Lettres à Jim Morrison : l'Histoire des Doors

Jim Morrison : 1964, tu étudies le cinéma (Episode 3)


Nous sommes au mois de février 1964 en Californie. A l’UCLA, l’Université de Californie à Los Angeles. 1964 est une année charnière pour les jeunes américains, les étudiants, les enfants nés pendant la deuxième guerre mondiale.

1964, c’est l’année où les drogues envahissent les campus. Des substances expérimentales tout à fait légales à l’époque. Des substances étudiées par les intellectuels, utilisées par l’armée et adoptées par les mystiques. Les drogues sont censées améliorer les perceptions, augmenter les facultés ou permettre d’approcher dieu.

1964, c’est l’année où les Etats-Unis subissent une invasion. Une invasion britannique. Une invasion musicale. Les Beatles et les Rolling Stones envahissent les ondes radio et les émissions de télévision. La musique ne sera plus jamais pareille.

1964, c’est l’année où un nouveau type de cinéma débarque dans les salles obscures américaines. Il y a le cinéma français, " La nouvelle Vague ", incarnée par Jean-Luc Godard et son " Mépris ". Le cinéma italien avec le " 8 et demi " de Federico Fellini. Sans oublier le cinéma japonais avec le plus ancien " Les sept samouraïs " d’Akira Kurosawa.

 

Drogue, nouvelle musique, nouveau cinéma

 

Voilà le contexte dans lequel baignent les jeunes inscrits au sein de département d’études cinématographiques de l’UCLA. Parmi eux, il y a toi, Jim. Tu n’es pas le plus populaire du groupe. Tu es encore un garçon un peu bouffi. Tu te fais remarquer, plutôt négativement, par un film de fin d’études assez expérimental.

Il s’agissait d’un montage d’images décousues : des hommes lançant des fléchettes sur une affiche de Playboy, une blonde peu vêtue en train de danser sur une TV qui diffuse des images de défilé nazi, toi Jim en train de fumer un joint en gros plan et une explosion nucléaire. Peu de spectateurs apprécient.

Mais Ray Manzarek est sensible à ton travail. Il est quatre ans plus vieux que toi et c’est un des tous bons étudiants du département. Il a déjà réalisé deux courts-métrages.

Dans le premier, " Evergreen ", une histoire d’amour entre un saxophoniste et une asiatique, Manzarek a osé filmer sa compagne dénudée sous la douche. Ce qui a provoqué un petit scandale. Et ce qui t’a beaucoup impressionné.

Le second, " Induction ", raconte l’histoire d’un étudiant en cinéma, Ray, joué par Manzarek lui- même, qui tombe amoureux d’une sculptrice japonaise, sa compagne Dorothy.

Manzarek se filme ensuite carrément en train de faire l’amour avec elle dans un joli jeu d’ombres et de lumière. Contrairement à ton film, Jim, les deux films de Manzarek ont été conservés.   

Vous vous entendez bien tous les deux. Tu vois en Ray une espèce de grand frère que tu n’as jamais eu.

Ray voit en toi un jeune homme cultivé fascinant. Tu apparais d’ailleurs subrepticement dans le deuxième film de Manzarek. Et Manzarek t’a même fait engager par son groupe de musique à une occasion. Eh oui, Manzarek n’est pas qu’étudiant en cinéma. Il est aussi pianiste dans le groupe de ses frères Rick and the Ravens.

Il leur manquait un musicien pour un concert en première partie de Sonny and Cher. Et Manzarek t’a engagé. Tu as fait semblant de jouer de la guitare sur scène et ça t’a beaucoup plu. Mais ça c’est une autre histoire. Pour le moment, nous sommes à la fin de l’année unversitaire 1964-1965. Ray Manzarek et toi êtes diplômés de l’UCLA.

Manzarek va rester à Los Angeles pour devenir réalisateur. Toi, Jim, tu dis que tu vas partir à New York pour travailler dans l’industrie du cinéma. Ce n’est pas tout à fait ce qui va se passer.

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