

L’œil de Flandre : Retard à l’allumage de la vaccination en Flandre

La stratégie vaccinale de la Flandre a fait couler beaucoup d’encre dans la presse flamande hier, la plupart des journaux du nord du pays étaient hier particulièrement critiques sur la lenteur de cette campagne de vaccination.

C’était aussi un peu la tonalité des journaux francophones, pourquoi cette vaccination ne peut-elle pas aller un peu plus vite ? Chacun regarde ce qui se passe dans les autres pays, pour voir à quel rythme on vaccine ailleurs.

Dans cette course mondiale à la vaccination, qui est d’abord une course contre le virus, il est plus commode de nous comparer à ce que font nos voisins plutôt que de se mesurer au réel adversaire qu’est la maladie elle-même.

A ce petit jeu des comparaisons la Belgique, a un grand avantage, elle peut non seulement se comparer en tant que pays à ses voisins nationaux. Mais chez nous les régions peuvent également se toiser, en examinant la vitesse à laquelle on pique de l’autre côté de la frontière linguistique.

Et hier matin, constat sans appel dans les journaux flamands : la Wallonie vaccine deux fois plus vite que la Flandre lit-on en gras et en rouge à la Une du Nieuwsblad. Cette semaine on vaccinera 12.000 personnes en Wallonie, 4000 à Bruxelles, et 6600 en Flandre. Proportionnellement à la population, la Wallonie et Bruxelles vaccinent effectivement, pour le moment seulement, beaucoup plus vite que la Flandre.

Pas de cocorico en Wallonie

Cette maigre victoire a à peine été évoquée dans la presse francophone.

En revanche cela a donné lieu à quelques éditos cinglants en Flandre.

L’éditorialiste du Nieuwsblad décrivant par exemple cette situation comme :

L’ultime affront pour le gouvernement flamand.

Evoquant même Gaston Geens, Premier ministre président flamand qui se retournerait dans sa tombe. Lui qui avait fait cette déclaration ressortie de la boîte à archives à chaque soubresaut communautaire :

Nous allons devoir prouver que ce que nous faisons nous-même,

Nous le faisons mieux.

Ce n’est donc pas le cas souligne l’éditorialiste qui n’hésite pas à parler d’une gestion particulièrement honteuse. Les ministres flamands et fédéraux de la santé sont pointés du doigt, voire carrément portés en joue dans le Het laatste Nieuws.

Il y a quelques semaines Franck vandenbroucke le ministre de la santé a déclaré qu’on pourrait lui tirer dessus s’il échouait dans la stratégie du vaccin. Nous ne lui tirons pas encore dessus écrit la journaliste dans Het Laatste Nieuws, mais nous avons déjà les mains sur le holster.

Comment expliquer cette différence de vitesse de vaccination ?

Ce n’est pas évident à comprendre parce que les paramètres qui peuvent influencer la vitesse sont nombreux.

Chaque région reçoit un nombre de doses identique, proportionnel à la population. Elles peuvent donc potentiellement vacciner au même rythme.

Il faut préciser que cette lenteur flamande n’est que passagère, les rythmes vont s’accélérer et se rejoindre de part et d’autre de la frontière linguistique très rapidement. La première chose qui peut justifier cette différence, c’est le fait que la Flandre a souhaité donner un peu de supplémentaire à la chaîne logistique de la vaccination pour prendre le rythme. Et puis contrairement à ce qui se fait en Wallonie et à Bruxelles, initialement, il n’était pas prévu de vacciner le personnel des maisons de repos, mais uniquement leurs résidents. Stratégie qui sera finalement adaptée par la Flandre également.

La Flandre se calque sur la stratégie de la Wallonie et de Bruxelles

Dans l’après-midi le fédéral a reçu des garanties de la firme Pfizer sur les livraisons du vaccin.

Cela permet une accélération partout dans le pays. Hier soir sur le plateau de la VRT, le ministre flamand de la santé Wouter Beke particulièrement bousculé depuis le début de la crise sanitaire a donc annoncé que la Flandre rattraperait très bientôt la Wallonie.

Le personnel des maisons de repos aura également droit à sa dose du vaccin. Moins de 24 heures après la parution de ces éditos cinglants, Wouter Beke referme cette séquence médiatico politique flamande, l’honneur est sauf.

L’accélération était donc possible titre ce matin le Nieuwsblad. Cela montre à quel point le moteur communautaire peut être puissant dans les changements en Flandre.

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