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Football: Comment la géopolitique a-t-elle influencé l’organisation de l’Euro au fil du temps ?

Dès la fin de la semaine, c’est la grande fête du foot : l’euro débutera à Rome vendredi, les Diables c’est pour samedi, coup d’oeil sur la géopolitique de cet événement : car l’Euro, comme tous les grands événements sportifs, ce n’est pas que du football. 

1960 : Yougoslavie face à l’Union Soviétique

La première finale de l’histoire de l’Euro, qui s’appelait alors la coupe d’Europe des Nations, a eu lieu en 1960 à Paris entre deux pays qui n’existent plus aujourd’hui.


L’union soviétique, premier vainqueur de l’euro bat 2-1 la Yougoslavie après prolongations. Deux nations qui se décomposent au début des années 90 : les 15 républiques qui formaient l’union soviétique sont toutes devenues des Etats indépendants, pareil pour les 6 entités qui formaient la Yougoslavie. Une Yougoslavie qui fut deux fois finaliste à l’euro en 1960 donc et en 1968, joli palmarès et après sa dissolution, son héritière au plan footbalistique a été la Croatie, finaliste entre autres de la dernière coupe du monde.

Mais les autres entités qui formaient la Yougoslavie peuvent regretter le passé glorieux parce qu’une fois indépendant ils n’ont jamais brillé au firmament jusqu’à cette année en tout cas où pour la première fois sera présente en phase finale la Macédoine du Nord, qui faisait partie de la Yougoslavie sous le nom de Macédoine : elle est devenue Macédoine du Nord pour apaiser les Grecs qui ont une province du même nom.

L’union fait la force à l’Euro

L’Union soviétique, la Yougoslavie et la Tchécoslovaquie sont les pays de l’est qui ont marqué l’euro. Et depuis la chute du rideau de fer, à l’est pratiquement plus rien à signaler

On assiste à l’explosion de nouveaux pays, mais aucun de ceux-ci ne jouera plus les premiers rôles : illustration peut-être que notre devise nationale si souvent remise en question a peut-être un sens " l’union fait la force ". Jusqu’ici, l’adage semble se vérifier : parmi ces nouveaux pays qui suivent la chute du rideau de fer, seule la Croatie on l’a dit peut soutenir la comparaison avec ces nations disparues. Cela peut sembler logique : ce sont de plus petits pays. Mais à l’Euro ce n’est pas qu’une question de taille : au palmarès, on trouve les Pays-Bas, la Grèce, le Portugal dernier vainqueur et aussi le Danemark en 1992. Ce dernier cas est d’ailleurs assez extraordinaire puisque le Danemark était venu remplacer au pied levé la Yougoslavie qui était en guerre et il l’a emporté à la surprise générale.
 

Des problèmes géopolitiques peuvent-ils influencent l’organisation de l’Euro ?

Cette année où sont présents la Russie et l’Ukraine : le tirage au sort a été organisé pour éviter de les placer dans le même groupe, en raison bien sûr de la tension entre les deux pays depuis l’annexion de la Crimée par Moscou et du conflit dans le Donbass entre l’armée ukrainienne et les séparatistes pro-russes.

Pas question de revivre ce à quoi les organisateurs de la compétition européenne ont dû faire face la première année : en 1960 le quart de finale doit opposer l’Espagne à l’URSS : le sang de Franco ne fait qu’un tour et le dictateur espagnol interdit à son équipe d’affronter la patrie du communisme.

Résultat : l’URSS gagne par forfait et finit, on l’a dit, par remporter la compétition. 4 ans plus tard, Franco change d’avis : il autorise l’Espagne à jouer en finale contre les soviétiques. Il fait bien puisque l’Espagne triomphe au stade Bernabeu de Madrid.

Et les Belges dans tout ça ?

On a tous encore en mémoire la terrible désillusion de Lille il y a 5 ans en quart de finale contre le Pays de Galles, nous avons terminé troisième et deuxième du tournoi.

En 1972, la phase finale a lieu en Belgique et les vedettes de l’époque s’appellent Paul Van Himst, Christian Piot et Wilfried Van Moer. La Belgique est troisième après avoir été battus en demi-finale par l’Allemagne. 8 ans plus tard, en 1980, victoire en Italie avec Jean-Marie Pfaff, Eric Gerets et Jan Ceulemans : les Belges éliminent l’Angleterre, l’Espagne et l’Italie et sont battus en finale face à l’Allemagne.

Petite précision : cette Allemagne-là n’était pas la même qu’aujourd’hui : on parlait de RFA pour la différencier de la RDA qui au plan footbalistique comme économique n’a jamais vraiment fait le poids face à son voisin de l’ouest.

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