Matin Première

Coronavirus : quand les marques font du masketing

Coronavirus : quand les marques font du masketing
4 images
Coronavirus : quand les marques font du masketing - © YORICK JANSENS - BELGA

Crise sanitaire oblige, le masque se porte désormais au quotidien. Il n’en aura pas fallu beaucoup plus pour que les marques s’emparent de cet accessoire sanitaire et en fassent un objet promotionnel redoutable. C’est par exemple le cas des clubs de foot qui proposent à leurs supporters d’exhiber les couleurs de leurs équipes dans les magasins, à défaut de pouvoir se rendre au stade pour le moment. Frédéric Brébant s’est penché sur cette nouvelle tendance du masketing, joli néologisme démontrant le vif intérêt des publicitaires pour cette protection fraîchement indispensable.

Un accessoire de mode

Bien malgré lui, le masque de protection est devenu un accessoire de mode que les marques tentent aujourd’hui de s’approprier. L’évolution de la tendance est nettement remarquable dans les rues : d’un morceau de papier blanc, neutre, chirurgical, les promeneurs sont passés à un style plus ludique, en tissu, avec des couleurs et des motifs. Les créateurs et chaînes de prêt-à-porter participent à ce mouvement et depuis peu, des magasins comme JBC ont développé leur propre collection de masques buccaux pour toute la famille. Le géant Disney s’est également lancé dans l’exploitation de ses héroïnes en proposant les museaux de Mickey, Winnie l’ourson ou encore Bébé Yoda.

Des marques créent la surprise

D’autres sociétés plus insolites ont décidé de commercialiser leurs propres masques, de façon parfois inattendue. Le fabricant de jouets Playmobil a créé la surprise en mettant en vente un masque réutilisable en plastique, le matériau de ses célèbres figurines, avec filtres interchangeables et à livrer dans plusieurs pays. Michelin, le spécialiste du pneu, a pour projet de produire un million d’exemplaires de sa protection buccale personnelle. En Belgique, la marque de montres Ice-Watch a démarré un nouveau label, Ice-Health, pour la distribution de masques chirurgicaux. Son patron, Jean-Pierre Ludgen, affirme avoir voulu répondre à la pénurie qui faisait rage dans notre pays, mais, au-delà de l’acte citoyen, ce masketing est un excellent moyen de faire parler d’une société et d’augmenter son capital sympathie.

Ce n’est que le début

Les entreprises commencent à prendre pleinement conscience du potentiel promotionnel de ce nouvel accessoire, et ce n’est sans doute que le début. Elles sont obligées de protéger leurs employés sur le lieu de travail et plutôt que de leur fournir chaque jour des masques en papier jetables, elles préfèrent leur mettre à disposition des masques en tissu personnalisés. Certaines sociétés spécialisées dans les gadgets publicitaires ou les cadeaux d’affaires proposent aujourd’hui d’y insérer les logos de marques. Delhaize et Belfius ont déjà fait fabriquer ce type de protection et l’ont distribuée à leurs collaborateurs, mais ils pourraient aussi en offrir à leurs clients. C’est une façon originale d’augmenter sa visibilité sur le marché puisque ce nouveau support s’est imposé de force dans notre quotidien. Bienvenue dans l’ère du masketing !

Réécoutez cette séquence dans Matin Première !