Matin Première

" Et vous, ça va ? Les pieds au sec ? "

Et vous, ça va ? Depuis hier, cette question n’arrête pas de se répéter.

Et vous, ça va ? Pas d’inondation chez vous ? Vous n’avez pas dû évacuer ? Les pieds au sec ? "

La Belgique, la Wallonie surtout, a subi hier un tel déluge qu’on pourrait croire certains endroits du pays transformés en zone de guerre.

Population réfugiée sur les toits. Draps blancs aux fenêtres pour se signaler aux services de secours. Police qui patrouille pour enjoindre la population à évacuer les lieux.

Nous ne sommes pas à l’approche d’un typhon sur une île du Pacifique. Pas dans un Etat traversé par la mousson. C’est la Belgique. C’est aujourd’hui, ici, que nous assistons à ce déferlement de violence des éléments naturels.

Et c’est peut-être cela qui nous secoue tellement.

Que cela nous arrive, ici et à nous, population confortablement installée, plutôt prospère, sur son bout de terrain – la Belgique – normalement à l’abri des catastrophes naturelles.

Voir soudain nos voisins contraints de se réfugier à l’étage de leur habitation, avec bouteille d’eau, vivres et GSM – s’il reste de la batterie.

S’interdire de boire l’eau du robinet.

Arrêter de compter sur l’électricité.

Entendre notre Premier ministre déclencher le plan catastrophe.

Ici. Belgique. 2021.

De ce constat, peut naître une sidération. Habituellement, une fois passé le désespoir et la colère, vient l’habituelle recherche des fautifs.

Peut-être y’a-t-il eu des permis de bâtir octroyés en zones inondables.

Peut-être aurait-il fallu délester des barrages plus tôt, plus vite. En construire plus et les gérer mieux.

Peut-être. Sans doute des berges plus larges. Des digues plus hautes. Des bassins d’orage plus profonds.

Mais cela, les zones inondables, les vannes des écluses et les berges à construire, cela ne permettra pas d’enrayer la modification du climat.

De longue date, le GIEC nous alerte sur " la multiplication des évènements météorologiques extrêmes ".

Le Standaard propose que la montée des eaux soit un tournant.

L’Echo répond d’un calcul simple et glacial.

Agir pour contrer le dérèglement du climat. Cela coûtera des sous.

Ne pas agir nous coûte déjà des vies.

Et vous, ça va ? Les pieds au sec ?

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