Matin Première

Et si vos recherches Google permettaient de déterminer les futurs épicentres de l'épidémie ?

Analyser le passé, deviner le futur, grâce à Google Tendances on peut observer quels mots sont les plus recherchés à travers le monde. On dit de ces mots-clés qu’ils sont une sorte de miroir de la société, car ils reflètent les tendances et les questionnements de la population. Durant le confinement ces analyses du moteur de recherche ont révélé nos activités et nos préoccupations, mais à l’avenir ils pourraient également nous aider à prévenir à déterminer les futurs foyers de l’épidémie. Elisabeth Debourse a décodé la liste des mots-clés très "googlés" dans Matin première.

 

C’est quoi Google Trends ?

Google, la célèbre entreprise et son moteur de recherche sont dotés d’un outil d’analyse de mots-clés. Sur Google Trends — Google Tendances, en français — vous pouvez ainsi observer la récurrence d’une recherche à travers des semaines, des mois, et même des années. Ça se présente sous la forme de graphique et en général, c’est plutôt éloquent.


Certaines recherches sont constantes dans le temps : le mot " football " revient en force chaque année au moment des finales de championnats, le terme " iPhone " à chaque fois qu’un nouveau modèle du smartphone à la pomme sort et " porno ", et bien lui, est probablement l’un des mots-clefs les plus récurrents depuis que le monde est monde — ou plutôt, depuis qu’Internet est Internet.

 

Les recherches qui ont explosé pendant le lockdown

L’une des plus évidentes, c’est " Zoom ", du nom de l’outil de visioconférence qui a eu beaucoup de succès pendant le confinement. Pareil avec les recherches " gel hydroalcoolique ", " do it yourself " — le " faire soi-même " —, ou encore " exercice ", d’aérobic plutôt que de maths. La cuisine aussi, était au manifestement au centre de nos préoccupations : selon Google Trends, on a particulièrement cherché comment cuisiner des " cookies ", des " banana breads ", du " risotto " et des pâtes " carbonara ", puisqu’apparemment le monde entier, sauf les Italiens, continue de se demander s’il faut y mettre de la crème ou pas.
Mais tout ça, vous le savez : le confinement, vous y étiez.

Observer les mots-clés pour mieux anticiper

Google pourrait en revanche nous apprendre des choses, en cette période de pandémie, que nous ne savons pas encore.

Et ce sont des chercheurs d’une université londonienne, pas une cartomancienne, qui le disent. Peut-être qu’il vous arrive, quand vous souffrez de maux curieux, d’aller taper vos symptômes dans Google.

Récemment et sans surprise, c’était les pertes de goût et d’odorat, la toux sèche voire les difficultés respiratoires qui avaient la cote dans les mots-clés.

Pour les universitaires de la UCL en Angleterre, ces recherches pourraient nous permettre de prévoir des clusters du coronavirus, de nouveaux épicentres de la pandémie.


La méthode pourrait aussi aider à identifier les pays qui tricheraient sur leurs données officielles. Prenez l’Équateur. En avril, les chercheurs avaient constaté que si les chiffres de la propagation du virus y étaient élevés, ils restaient inférieurs à ceux de la plupart des pays d’Europe. Pourtant, le nombre de recherches comme " je n’ai plus d’odorat " était si énorme que les données officielles en devenaient suspectes.


La technique n’est pas nouvelle, puisqu’en 2009, un article publié dans la revue scientifique Nature expliquait comment des chercheurs avaient utilisé la récurrence des recherches Google pour observer les pics de grippe à travers le monde, et ce afin de prévenir de nouvelles épidémies.


Mais bon voilà, l’heure ne semble déjà plus à la prédiction d’une seconde vague.

Par contre, en cas de reconfinement, Google Trends pourra toujours nous servir à anticiper la prochaine tendance culinaire. Reste à savoir quand et donc à quelle saison, pour collecter au choix, ses recettes de café glacé ou de tarte à la patate douce.

Réécouter la chronique d’Elisabeth Debourse !

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