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Confinement : vers qui se tourner en cas de déprime ?

Confinement : vers qui vous tourner en cas de déprime ?
Confinement : vers qui vous tourner en cas de déprime ? - © Photo by Pavan Trikutam on Unsplash

Depuis le début du confinement, les numéros d’écoute sont encore plus sollicités que d’habitude : parents épuisés, personnes seules ou simplement angoissées par le contexte actuel, nombreux sont ceux qui ressentent le besoin de partager leurs difficultés. Différents numéros existent pour cela : le 107 (Télé-Accueil) et le 0471/414 333 (S.O.S Parents) par exemple.

Les mêmes personnes appellent-elles plus que d’habitude ? Comment ça se passe pour les bénévoles en ce moment ? Comment offrir une bonne écoute à une personne en souffrance ? Hélène Maquet a posé ces questions à Pascal Kayaert, directeur du centre de Télé-accueil Bruxelles.

Des appels d’une autre nature ?

Certaines personnes appellent en lien direct avec la crise sanitaire pour témoigner de leurs difficultés et de leur ébranlement, parce que les points de repères habituels sont bouleversés. " Et puis il y a bon nombre d'appels aussi qui fondamentalement ne changent pas mais qui ont une autre intensité " ajoute Pascal Kayaert, le directeur du centre de Télé-accueil de Bruxelles : " une chose qu'on peut dire aujourd'hui, c'est que les gens habituellement seuls sont encore plus seuls. Les gens qui sont traversés par des difficultés ou des angoisses, aujourd'hui débordent d'angoisse. Les gens qui sont un peu perdus le sont encore un petit peu plus et donc je dirais que cette crise ou exacerbe les sentiments et les difficultés de vivre, ou alors touche aussi d'autres personnes qui habituellement ont des ressources ailleurs ".

Une situation particulière pour les bénévoles

Comme tous les citoyens, les bénévoles qui accueillent par téléphone tous les appelants sont eux aussi touchés par cette crise : parce qu’ils sont confinés ou éprouvent la crainte d’être contaminés. " Tout l'enjeu et tout leur art, c'est de pouvoir, au moment des appels et de leur permanence, se décaler de leurs propres questions pour pouvoir se centrer sur ceux et celles qui appellent " explique Pascal Kayaert. Plus que tout, c’est donc la présence entière à l’autre qui fait la valeur de l’écoute.

L’occasion de se décharger et de recevoir des conseils

Françoise, confinée seule avec sa fille de 2 ans et demi, se décide à former le numéro de SOS Parents qu’elle avait noté sur le coin d’un post-it. La ligne a été créée peu après le début du confinement par Isabelle Roskam et Moïra Mikolajczak, deux spécialistes du burn-out parental à l'UCLouvain. Pendant 40 minutes, Françoise parlera à quelqu’un " qui m’a écoutée, qui a compris, qui a posé des bonnes questions que je ne me serais pas posées, que mon entourage ne m’aurait pas posées ". L’occasion de se décharger mais aussi de recevoir des conseils : " les trucs et astuces que cette personne m’a donnés, j’ai pu les mettre en place (…) Ce sont des petites choses mais sur une journée, il y a eu une amélioration ". Le témoignage de cette mère en est un parmi tant d’autres qui dans le fond expriment une chose : certains d’entre nous ne vont pas bien.

Comment recevoir au mieux la détresse d’un proche ?

Nous sommes tous susceptibles d’être confrontés à la peine ou la confusion de nos proches. Comment les soutenir quand on ne sait pas toujours quoi dire ? Très simplement, répondre à une sollicitation ou aller de soi-même vers l'autre, par un appel ou un message fait beaucoup, c’est l’affirmation d’une présence qui est essentielle. Les initiatives solidaires sont aussi importantes pour l’aide concrète qu’elles apportent (courses, repas) que pour ce qu’elles expriment : " je vois tes difficultés et je suis là ". L'exemple de Françoise qui a appelé SOS Parents et s'est sentie comprise en est une illustration : être compris, explique Pascal Kayaert, c'est être pris en compte. En fait, " Un des enjeux principaux lorsque quelqu'un adresse une question est d'être plus centré sur la personne qui adresse la question que sur le contenu de la question ".

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