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Comment évaluer son risque d'exposition au coronavirus ?

Comment évaluer son risque d’exposition au coronavirus ?
Comment évaluer son risque d’exposition au coronavirus ? - © MLADEN ANTONOV - AFP

En Chine, où le coronavirus a déjà fait des centaines de victimes, une application mobile a été développée pour permettre aux citoyens d’évaluer leur risque d’exposition au Coronavirus. Elle vous informe ainsi si vous avez été en contact avec des personnes porteuses du virus. Gilles Quoistiaux se penche sur l’utilité et les enjeux de cette technologie futuriste.

Détecteur de contacts

L’application mobile a été développée par l’administration chinoise et une entreprise publique active dans les nouvelles technologies. Malheureusement, elle ne pourra pas prémunir du coronavirus en tant que tel, mais servira comme sorte de détecteur de contacts en indiquant si vous avez été proche d’une personne à risque ou porteuse du virus. Pour cela, les utilisateurs doivent s’enregistrer en donnant leur nom et numéro de carte d’identité. Ces informations sont ensuite croisées avec des données de santé et de transport. L’application vous signalera par exemple si vous avez été en contact avec un membre du personnel soignant qui a lui-même été en contact avec des malades ou si vous avez voyagé dans le même avion que des porteurs du virus. Le degré de précision de l’application est d’une fiabilité approximative : lorsqu’il s’agit de contagion possible dans un avion, le risque existerait pour les personnes assises jusqu’à trois rangées de vous. Aucun danger, donc, pour les passagers installés quatre sièges plus loin. À côté de cela, si vous vous trouvez dans un train avec air conditionné, tous les voyageurs seraient en état d’attraper le coronavirus. Sans grande surprise, c’est la même chose pour les cohabitants vivant sous le même toit.

Quid de la vie privée ?

Ce genre d’application pose évidemment des questions de respect de la vie privée. Rappelons qu’en Chine, le niveau de surveillance numérique est assez élevé et que la notion de protection des données personnelles est relative. En Europe, une telle technologie pourrait plus difficilement voir le jour, sauf peut-être si l’épidémie devenait incontrôlable et que la panique gagnait tous les citoyens. Ces procédés restent malgré tout inquiétants puisque les données de santé sont ultra-sensibles et les partager, les croiser, s’avère vite dangereux.

Un vent de paranoïa

Dès lors, il existe deux risques majeurs à une application détectrice de contacts infectieux. Tout d’abord, dans certains cas, il sera possible d’identifier formellement la personne malade. Si l’application indique à un individu qu’il vit dans le même immeuble qu’une personne porteuse du virus, et qu’il n’y a que deux appartements dans ledit immeuble, les relations entre voisins en deviendront délicates.  Le second risque serait de provoquer la suspicion dans l’entourage proche ou dans le milieu professionnel. Si l’application informe à une série de collègues qu’un malade est présent dans l’open space, l’ambiance sera plutôt tendue au boulot. Et si la technologie rencontre un certain succès, cela pourrait même induire un vrai mouvement de panique au sein de la population.

(Ré)écoutez la chronique de Gilles Quoistiaux dans Matin Première !

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