Matin Première

D'où vient la peur que le vaccin soit source d'autres maladies ?

Les antivaccins ont affirmé que le vaccin provoquait d’autres maladies. A tel point que certaines personnes finissent par craindre ce procédé. Et si cette peur provenait des origines de la vaccination, de son histoire et n’avait actuellement, plus aucune raison d’exister ? Si scientifiquement la crainte du vaccin n'est désormais plus justifiée, on peut par contre trouver son origine dans son histoire. Cécile Poss nous propose la série " Vaccin " dans la séquence "Eurêka c’est l’été".

La vaccination de bras à bras

Au XVIIIe siècle, afin de se prémunir de la variole qui décimait la population, certains médecins pratiquaient l’inoculation. Cela consistait à prélever du pus de variole sur un sujet malade et à l’injecter chez une personne saine. Ce procédé a causé de nombreux morts de la variole.

Vers la fin du siècle, Jenner se rend compte que la vaccine, la variole bovine, immunise les hommes de la variole. Pour cela, on prélève du pus de variole bovine sur une vache, on l’inocule à un sujet sain qui peut alors faire l’une ou l’autre pustule.

De ce bouton, on prélève le pus et on l’injecte à une autre personne. C’est la vaccination de bras à bras. Sans hygiène. Ni désinfectant. Les hommes sont donc protégés de la variole mais ils se transmettent d’autres maladies comme la syphilis.

L’histoire de la vaccination connaît d’autres accidents

Au cours du XXe siècle, alors que les vaccins sont produits en grande quantité et que leur efficacité est reconnue, certains modes de conservation ou de fabrication ont été défaillants et à l’origine de drames humains. C’est le cas en 1941. Une campagne de vaccination est organisée contre la fièvre jaune. Mais le vaccin est contaminé par l’hépatite B. L’exemple le plus frappant est peut-être celui du vaccin Salk contre la polio, dans les années 50.  Le laboratoire Cutter a mal inactivé le virus de la poliomyélite. Résultats, de nombreux malades et décès.

Ces accidents ont été reconnus scientifiquement et relié au vaccin lui-même.

L'accroissement de la pharmacovigilance

Le point positif de ces drames est l’accroissement de a pharmacovigilance. De plus, un accident de ce genre actuellement, ferait perdre des milliards aux sociétés pharmaceutiques qui produisent ces vaccins et ruinerait leur réputation. Ils n’ont, en quelques sortes, pas droit à l’erreur.

La crainte des maladies causées par le vaccin

Actuellement, les antivaccins affirment que certaines maladies sont les conséquences de certains vaccins. Et même si le corps médical et scientifique ont prouvé les contraire, les craintes semblent persister chez une partie de la population.

Les antivaccins ont donc affirmé que le vaccin ROR (Rougeole-oreillons-rubéole) causait l’autisme. Cette théorie est elle-même reprise par le Dr anglais Andrew Wakefield qui publie un article dans The Lancet en 1998. 10 ans plus tard, la supercherie est révélée. Le Dr Wakefield a été payé plus de 700 000 dollars par un avocat mandaté pour un recours collectif contre le fabricant du ROR. Il y avait aussi un conflit d’intérêt car Andrew Wakefield souhaitait mettre au point son propre vaccin ROR. Il a alors manipulé et falsifié les noms, les données et les résultats. Il s’agit-là d’une des plus grandes fraudes scientifiques. En 2008, l’article est retiré du The Lancet. Wakefield est radié de l’ordre des médecins anglais.

Pourtant les craintes sont encore là. Certains parents hésitent à faire vacciner leurs enfants. La rougeole est en recrudescence.

 

 


Les vaccins épisode 1 – Le complot

Les vaccins épisode 2 - L'empoisonnement

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK