Matin Première

Comment le mariage de Grace Kelly et Rainier III a sauvé Monaco

Le 19 avril 1956, Rainier III épousait Grace Kelly. Un mariage présenté à l’époque comme le mariage du siècle et pour cause puisqu’il unissait un prince et une star de Hollywood.

Le moment glamour par excellence

Ce jour-là il y a foule aux alentours de la cathédrale de Monaco pour apercevoir les mariés : Rainier 3 épouse Grace Kelly. Sa robe entre alors dans l’Histoire : offerte par la Metro Goldwyn Meyer et conçue par sa costumière Helen Rose : taffetas de soie, tulle, dentelle de Bruxelles.

Selon les spécialistes elle aurait influencé directement la robe de mariée de Kate Middleton plus d’un demi-siècle plus tard.

Grace Kelly ne pouvait pas se louper dans ce moment glamour qui attira la presse du monde entier pour cet événement hors normes retransmis bien sûr en direct à la télé.

Une histoire digne d’un conté de fée

Ce mariage est emblématique parce qu’il réunit tous les ingrédients de ce qui attire la presse people.

Grace Kelly c’est une des stars d’Hollywood les plus en vogue de l’époque, elle vient de recevoir un Oscar l’année précédente, elle est l’actrice fétiche d’Alfred Hitchcock qui révèle sa sensualité derrière une froideur apparente.

Ensuite, elle a une réputation un peu sulfureuse en raison de ses relations sentimentales avec d’autres célébrités comme Bing Crosby ou le couturier de Jackie Kennedy.

Enfin il y a l’aspect romantique de sa rencontre avec le prince Rainier lors d’un festival de Cannes. Prince pour lequel elle va donc abandonner sa carrière cinématographique au faîte de sa gloire.

D’un coup de baguette magique, voilà que Grace Kelly devient Grâce de Monaco. C’est digne d’un conte de fée à la Walt Disney, " un jour mon prince viendra ", difficile de faire plus glamour ; le mariage du 19 avril 1956 donnera donc lieu à une frénésie médiatique hors normes.

Et pour la principauté de Monaco cela tombe à pic. On prête ainsi cette phrase à Onassis :

Pour sauver Monaco et le tourisme, il n’y a qu’un mariage du prince avec Marilyn Monroe ou Grâce Kelly.

Un mariage profitable pour la principauté de Monaco

Aristote Onassis qui était devenu à l’époque le principal actionnaire de la société des bains de mer qui gère notamment le célèbre casino de la principauté.

Tout un symbole car l’économie du rocher repose précisément sur la vie mondaine, les paillettes, le glamour, la jet-set.

A cet égard, le mariage entre le prince et la star hollywoodienne est un coup de maître et va relancer l’attractivité de la principauté. Un peu trop d’ailleurs aux yeux de la France du général De Gaulle agacé de voir Monaco attirer de nombreuses entreprises et de riches résidents attirés par le fameux 0% d’impôts. Et oui l’évasion fiscale ça ne date pas d’hier.

Alors le général se fâche et en 1962 il envoie une escouade de douaniers et de gendarmes autour du rocher.

Résultat : embouteillages monstres et panique à Monaco où on craint que la France ne coupe l’eau, le gaz et l’électricité. Il se murmure même que le général est prêt à envoyer les chars.

Mais très vite, la raison l’emporte et on négocie avec pour principale conséquence que les Français vivant à Monaco seront soumis à l’impôt en France. On rappelle que ce n’est pas le cas pour les résidents belges à condition qu’ils y résident réellement car les fausses domiciliations monégasques sont précisément dans le collimateur du fisc belge.

Monaco, un paradis fiscal

Monaco, royaume ou plutôt principauté de pacotille et paradis fiscal, voilà qui nous amène à la particularité de ces micro-Etats.

On en dénombre 4 en Europe : Monaco, Andorre, le Liechtenstein et Saint Marin.

Andorre est le plus grand d’entre eux avec 460 kilomètres carrés, à comparer aux 2 kilomètres carrés de Monaco. Point commun de ces Etats : il semble issu tout droit du Moyen-Age, ayant échappé à l’absorption par les grands Etats-nations qui se sont constitués au cours du temps.

Leur viabilité économique ne repose évidemment pas sur leur secteur agroalimentaire ou leur industrie mais uniquement sur les services : il y a bien sûr les touristes attirés par l’aspect folklorique de l’infiniment petit mais il y a aussi et surtout tout ce qui tourne autour de la fiscalité. La principauté monégasque en est le résumé absolu.

D’abord la légende : la dynastie des Grimaldi remonte à 1297, ensuite la roue de la fortune avec la roulette du casino, créé en 1863 au moment où les casinos étaient interdits en France et en Italie ; enfin la brique avec ces tours construites récemment pour accueillir tous ceux qui sont attirés par le climat agréable ont-ils coutume de dire mais on sait que les charmes de Monaco sont surtout d’ordre fiscal.

 

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