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Blake & Mortimer : les 75 ans valaient bien un podcast

75 ans après leur création, Blake & Mortimer continuent de vivre sous la plume de plusieurs équipes de scénaristes et de dessinateurs. Ils font partie des séries de bande dessinées les plus vendues. Ce succès doit évidemment beaucoup à la série originale. Originale, elle l’est par son propos, sa forme et son créateur, Edgar P. Jacobs.

 

Le 26 septembre 1946 paraît le numéro 1 du Journal Tintin. Edgar Jacobs y fait ses premiers pas réels en bande dessinée. Son tout premier récit, il l’a dessiné pendant la guerre dans le magazine Bravo !, c’est Le Rayon " U ".

Mais ce récit ne comptait aucun phylactère et respectait peu le langage de la bande dessinée. Devenu entre-temps l’assistant d’Hergé, Jacobs a eu l’occasion de soulever le capot des histoires de Tintin. Et de comprendre ce langage. Il assiste Hergé sur les décors du Temple du Soleil, publié dans le journal dès ce premier numéro.

On le retrouve aussi comme illustrateur de La Guerre des mondes, le roman de H.G. Wells. Mais c’est surtout sa propre histoire, occupant la dernière page du journal, qui va le rendre célèbre.

 

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© Tous droits réservés

Un peu plus d’un an après Hiroshima, dans ce magazine dédié à la jeunesse, Edgar Jacobs n’hésite pas à semer la peur. Son histoire commence par une apocalypse du monde " libre ". Face à la suprématie militaire du dictateur Basam-Damdu dont le Q.G. est basé à Lhassa, au Tibet, des capitales comme Rome, Paris ou Londres ont été rayées de la carte en un clin d’œil.

La Troisième Guerre mondiale est en cours. Et pour sauver le Royaume-Uni, mais aussi ses alliés, deux hommes planchent sur une arme redoutable. Ces deux hommes, ce sont le Capitaine Blake, du MI5, le contre-espionnage britannique, et son ami le Professeur Mortimer, un scientifique de génie. Il est sur le point de réussir la création d’un engin triphibie : l’Espadon.

Une sorte d’avion à réaction capable d’évoluer également sous la mer. Pendant trois ans, Jacobs va tenir ses lecteurs en haleine avec cette première histoire.

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© Editions Blake & Mortimer/Studio Jacobs (Dargaud-Lombard s.a.), 2021

75 ans plus tard, Le Dernier Espadon, écrit par Jean Van Hamme et dessiné par le duo néerlandais formé par Teun Berserik et Peter Van Dongen donne une suite à ce premier Blake & Mortimer.

Et l’on se prend au jeu de relire l’histoire originale, écrite et dessinée de 1946 à 1949. Comme toutes celles que Jacobs a signées, elle révèle un créateur d’un génie inégalé. Hergé ne s’y était pas trompé. Il avait rapidement compris le parti qu’il pouvait tirer d’un homme comme Jacobs. Mais n’avait pas réussi à le conserver comme assistant. À plus de quarante ans, Edgar voulait voler de ses propres ailes et n’avait plus vraiment le temps d’attendre pour y arriver.

Voyant que ses histoires plaisaient aux lecteurs du journal, il allait s’investir de plus en plus dans leur minutieuse préparation, accumulant pour chaque récit de Blake & Mortimer une imposante documentation mais aussi une correspondance soutenue avec de nombreux scientifiques, approchés pour comprendre les grands enjeux qu’il voulait pointer dans sa série.

Ce mode de fonctionnement, allié à un sens de la mise en scène unique en son genre, valait bien un podcast pour remonter aux sources.

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Au gré des dix épisodes de 26 minutes de Partition pour Blake & Mortimer, vous entendrez la voix du Maître, parlant de son enfance, de sa jeunesse sur les planches de l’opéra de Lille, de son expérience aux côtés d’Hergé, de la création, bien sûr.

Mais vous entendrez aussi nombre de témoins ou biographes : François Rivière et Benoît Mouchart, qui ont signé sa biographie aux Impressions Nouvelles, Benoît Peeters, biographe d’Hergé, des auteurs de bande dessinée, aussi, comme Jacques Tardi, François Schuiten, Johan De Moor, Jean Van Hamme, André Juillard ou encore Étienne Schréder, et bien d’autres encore.

►►► Ecoutez tous les épisodes sur Auvio

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