Matin Première

"It’s a sin", un chef-d’œuvre poignant et lumineux sur les années SIDA à Londres

C’est un vrai évènement que la diffusion, sur Auvio dès le 3 mars prochain, de la série britannique "It’s a sin". Sa diffusion vient de se terminer sur la chaîne Channel 4 et elle a déjà battu des records de visionnages sur le web. Et c’est tout à fait justifié tant cette nouvelle série est un bijou. C’est Russel T Davies, le créateur de séries inoubliables comme "Queer as folk" ou "Years and years", qui est à la manœuvre. Après les affres du Brexit dans "Years and years", Davies change d’époque avec "It’s a sin" : la série débute en septembre 1981 et nous propose de suivre plusieurs jeunes hommes. La petite vingtaine, ils essaient de se trouver une place à Londres. Ils sont tous les trois gays et chacun gère comme il peut ses relations familiales, avant de se recomposer une famille, choisie cette fois. "It’s a sin", c’est l’histoire d’une génération sacrifiée, celle de ces jeunes hommes qui disparaissaient les uns après les autres, atteints, disait-on à l’époque d’une pneumonie, d’un cancer, alors qu’il s’agissait évidemment du SIDA. Une maladie inconnue à l’époque. On ne sait que faire, on pense alors que le SIDA se transmet par contact, il y a donc des scènes assez surréalistes, vous verrez, avec des gants, des masques, c’est horrible. Par ailleurs, on parque littéralement les malades dans des salles où ils sont seuls, un texte de loi permet même leur détention au sein de l’hôpital. Bref, c’est assez affreux.

Et pourtant, malgré tout – c’est la patte Russel T Davies - une incroyable énergie se dégage d'"It’s a sin". On ne se doute pas de la puissance libératrice qui est celle qui irradie quand on peut être enfin soi-même, avec ses proches, accepté tel qu’on est, et cette puissance est magnifiquement exprimée par tous les personnages. La série est belle, colorée, plein de joie, de fêtes, de rires. Et il fallait bien ça, pour tenir le coup face aux drames irrémédiables qui arrivent, lorsque le SIDA frappe. L’histoire que nous raconte Russel T Davies, c’est la sienne, celle d’une génération dont les survivants, aujourd’hui, ont perdu tellement de proches, année après année. L’histoire est tragique, poignante, mais aussi lumineuse et tellement humaine. "It’s a sin" est à découvrir dès mercredi prochain, le 3 mars, sur Auvio dans le Series Corner. C’est un incontournable, et très certainement l’une des meilleures séries de l’année.

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