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Internet : quand passe-t-on à la diffamation sur les réseaux sociaux?

De la dénonciation nécessaire quand passe-t-on à la diffamation sur les réseaux sociaux?
De la dénonciation nécessaire quand passe-t-on à la diffamation sur les réseaux sociaux? - © TIZIANA FABI - AFP

Sale temps pour le vedettes à l’air des réseaux sociaux, leur pied d’estale s’érode et se brise…L'histoire récente de Roméo Elvis met en lumière la rapidité impressionnante avec laquelle les réactions peuvent s'enchaîner. L’oeil de Françoise Baré se penche sur la célébrité à l’heure d'un tribunal 2.0 qui juge aussi vite que l’éclair.

 

La célébrité se construit aussi vite qu’elle se déconstruit

 

De la vedette concentrons-nous sur le pied d’estale, construit avec le temps, patiemment élaboré par la renommée, la célébrité, les tours de chants des capitales aux villes de province faisait la vedette, les gazettes parisiennes croquaient les potins, la vedette avançait entourée d’une aura de dits et surtout de non dits.

Depuis l’emballement de l’industrie culturelle des années 50, la médiatisation, la célébrité se répand comme une traînée de pourdre il arrive, la vedette se voit propulsée sur un pied d’estale avec la fulgurance d’un lancé de fusée sur le pas de tir à Kourou. Le vedetariat se construit avec des méthodes de marketing parfois et puis le pied d’estale se brise

Le name and shame

Il y a aujourd’hui Twitter, Facebook mais aussi Instagram, la rapidité de l’éclair pour défaire une notoriété avec une cascade de conséquences. Les réseaux sociaux ont un effet bénéfique, ils agissent comme un levier inattendu pour mettre en lumière des problèmes de société, briser le silence, donner la parole à ceux et celles qui n’osent pas à ceux et celles qui pensent aussi que c’est la place publique et revenons à nos vedettes, il n’échappe donc pas à ce que l’on appelle le "name and shame", nommer désigner pour induire la honte.

Roméo Elvis mis en cause sur Instagram pour agression sexuelle.

Roméo Elvis est accusé d’agression sexuelle par une jeune fille, celle-ci diffuse des excuses du rappeur reçues en messages privés, une capture d’écran, la toile s’enflamme, et toujours sur ce nouveau théâtre la vedette s’excuse sur son compte, la vedette y perd de nombreuses plumes, ses contrats publicitaires mis à mal. Il n’est pas question de minimiser, de prendre parti, mais de regarder le mécanisme.

La justice 2.0

Les réseaux sociaux est-ce le lieu idéal pour la dénonciation ? En l’occurrence la justice, l’institution judiciaire n’a pas encore été saisie, mais le réseau se mue en tribunal 2.0 avec ses dérives, ses excès, son manque de contexte, sa polarisation. Comme si chaque utilisateur pouvait se faire justice soi-même. De la dénonciation nécessaire quand passe-t-on à la diffamation ? Très vite une fois de plus il est question du mécanisme ici pas question de dédouaner de soutenir, on parle bien du mécanisme de tribunal populaire 2.0.

La réponse aux vrais problèmes ne se trouvent pas sur les réseaux sociaux.

Réécouter l'oeil de Françoise Baré dans Matin Première!

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