Matin Première

Covid-19 : véritable course contre la montre en Tunisie

Depuis plusieurs jours, la Tunisie pleure Bouthaina, une jeune fille de 18 ans, originaire de la ville de Sousse décédée du covid. La mort de la jeune fille a suscité une énorme émotion chez les Tunisiens et une vague de compassion incroyable sur la toile. Son décès s’ajoute en fait, à la très longue liste des victimes de la pandémie en Tunisie. Un décès qui résume assez bien la situation dans un pays qui nous est si proche.

 

Vendredi dernier, Bouthaina apprend la plus belle des nouvelles pour une jeune fille de son âge. Ses efforts ont payé, elle a obtenu le baccalauréat.

En Tunisie, la situation économique ne permet pas trop de faire de trop grand rêve pour son avenir, mais voilà, le bac en poche, Bouthaina peut envisager des études supérieures, un futur métier.
Mais voilà, la vie de la lauréate qui a l’avenir devant elle a basculé, elle qui n’a jamais souffert d’aucune maladie chronique ressent des problèmes pour respirer.

Elle se retrouve alors hospitalisée et dimanche, deux jours après avoir été diplômée, le chef du service des urgences de l’hôpital de Sousse ne peut que confirmer le décès des suites du covid.

Deux jours après avoir appris qu’elle avait réussi son baccalauréat, Bouthaina a donc succombé à un arrêt cardiorespiratoire, suite à une atteinte de 75% de son champ pulmonaire.

 

Quelle est la situation de la pandémie en Tunisie ?

 

Le pays vit depuis un mois une inquiétante recrudescence de cas de Covid. Les chiffres sont en train de s’emballer, avec près d’une centaine de morts par jour et plus de 15.000 décès depuis le début de la pandémie, sans compter l’apparition de 44 cas du variant Delta et deux cas du variant nigérian.

Dans un pays bien équipé, cette augmentation pourrait être absorbée, mais en Tunisie les hôpitaux sont plus que sous tension.

Le taux d’occupation des lits de réanimation est de 89%,

celui des lits à oxygène de 95%.

Du coup la tension monte dans les hôpitaux tunisiens. Les hôpitaux sont débordés ils sont sous une pression sans précédent. Le pays manque aussi de concentrateurs d’oxygène malgré l’importation d’oxygène d’Algérie et de nombreux dons de la part de pays européens.


En plus des 165 concentrateurs de 10 litres déjà donnés par l’OMS, les autorités en auraient besoin de 1500 supplémentaires.

Selon le chef du Samu de Tunis interrogé par nos confrères du site d’information en ligne Médiapart, le problème, c’est que la Tunisie n’a pas eu de nouvelle vague, c’est la même vague depuis six mois qui ne se stabilise pas, avec des pics relativement élevés.

 

Comment réagit le gouvernement Tunisien ?

La porte-parole du Comité scientifique de lutte contre le coronavirus, fait état d’un "relâchement total pour expliquer le phénomène".

Elle évoque un non-respect des gestes barrières, de la distanciation sociale et du port du masque pendant les déplacements. Pour elle, la responsabilité est "partagée", elle accuse les autorités de faillir à leur mission de contrôle.

Mohamed Ghodhbani, directeur régional de la Santé à Sousse est, lui, assez pessimiste et explique qu’en ce qui concerne la situation pandémique dans le Gouvernorat de Sousse, il s’agit d’une véritable course contre la montre.

Si la situation s’allège et que le nombre de cas diminue. Ça va de soi que nous arrêterons le confinement. Mais si la situation demeure comme elle est, il est possible que le confinement s’allonge." 

Selon lui, il faut intensifier les efforts afin de vacciner les citoyens le plus rapidement.

 

La vaccination trop lente pour endiguer le virus


Mais ce n’est pas si facile, sur les 14 millions de doses commandées par la Tunisie, plus de deux millions seulement sont arrivées. Seulement 5% de la population a reçu ses deux doses d’injection.

Alors des mesures de confinement partielles sont mises en place un peu partout, mais le gouvernement ne peut pas se permettre plus de restrictions. La population vivant surtout de l’économie informelle, la situation économique et sociale du pays ne le permet pas.

Alors que la situation semble se normaliser chez nous, le cas Tunisien nous prouve à quel point nous devons rester sur nos gardes.

 

Réécouter l’œil de Mehdi Khelfat dans Matin Première !

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK