Matin Première

"Aux armes et caetera" : la chanson de Gainsbourg qui a réveillé l'antisémitisme en France

Les temps chantent nous plongent en musique dans une époque qui fait encore écho aujourd’hui. Cécile Poss se penche sur le contexte de création d’une chanson, les paroles d’un titre qui collent encore aujourd’hui à l’actualité ou une période de l’histoire illustrée par les musiques composées à ce moment-là.  

 

En juin 1979, la couverture du journal satirique Hara Kiri montre le chanteur Serge Gainsbourg, à terre. Il est allongé sur le dos, chemise ouverte, le torse ensanglanté. Cinq femmes dévêtues regardent avec admiration le soldat, qui de sa baïonnette transperce la poitrine de Gainsbourg.

La cause de ceci, c’est la chanson Aux armes et caetera de Gainsbourg parue sur l’album éponyme en avril 1979. Pour Gainsbourg, le reggae est une musique révolutionnaire, la Marseillaise est un chant révolutionnaire, c’est donc logique de l’interpréter de cette manière.

Mais la Marseillaise, version reggae, chantée par une personne de confession juive agace certaines personnes. Gainsbourg se retrouve alors au centre d’une véritable polémique. L’ancien résistant Michel Droit se fend d’un article dans le Figaro magazine accusant Gainsbourg de réveiller l’antisémitisme.

Comme le souligne Laurent Balandras, outre les tensions politiques internationales, Aux armes et caetera réveille véritablement l’antisémitisme en France. Plusieurs attentats ont lieu contre la communauté juive et Gainsbourg devient alors la cible de lettres d’insultes et de menaces. 

 

Intervenants dans cet épisode : 

-Laurent Balandras : Editeur musical, auteur de Les manuscrits de Serge Gainsbourg, Textuel, 2006  et de La Marseillaise de Serge Gainsbourg, anatomie d’un scandale, Textuel, 2015

-Serge Gainsbourg

 

 

 

 

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