Matin Première

Comment se passera le déconfinement ?

Comment se passera le déconfinement ?
Comment se passera le déconfinement ? - © Jan Tinneberg - Unsplash

Un jour, nous finirons par sortir de ce confinement. Dès lors, que va-t-il se passer ? Comment allons-nous procéder ? La question est encore prématurée puisqu’à l’heure actuelle, il est impossible d’en prédire la date exacte et la situation est susceptible d’être prolongée. Avant d’imaginer un retour à la normale, la courbe du nombre de cas doit atteindre son pic et se stabiliser pour ensuite redescendre. Cependant, les gouvernements commencent déjà à réfléchir au déconfinement qui devra être extrêmement bien préparé.

La situation italienne

En Italie, un des pays du monde les plus touchés par le Coronavirus, le confinement est très strict et en vigueur jusqu’à la fin des vacances de Pâques. Toutefois, l’épidémie commence à montrer quelques signes de ralentissement et le gouvernement italien considère sérieusement le redémarrage graduel des activités. Certaines régions plus affectées comme la Lombardie attendront certainement plusieurs semaines avant d’envisager une réouverture. Ce seront les entreprises et les industries qui se remettront les premières en marche et des discussions avec les syndicats sont en cours pour savoir si les ouvriers et employés seront ou non munis de masques de protection. Ensuite, ce sera le tour des commerces sans contact direct avec la clientèle (réparateurs, fabricants d’objets à domicile). Viendront après les magasins dans lesquels les clients sont en contact avec les vendeurs, ainsi que les coiffeurs et esthéticiennes. Enfin, seulement, les bars et les restaurants, pas avant la mi-mai.

Les citoyens ne retrouveront néanmoins pas tout de suite leur vie d’avant étant donné que des mesures de distanciation sociale seront encore en vigueur pendant quelques temps. Dans les cafés et les restaurants, les clients devront être séparés de plusieurs tables. Pour amorcer le déconfinement, les autorités réfléchissent à ne faire sortir que les jeunes de moins de 65 ans dans un premier temps, tandis que les personnes plus âgées et donc plus fragiles devront encore attendre. Les experts prônent également une phase massive de tests afin de savoir qui a développé des anticorps et remettre ces citoyens-là au travail avant les autres. Concernant les écoles et universités, il y a de grandes chances que les cours ne reprennent qu’en septembre, à l’exception des jeunes qui passent leur bac au mois de juin.

La situation belge

Il est encore trop tôt pour estimer si la fin du confinement se déroulera comme elle est prévue en Italie, mais elle sera assurément progressive. En début de semaine, Nathalie Muylle, Ministre fédérale de l’Économie et de l’Emploi, affirmait à titre personnel que le scénario serait comparable au déconfinement italien, excepté en ce qui concerne les écoles qu’elle estime devoir rouvrir en premier lieu. Une chose est sûre : les bars, restaurants et événements tels que les festivals de l’été seront les derniers à reprendre leur activité et le fantasme de la grande fête du déconfinement se verra reporté. Le plus compliqué sera sans doute de coordonner fédéral et entités fédérées dans la reprise. Valérie Glatigny, Ministre de l’Enseignement supérieur, a quant à elle évoqué l’idée de prolonger l’année académique jusqu’au mois de juillet pour organiser les examens. Beaucoup d’étudiants attendent en effet d’être diplômés et cela a d’autant plus d’importance pour les métiers en pénurie (infirmiers, enseignants,…). L’initiative inspirera peut-être les écoles primaires et secondaires dont les élèves auront aussi des problèmes de certification, même si les professeurs ont déjà manifesté leur opposition au prolongement de l’année scolaire.

Le plus important sera de s’assurer que le virus cesse de se propager pour éviter une seconde épidémie. S’il fallait remettre en place un nouveau confinement, cela serait désastreux socialement, moralement et économiquement. Ce déconfinement devra donc être minutieusement préparé et, comme en Italie, de nombreux experts plaident pour l’organisation d’une phase de tests à grande échelle. Une telle opération est cependant très compliquée à mettre en place et il faudra peut-être envisager la possibilité d’un prolongement de la situation actuelle.

(Ré)écoutez la séquence de l'invité actu avec Pierre Marlet et Valérie Dupont