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Jim Morrison - Troisième album: Waiting For The Sun (Episode 18)


Vendredi 12 juillet 1968. Les Doors publient leur troisième album : " Waiting For The Sun ". Sur la pochette, vous êtes tous les 4 alignés en contre-plongée sur fond de coucher de soleil. Oui, je sais, l’album s’appelle " En attendant le soleil " et on aurait imaginé une photo montrant l’aube. Mais non, le coucher de soleil est plus facile à prendre en photo que son lever. Pour une fois, tu es content de la photo. Tu n’apparais pas plus grand que les autres Doors sur le cliché.

L’album s’ouvre sur votre nouveau tube : " Hello, I Love You ", un énorme succès cet été-là.

Le deuxième morceau, " Love Street ", est autobiographique. Il parle de la maison de Laurel Canyon où Pamela et toi habitez un moment. Et tu rebaptises votre rue la " rue de l’amour ".

Les Doors ne sont pas parvenus à enregistrer leur longue chanson " Celebration of the Lizard " mais les 133 vers de ton texte sont imprimés dans la pochette du disque et un extrait trouve quand même son chemin jusqu’au disque. " Not to touch the earth ", une chanson inquiétante qui tire son titre d’un essai d’anthropologie de l’écossais Frazer.

Tout autre chose avec " Summer’s Almost Gone ", une de tes plus anciennes chansons, récupérée et modernisée pour compléter l’album.

Après la fin de l’été, l’amour d’hiver avec " Wintertime Love ", une chanson écrite par ton guitariste Robby Krieger.

 

La première face de l’album se termine par la chanson la plus politique des Doors. " The Unknown Soldier ", le soldat inconnu, que tu as écrite. En pleine guerre du Vietnam, toi, le fils de militaire haut-gradé, tu te permets de mettre un terme à la guerre par une chanson pacifiste où tu mets en scène ta propre exécution.

La chanson aura droit à son propre clip où on te voit exécuté par les autres membres des Doors et cracher du sang sur des fleurs à ses pieds. Autant dire que ce clip provoquant ne sera presque pas diffusé à la télé américaine à l’époque et que le 45 tours de la chanson ne sera pas plus diffusé à la radio.

Tu te rappelles ? Ton guitariste est un grand amateur de flamenco. Il le prouve avec " Spanish Caravan " qu’il compose et qu’il débute par une reprise du célèbre air " Asturias " de l’espagnol Isaac Albeniz.

" My Wild Love " est une curiosité dans la discographie des Doors. C’est presque une chanson a capella où tout le monde chante et frappe des mains en studio.

" We could be so good together " est encore une de tes vieilles chansons récupérée pour compléter et allonger l’album.

" Yes, the river knows " est une curieuse chanson écrite encore une fois par le guitariste. A ce moment de ta vie, Jim, tu bois de plus en plus et tu te montres peu impliqué en studio. Et Krieger te remplace de plus en plus à la composition. Dans cette chanson, le guitariste te fait chanter des vers intrigants. 

S’il vous plait, croyez-moi. Si vous n’avez pas besoin de moi, je vais m’en aller mais j’ai besoin d’un peu de temps. Je promets que je vais me noyer dans du vin chaud mystique.

Des paroles tristement prophétiques.

L’album se termine par un morceau presque heavy metal et largement improvisé en studio. C’est " Five To One ". Jim, on peut l’entendre, tu es complètement soûl. Tu as demandé au batteur John Densmore de jouer un rythme

" Waiting For The Sun " surprend les critiques qui s’étonnent de découvrir des Doors un peu plus " pop " que sur lemilitaire tout simple. Et tu as improvisé des paroles énigmatiques, révolutionnaires, protestataires et militantes.s deux premiers disques. En revanche, le public américain de 1968 adore. Bien aidé par le succès radio du 45 tours de " Hello, I Love You ", le troisième album des Doors grimpe au sommet des classements. C’est le seul album des Doors numéro un. Vous ne le savez pas encore mais la belle histoire publique des Doors est déjà presque terminée.

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