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Jim Morrison - Les Doors et Apocalypse Now (Episode 41)


Cher Jim, tu te souviens de cette introduction un peu indienne de Robby Krieger ? C’est ta chanson " The End " évidemment. Cette petite chanson de trois minutes à la base. Celle qui parlait de la fin de ton histoire d’amour avec ta copine d’adolescence, Mary. Mais vous l’aviez tellement allongé les Doors et toi que c’était devenu un morceau de 11 minutes avec des visions de cauchemar, un serpent de sept miles, un passage oedipien, un cri d’amour à la côte ouest des Etats-Unis. Une chanson qui a marqué l’histoire de la musique. Et l’histoire du cinéma, figure-toi.

Ça aussi, je sens que c’est une histoire qui va te plaire. Quand tu étais à l’université de Californie à Los Angeles, dans l’option cinéma, il y avait un étudiant plus vieux que toi. Des lunettes, une barbe, un peu rond. Un certain Francis Ford Coppolla. Peut-être que vous avez parlé de Nietzsche ensemble. Après ses études à l’UCLA, il n’est pas devenu chanteur de rock comme toi. Mais réalisateur. Et un réalisateur connu partout dans le monde.

Il a de nombreux grands films sur son CV. Tous sortis après ta mort, comme des films sur la mafia, le Parrain et le Parrain 2 en 1972 et 1974. De grands succès. Son film suivant est un film de guerre. Un film sur la guerre du Vietnam inspiré d’un court roman : " Au cœur des ténèbres " de Joseph Conrad. Je suis sûr que tu l’as lu. Le roman se passe à la fin du 19ème siècle. C’est l’histoire d’un officier de marine anglais qui remonte un fleuve dans la jungle du Congo pour retrouver un collecteur d’ivoire, un certain Kurtz.

Le scénario du film de Coppolla " Apocalypse Now " garde l’intrigue principale mais déplace l’histoire dans le temps et dans l’espace. Le film raconte l’histoire d’un officier anglais qui doit remonter une rivière pour retrouver et éliminer un colonel américain devenu fou, un certain Kurtz.

C’est un film formidable, particulièrement critique sur la guerre et les folies auxquelles elle mène. Le film débute par un long plan fixe. Un plan de forêt de palmiers survolée par un hélicoptère militaire. Tout est calme. Puis tout explose. Des colonnes de feu se dressent contre le ciel et c’est ta voix qui débute le film, Jim. C’est " The End " que Coppola a choisi pour débuter son film. Une scène incroyable. Tu aurais adoré.

Il y a même une scène où on entend " Light My Fire ". Si si. Elle n’a pas été conservée dans le montage final mais dans la scène le colonel Kurtz apprend les paroles de la chanson aux habitants d’un village vietnamien.

Et il y a d’autres liens entre " Apocalypse Now " et toi, Jim. Le titre du film, déjà, " Apocalypse Now " est inspiré du titre du spectacle du Living Theatre " Paradise Now ". Eh oui, le fameux spectacle que tu as vu et qui t’as inspiré pour le concert de Miami en 1969.

Et tu sais qui joue le colonel Kurtz dans le film ? Marlon Brando. Lui-même. Celui qui t’a inspiré tes pantalons en cuir. Tu te rappelles ? Tu l’avais vu dans le film " L’homme à la peau de serpent " avec sa veste en peau de serpent. Comme tu n’avais pas les moyens de t’offrir la même veste, tu t’étais fait fabriquer un pantalon en cuir à la place.

Eh bien, c’est le même Brando qui parle dans cette scène, quand " The End " revient plus tard dans le film de Coppolla.

Le film de Coppolla va remporter la Palme d’Or au Festival de Cannes en 1979. C’est un des meilleurs films de guerre de tous les temps. Et c’est une des meilleures représentations de la guerre du Vietnam. Il y en a un autre qu’on cite souvent. C’est Platoon d’un certain Oliver Stone. Tiens, Oliver Stone, un fan des Doors. On en reparlera bientôt.

En attendant, près de 10 ans après ta mort, alors qu’on ne parlait plus vraiment des Doors, " Apocalypse Now " va permettre à une nouvelle génération de redécouvrir tes chansons. Grâce à un de tes copains d’université. Pas mal, comme histoire ?  

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