Matin Première

40 ans plus tard le TGV est plus que jamais dans l'air du temps

Il y a 40 ans, en septembre 1981, on inaugurait le premier train à grande vitesse en France, le TGV. Une avancée technologique énorme à l'époque et qui a bouleversé la mobilité et la géographie du pays. Un train entré aujourd’hui dans la vie quotidienne qui relie désormais de nombreuses fois par jour Bruxelles à Amsterdam, Dusseldorf, Londres ou Paris. 

 

Paris- Lyon en voiture par autoroute et sans bouchon c’est 4h et demi. Avec le TGV voilà le train à nouveau plus rapide que l’auto. C’est un important bouleversement qui a redonné de l’avenir au ferroviaire qui à partir des années 60 paraît ringardisé, pris en sandwich entre d’un côté la voiture qui devient le mode de déplacement le plus populaire de monsieur tout le monde et de l’autre l’avion qui à l’époque paraît constituer le moyen de transport d’avenir pour les voyages d’affaire. L’avenir du train paraît alors bien sombre. C’est pourtant dans ce contexte qu’est lancé le projet d’un train à grande vitesse.

 

Comment et pourquoi les pouvoirs publics français décident-ils de se lancer dans une telle aventure ?

Comme souvent il y a une conjonction de facteurs. D’abord, il y a l’exemple du Shinkazen : en 1964, pour les premiers jeux olympiques de Tokyo le Japon a inauguré un train ultra moderne roulant à 240 km/h et il connaît un grand succès : cent millions de passagers en trois ans.

Ensuite, les ingénieurs français ont eu l’intuition que pour gagner en vitesse il fallait prendre exemple sur l’avion. Ils ont donc expérimenté les turbines à gaz utilisées pour les moteurs d’avion. Grâce au turbo, on parvient donc à rouler à 160 km/h sur une ligne non électrifiée.

D’ailleurs l’acronyme TGV ne signifie pas au départ " train à grande vitesse " mais " turbotrain à grande vitesse ".

 

Comment les ingénieurs français ont mis le turbo pour gagner en vitesse

 

Un premier prototype est présenté avec déjà ce nez caractéristique toujours présent sur les motrices d’aujourd’hui et dès 1972 lors d’un essai il dépasse les 300 km/h.

Seulement l’année suivante c’est la première crise pétrolière qui place subitement le coût de l’énergie au cœur des préoccupations.

Changement de cap : on décide que le TGV roulera avec une alimentation électrique ce qui suppose non seulement de construire de nouvelles lignes, le TGV doit éviter les courbes prononcées, mais aussi d’électrifier ces lignes. C’est encore aujourd’hui le talon d’Achille du TGV : les investissements de départ coûtent très cher.

Par contre, avec ses moteurs puissants, le TGV n’a pas peur des pentes ce qui permet de tracer les lignes au plus court et de réduire les distances. Mais surtout le TGV va très vite et vole de record en record : 380 km/h en 1981, 515 km/h en 1990 et 574,8 en 2007. Il s’agit de rame d’essai et non de vitesse commerciale qui reste de l’ordre de 300 à 320 km/h même si la SNCF étudie à présent la possibilité de passer un jour à 360 km/h.

 

Un train dans l'air du temps 

 

Ce qui permet au train d’envisager le 21e siècle avec optimisme : il paraissait dépassé dans les années 60 et le voilà désormais tendance, dans l’air du temps car au-delà de la vitesse son bilan carbone lui est largement favorable, par rapport à l’avion comme à la voiture. Le TGV conserve pourtant ses détracteurs particulièrement sur la ligne Lyon-Turin qui il est vrai coûte très cher en raison du percement de tunnels sous les Alpes.

N’empêche : c’est bel et bien le TGV qui a redonné au train une image d’avenir et de modernité. Reste à savoir ce qu’on en dira dans 50 ou 100 ans…

Pour reprendre l’exemple de Paris-Lyon, c’est aujourd’hui 2h en TGV  alors qu’il en fallait 7h et demie au début du siècle dernier. Mais gageons qu’à l’époque, en 1900, on devait s’émerveiller de ces 7h30 car 50 ans plus tôt, la diligence mettait un peu plus de 3 jours, soit 78 heures pour le mêle parcours. Comme disait Einstein, le temps, après tout, c’est très relatif.

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