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Elections américaines : faut-il croire les sondages ?

Faut-il croire les sondages ? Il y a quatre ans, tout le monde annonçait la victoire d’Hillary Clinton et surprise, c’est Donald Trump qui l’avait emporté à la présidentielle américaine. Ces sondages sont-ils fiables ?

A moins de deux semaines des élections du 3 novembre, selon la moyenne des sondages du site RealClearPolitics, le démocrate Joe Biden devancerait le président républicain de 8.6 points au niveau national.

Mais attention, cela serait très significatif si les Américains élisaient directement leur président. Il y a 4 ans, Donald Trump a pu accéder à la Maison Blanche en décrochant la majorité des grands électeurs au niveau des Etats, sans remporter le vote populaire au niveau national. 

Aujourd’hui, 6 états pourraient faire basculer la victoire d’un côté ou de l’autre.

Les États pivots

Il y a des sondages pour chaque État pivot : Floride, Caroline du Nord, Arizona, Wisconsin, Pennsylvanie et Michigan.

Dans tous ces états, Joe Biden a l’avantage, même s’il est parfois dans la marge d’erreur. Cela va de +1,4 point en Floride à +7,2 dans le Michigan en passant par +3.7 en Pennsylvanie.

Quelles ont été les erreurs en 2016 ?

La légère avance au niveau national d’Hillary Clinton avait bien été analysée par les instituts de sondage, mais il y a eu un sacré bug et il a eu lieu dans certains États pivot du middle ouest qui ont voté pour Donald Trump.

Alors pourquoi ce bug ?

Et bien parce que les instituteurs sont une classe sous-représentée dans les échantillons les "personnes blanches sans diplôme universitaire".

Un groupe de personne qui s’est déplacé en masse pour mettre le bulletin Trump dans l’Urne.

Quelle évolution depuis 2016 ?

La plupart des instituts affirment qu’ils ont corrigé leur méthodologie pour ne pas revivre le bug de 2016.

Les Etats-clés peu sondés la dernière fois font aussi l’objet d’études beaucoup plus nombreuses et répétées.

Et puis deux choses importantes : la stabilité de l’électorat et moins d’indécision.

Il y a 4 ans, les courbes entre Trump et Clinton n’ont pas cessé de se croiser, aujourd’hui ce n’est plus le cas.

On note très très peu d’électeurs indécis (3%) et donc le résultat ne risque pas de changer au dernier moment.

Des incertitudes persistent

Donald Trump estime de son côté que les sondages se trompent comme ils se sont trompés la dernière fois.

Pourtant un institut de sondages proche des républicains, qui s’appelle Trafalgar Group avait repéré le vote pro-Trump il y a 4 ans. C’était quasiment le seul à sentir l’engouement et le seul à donner Donald Trump gagnant en Pennsylvanie et dans le Michigan.

Cette fois-ci, ce sondeur donne l’avantage à Joe Biden dans des Etats cruciaux comme la Pennsylvanie ou le Wisconsin.

Le New York Times a fait un calcul : même si les sondages actuels, Etat par Etat, se trompaient autant qu’il y a quatre ans, Joe Biden l’emporterait malgré tout largement.

Mais il y a quand même quelques incertitudes : quelle va être la dynamique dans la dernière ligne droite ? Quelle sera la mobilisation des électeurs qui ne se déplace jamais et puis enfin, quel sera l’impact de la pandémie sur le scrutin ? Ce que l’on sait déjà, c’est que le vote anticipé a un succès incroyable…

Plus de 35 millions d’Américains se sont déjà exprimés et eux, ils ne risquent plus de changer d’avis.

Alors faut-il se fier aux sondages ?

"Imaginez, le moment le plus important de votre vie, disons votre mariage, vous voulez montrer le meilleur à toute votre famille et vous achetez un magnifique costume.

Et au moment de l’échange de consentements, patatra, votre pantalon mal taillé se déchire et laisse voir vos fesses à l’ensemble de vos proches. Humiliation dont vous aurez du mal à vous remettre."

Eh bien c’est un peu ce qu’ont vécu les sondeurs il y a 4 ans, mais une humiliation mondiale, au moment le plus important de leur calendrier. Ils ne pouvaient pas rester sans réagir parce qu’ils ont de la fierté, de l’amour-propre, que le business en dépend.

Ils ont investi des millions pour ne pas tomber dans le même piège qu’il y a 4 ans.

 

 

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