Matin Première

Culture : 8 mois d'une catastrophe sociale, de galère, et d'invisibilisation

Les salles de concert sont fermées pour beaucoup, jauge réduite pour celles qui accueillent du public assis et une chose est sûre, c’est tout un secteur qui est au bord du gouffre.

Fini les moments suspendus

L’absence depuis mars d’une grande salle souvent surchauffée, une soirée entre amis, en transe à l’écoute de l’idole, du groupe mythique d’outre atlantique, chef d’orchestre ou d’un chœur ou d’un violoniste envoûtant a laissé un trou béant.

Fini ces moments suspendus, intenses de ceux qui forgent les souvenirs d’une vie quand on est adolescents.

Il n’y a pas eu ou à peine de concerts, pas de festivals ; 8 mois avec tout de même des protocoles sanitaires strictes pour des concerts à jauge très réduites 200 personnes en intérieur assises, distance entre les spectateurs et port du masque.

8 mois d’une catastrophe sociale pour toutes les femmes et les hommes qui forment ce secteur, de l'ouvreuse au technicien en passant par les attachés de presse jusqu'aux musiciens.  

8 mois de galère et d’une invisibilisation.

Une véritable dégringolade économique

Aujourd’hui, il suffit de se promener sur les sites des grandes salles de chez nous. 

On ne compte plus les annulations et les reports au mieux au printemps, au pire en 2022. Souchon, Vianney pour en citer deux.  Des agendas de salles qui surchauffent pour cause d’embouteillage. Difficile de trouver des dates libres pour placer un concert. Certains organisateurs refroidis, découragés renoncent carrément. Il faut ajouter la crainte d'un embouteillage d'albums, tous ceux reportés. 

Des chiffres, une étude rend compte de la situation, de cette dégringolade économique.

Live DMA regroupe 2600 salles de concert dans 16 pays européens, un seul réseau :  il indique près de 70% de baisse du nombre de dates et de représentations artistiques.

La perte globale de revenus estimés à 1 milliard 200 millions.

284.000 concerts en moins ou événements musicaux, 664.000 représentations artistiques en moins , 53 millions d’entrée en moins et 369 millions d’euros de moins que prévu en frais artistique de diffusion musicale dont la plupart sont des cachets d’artistes.

Une situation qui est d’autant plus problématique pour les musiciens quand on sait que le live le concert les tournées font désormais mieux vivre les musiciens.

Les ventes de disques ou l’écoute en streaming ne rapportent pas vraiment.

D’ailleurs depuis mars la vente de musique physique a chuté. Un chiffre trouvé pour la France en exemple.

Une perte de 200 millions y compris pour les reports de sortie de cd.

Il faut ajouter à cela les lourdes pertes de droits d’auteurs,  les petites salles sont au bord de la faillite, certaines ne rouvriront pas; que dire de la musique émergente , de ces petits groupes qui s'essayent qui tentent de se faire remarquer,  la créativité bouillonnante du secteur ne peut plus se faire entendre.

Dans ce contexte avec les chiffres cités , c’est la bérézina. Le modèle économique ultra-libérale peut-il tenir, comment peut- il évoluer en effaçant ce qui déjà dysfonctionnait ?

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